Publié le 25 Novembre 2014

 Michael Jackson le 16 Février 1997 à l'occasion du 65è anniversaire de Liz Taylor.

Michael Jackson le 16 Février 1997 à l'occasion du 65è anniversaire de Liz Taylor.

Elizabeth Taylor en 1947.

 

Élizabeth Taylor naît le 27 février 1932 à Hampstead,  dans la banlieue cossue de Londres,  de parents  Américains d’origine arménienne et originaire de Kansas City (Missouri). Elle est la seconde enfant de l’actrice Sara Viola Warmbrodt (de son nom de scène Sara Sothern, 1895–1994) et de Francis Taylor (1897–1968), propriétaire d’une galerie d’art. Elle grandit au 8 Wildwood Road d’Hampstead Garden Suburb auprès de ses parents et de son frère ainé Howard Taylor (né en 1929).

 

À la fin des années 1950,  s’il y avait un débat, c’était plutôt: qui préférez-vous, Marilyn ou Liz ?

La force d’Elisabeth Taylor était devenue la faiblesse de Marilyn Monroe. En effet, dans l’impossibilité de se séparer de la star aux yeux mauves, la direction de la 20th Century Fox avait opté pour le renvoi de Marilyn. Les dirigeants du studio avaient « autrefois » tenté – en vain – de se séparer d’Elizabeth Taylor, alors que Monroe avait été pour eux, un plan de secours…..

Il y avait d’un côté, Norma Jean Baker,  ses fêlures, son regard d’enfant perdue, son chuchotement infiniment sexy et ses rôles de blonde idiote imposés par des studios dominateurs… De l’autre, Elizabeth Taylor, son aisance de fille bien née, ses grands yeux mauves et son port de reine, à la ville comme à la scène: jamais, une fois fini le temps de l’enfance à la MGM, un studio ne se permit d’imposer un rôle à Miss Taylor.

Marilyn succombe à un «  lavement lourdement chargé en barbituriques, administré par Eunice Murray   » après avoir été renvoyée par la Fox —fait rarissime— du tournage de Something’s Got To Give (film resté inachevé). Si Liz rentre elle aussi dans l’histoire de la Fox, c’est comme l’actrice la mieux payée de son histoire, et de l’histoire du cinéma en général (elle reçoit un million de dollars pour Cléopâtre). Monroe n’était payée que de 100 000 dollars pour un film.

L'aristocrate

D’instinct, le public préfère Marilyn: les hommes parce qu’ils ne résistent pas à sa sensualité évidente («elle avait le sexe affiché sur la figure», grommellera Alfred Hitchcock), les femmes parce que sa vulnérabilité les touche. Et puis Marilyn, c’est une fille du peuple, une ancienne ouvrière, une pin-up dont on colle sans complexes la photo sur le mur du vestiaire.

 

Elizabeth Taylor, c’est l’aristocratie hollywoodienne :  une beauté à couper le souffle, star depuis ses dix ans du plus prestigieux des studios —la MGM, dont le slogan «plus d’étoiles que n’en compte le firmament» n’est même pas une exagération. Elizabeth, on l’admire de loin, et on regarde sa vie se dérouler sur grand écran, en technicolor de préférence.

Monroe inspire la compassion, Taylor l’admiration.On pleure sur le destin brisé de la première, mais on rêve de vivre comme la seconde. Son côté croqueuse de diamants, son goût du luxe jouent en sa faveur. «C’est vrai que je suis vulgaire, dira-t-elle un jour, me voudriez-vous autrement»… C’est qu’on a arraché Elizabeth à une enfance normale pour en faire une star, une vraie, et toute sa vie, elle assumera crânement ce rôle d’élue, inspirant à Burton sa célèbre sentence: «une actrice, c’est un peu plus qu’une femme»…

Icône

Un peu plus qu’une femme, Liz Taylor l’est toujours, idéale Maggie de la Chatte sur un toit brûlant, miaulant et rugissant de désir pour son mari intouchable, amoureuse entière et passionnée de Géant, séductrice nymphomane de Reflets dans un œil d’or. Mais ce qui frappe le plus, dans ce tempérament exceptionnel d’actrice, c’est que son sens inné de la séduction se double d’une authentique dignité naturelle, sensible jusque dans le rôle de la Catherine de Tennessee Williams qui, enfermée dans un asile de fous par une tante maléfique, reste  maîtresse d’elle-même… et réussit, au bout du compte, à imposer sa vérité : c’est Soudain, l’été dernier de Mankiewicz.Liz Taylor sur le tournage de Soudain l'été dernier (Mankiewicz, 1959) (photo attribuée à Ken Danvers)

Le même Mankiewicz réussit ensuite avec Cléopâtre  un film shakespearien et magistral qui est aussi un sublime portrait de son actrice: c’est une simple inflexion de voix qui suffit à la reine d’Egypte pour contraindre César à s’agenouiller devant elle ; son entrée triomphale dans Rome suscite les acclamations de milliers de figurants particulièrement convaincants… puisqu’ils crient leur joie de voir Elizabeth Taylor en chair et en os.

On touche à la différence la plus profonde entre les deux icônes que peignirent Warhol, cette blonde et cette brune qui avaient chacune la beauté et le talent. Marilyn joue au choix les femmes-objets ou les femmes blessées, deux emplois familiers. À Liz aussi on confiera d’ailleurs des rôles de femmes fragiles, ou de mœurs légères —elle gagne même un oscar pour son rôle de courtisane dans Butterfield 8…

Mais s’il est une chose qui la rendait incomparable et fait qu’elle reste aujourd’hui sans héritière, la voici : courtisane ou sainte, reine d’Égypte, ou ivrogne, Miss Elizabeth Taylor jouait toujours, obstinément, magnifiquement, les femmes-sujets.

 

Liz Taylor et Michael Jackson ont entretenu une amitié indéfectible pendant plus de 20 ans. L'actrice est la marraine des deux aînés du chanteur, Prince et Paris Jackson.

 

( Ici En septembre 2001 30th Anniversary  concerts at Madison Square Garden.)

 

 C’était peut-être la plus belle histoire d’amour  que Liz Taylor  ait connu. Et pourtant elle en avait  connu de nombreuses, mais l’amitié qui la liait à Michael Jackson était autre chose. «Personne ne peut imaginer à quel point nous nous aimions...» avait déclaré la belle aux yeux violets au lendemain du décès du chanteur. «Ma vie est tellement vide à présent». Leur histoire avait commencé dans les années 1980, quand il était au plus haut, et elle, peut-être, au plus bas. Elizabeth Taylor, venue voir en 1984 un concert du Victory Tour, s’était soudainement éclipsée du Dodgers Stadium de Los Angeles avant la fin de la prestation de Michael Jackson. Apprenant l’échappée de l’actrice qu’il adorait, le chanteur de «Thriller» s’était effondré en larmes. Il avait appelé Liz pour comprendre. Elle l’avait assuré qu’elle ne supportait plus de ne rien voir du concert, et avait préféré partir. Ce qui devait être un petit coup de fil entre deux vedettes extraordinairement connus qui ne se connaissaient pas, se transforma en une discussion de trois heures. Tous deux appelaient ça un «coup de foudre».

«Puis on s’est rencontré, on a passé de plus en plus de temps ensemble, et on est juste devenus de très bons amis. On se dit tout », avait expliqué Elizabeth Taylor dans une entrevue de 2006. On pense souvent qu’il n'y a pas de vraies amitiés dans le showbizz, où justement, tout n’est qu’apparence et business. Mais c’est deux-là étaient d’un autre genre. Ils avaient 27 années de différence, mais une certaine histoire commune les avait rapprochés. Ils avaient tous deux connus le destin des enfants stars et la jeunesse «horrible» à Hollywood, selon le mot de Liz. Ils étaient constamment sous les flashs, objets d’une médiatisation à l’extrême, de tous les commentaires, de tous les cultes et toutes les haines, parfois. Ils avaient chacun un immense talent qui avait fait d’eux des icônes de la culture populaire. Surtout, Liz et Michael étaient deux individus généreux, à l’extrême sensibilité. Parce que c’était lui et parce que c’était elle, c’était surement un peu de tout cela qui les a unis.

Amis à la vie, à la mort

On les voyait très souvent ensemble dans les soirées, et sur les tapis rouge où ils arrivaient main dans la main. Ils étaient quasiment voisins sur les collines de Los Angeles, et parfois ils dormaient l’un chez l’autre, comme des copains de classe. Liz disait avoir passé des soirées au ranch de Neverland, le parc d’attraction de Michael Jackson, avec des enfants «Il n’y avait rien d'anormal à cela. Il n'y avait pas de câlin ou autre. Nous avons ri comme des enfants, et regardé beaucoup de Walt Disney. Il n'y a rien de bizarre là-dedans ou à ce sujet», avait balayé Liz en 2003. Alors que Jackson était poursuivi pour des affaires de pédophilie, Liz était la plus acharnée de ses défenderesses, arpentant toujours plus de plateaux de télévision pour plaider la cause de son meilleur ami. Des années avant, elle était toujours la première à couper-court aux commérages et à défendre celui que la presse commençait à surnommer à la fin des années 1980, «Wacko Jacko».

Michael Jackson avait d’ailleurs salué sa meilleure avocate en la faisant apparaître dans le clip de «Leave me alone», son tube coup de gueule contre les médias. Plus bel hommage encore, Michael Jackson avait chanté «Elizabeth, I love you»,  sous les yeux violets de Liz, lors d’une grande soirée pour son 65e anniversaire, en 1997. C’est elle qui l’avait couronné Roi de la Pop, lorsqu’elle le présenta comme le «true king of pop, rock and soul» à la cérémonie des Soul Train Heritage Award en 1989. «J'ai rencontré beaucoup de gens dans ma vie, et très peu sont de vrais, vrais amis. Je peux probablement compter ces personnes sur les doigts de la main. Elizabeth est l'une des plus aimantes, fidèles et affectueuses d’entre elles», avait dit Michael Jackson  en 1993.

Peu heureuse en mariage, Elizabeth Taylor sombre dans l'alcoolisme et se retrouve contrainte de suivre une cure au Betty Ford Center en Californie. Elle y rencontre alors son huitième époux, Larry Fortansky, ouvrier dans le bâtiment. Le couple se marie à Neverland en 1991, dans la demeure de Michael Jackson. Pour cette cérémonie, l'actrice avait choisi  une tenue  de dentelles couleur jaune canari.

Élizabeth Taylor s’est battue contre la maladie sa vie durant et a fait preuve d’une grande vitalité. Les journaux ont plusieurs fois laissé croire, à tort, à son décès imminent.

Elle  a été victime de deux pneumonies dont la première, survenue en 1961, a nécessité une trachéotomie. De cinq chutes de cheval sur le plateau de tournage du film Le Grand National. Un écrasement vertébral sur une colonne vertébrale déjà éprouvée par une scoliose congénitale la handicapera toute sa vie.  Elle souffrira de lombalgies pour lesquelles elle a subi plusieurs interventions sur une période de 25 ans. En 2010, elle renonce à une énième opération. Ayant subi la pose d’une prothèse de hanche bilatérale, souffrant également d’ostéoporose, elle est condamnée au fauteuil roulant vers la fin de sa vie.

Elle a aussi été opérée pour une tumeur bénigne au cerveau et d’un cancer de la peau. Elle souffre en outre de diabète.

En dépit de ses problèmes de santé, elle demeurait très active, en particulier sur le front de la lutte contre le SIDA. Dès les années 80, elle s'était intéressée à cette maladie, (dont on ne savait presque rien et qui en effrayait beaucoup), en participant au lancement de l'AMFAR, fondation américaine pour la recherche contre le SIDA. En 1991, elle avait créé une fondation à son nom, la « Elizabeth Taylor AIDS Foundation »  visant à récolter des fonds pour combattre le fléau dans le monde entier. On estime à 50 millions de dollars la somme que Liz Taylor a permis d'engranger par son investissement.

Le diagnostic d’insuffisance cardiaque est porté pour la première fois en 2004; Le 6 avril 2008, elle est conduite d’urgence au Cedars-Sinaï Medical Center de Los Angeles, où Taylor est prise en charge immédiatement avant de rentrer chez elle plus tard dans la journée. Son attaché de presse Dick Guttman déclare: « Mme Taylor va bien. Les rumeurs qui ont démarré en Angleterre sont spectaculaires, alarmistes et fausses. Sa visite à l’hôpital s’effectue par précaution ».

Elizabeth Taylor après la mort de MICHAEL dira : « Mon coeur et mon âme sont brisés. J'aimais Michael de tout mon coeur et je ne peux pas imaginer ma vie sans lui ».

En octobre 2009, l’actrice subit une intervention au cœur. Elle est à nouveau hospitalisée au début de l’année 2011 au Cedars-Sinaï Medical Center pour des problèmes cardiaques. Ce sera son ultime combat contre la maladie.

Elizabeth Taylor meurt d’une insuffisance cardiaque aigüe le 23 mars 2011, à l’âge de 79 ans, au centre médical Cedars-Sinaï de Los Angeles où elle a été admise au début du mois de février 2011.  Elle repose auprès de Michael Jackson  son ami de longue date, dans le célèbre cimetière du Forest Lawn Memorial Park, à Glendale, où se trouvent des stars légendaires d'Hollywood telles que Humphrey Bogart, Clark Gable ou Jean Harlow.

« En retard, même à son propre enterrement ».

Les dernières volontés de l'actrice, qui a fait à cette occasion preuve d'un sens de l'humour aiguisé, ont été respectées. « L'office était prévu à deux heures de l'après-midi, mais à la demande expresse d'Elizabeth Taylor faite avant de mourir, il a commencé plus tard » a-t-il été expliqué  dans un communiqué. « L'actrice avait laissé des instructions pour que ses funérailles commencent avec au moins 15 minutes de retard sur l'horaire prévu, parce qu'elle voulait être en retard même à son propre enterrement » .

Sources : Slate -  le Point - 

Biographie de Liz Taylor ici : http://lmathieu.wordpress.com/2014/06/25/elizabeth-taylor-lactrice-aux-yeux-violets/


 

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Publié le 20 Novembre 2014

Il est rare pour quelqu'un d’entrer dans le monde et de laisser derrière lui une telle empreinte sociale profonde sur la psyché collective comme l'a fait Michael Jackson. Grâce à son talent de surdoué.

Jackson a élargi les esprits dans le monde entier. Il a exprimé sa créativité par les arts sur  scène, où il exerçait également ​​l'héritage des droits civils de ces nombreux Afro-Américains, des musiciens et d'autres, qui avaient ouvert la voie pour lui. Il a émergé de cela, il  était un produit des mouvements des droits civils et il a renforcé certains de ses thèmes les plus importants, ce qui donne à sa musique une puissance énorme. Tout au long de sa carrière, il a contesté le racisme blanc, racisme profondément ancré dans les stéréotypes de genre et les inégalités sociales. Ce faisant, il a contribué à changer le cours de l'histoire des États-Unis pour  la race. En raison de Michael Jackson et d'autres comme lui auparavant, aujourd'hui, nous avons notre président américain Barack Obama.

Avant l'entrée de Jackson sur la scène de la musique, nous étions  largement séparés par genre,  entre scènes sociales et  groupements. Pendant  l’ère disco  des années 80, Jackson a solidement  innové avec  Off the Wall, mais il ne savait pas jusqu'à la sortie de Thriller qu'il allait devenir sensationnel du jour au lendemain. Les barrières socio-psychologiques racistes et sexistes de la société américaine ont été secouées, la culture populaire et  les changements sociaux ont été mis en mouvement presque du jour au lendemain.

L'ascension de Jackson à la célébrité est arrivée quand les ondes radio ont  basculé du AM au FM, et les quelques stations de radio se sont équipées pour faire place à la gamme de sons novateurs générés par ce nouvel artiste pop. La musique de Jackson n'a pas été réservée à un seul genre, de sons ou du  public. Au cours des  décennies suivantes, la musique de Jackson est allée au-delà de la radio et de la télévision, et des lieux de divertissement. Elle a été jouée lors des mariages et autres événements marquants. Même dans la musique instrumentale, ses mélodies étaient dans les restaurants et d'autres espaces publics. Il a été écouté par les jeunes et les vieux  passant à travers les frontières générationnelles;  les noirs, les blancs  et bien d'autres; par des non-professionnels et  des professionnels; par le  national et l’international.

Considérant le racisme, le patriarcat, et la masculinité, il a réussi à transcender la race et le sexe d'une manière qu'aucun autre artiste ne l’a fait. Les  messages canalisés à travers son travail parlaient  à toutes les personnes. Avec une combinaison de travail accomplie précédemment par le Dr Martin Luther King, Jr., et de nombreux militants civils des  Droits  et de la technologie de pointe.  En étant un artiste surdoué, Jackson a réussi à  toucher les gens partout dans le monde et promouvoir des changements associés à la mise en avant sociale des sexes au niveau mondial .

Dans une large mesure, le message et  l’approche que le président Obama a utilisés pour sa campagne présidentielle est en ligne avec l'orientation de Michael Jackson et de Martin Luther King. Comme Jackson et king, le président Obama a parlé à toutes les personnes, appelant à un changement social, en encourageant  tous les gens à aller de l'avant, pour honorer la liberté et  la croyance en la  justice, et de faire ce qu'ils pouvaient pour rendre ce monde meilleur. La différence entre ces trois figures est  très importante car ils ont  travaillé  à partir de différents angles de la société: Jackson a canalisé son message  en tant qu’ artiste musical à travers la culture populaire; Martin Luther King en tant que ministre du  travail dans le domaine de la ségrégation  avec Jim Crow et sur les lignes de front avec des militants; et le président Obama par son  travail au sein de la sphère politique en compétition pour la présidence,  qui pourrait lui permettre d'intégrer des changements importants à travers son poste gouvernemental.

Cependant, Il y a une différence cruciale entre les trois. Jackson et Martin Luther King  traitaient le racisme beaucoup plus directement et en ont subi de nombreuses conséquences négatives, tels que les dommages à leur bien-être psychologique et physique.  Et peut-être dans les dernières années, une mort prématurée de l’identité  pour Jackson. Bien que cette société ait fait un pas énorme en avant lors des votes au premier président  noir, qui ressemble à une grande partie de la population mondiale, il y a encore beaucoup trop de  racistes dans l'élaboration et la pratique pour le président Obama afin qu’il puisse aborder les nombreuses questions raciales principales et de première main comme cela a été fait par Jackson et Martin Luther King. Néanmoins, les messages antiracistes plus subtils du président Obama sont maintenant communiqués tranquillement à travers ses actions et ses prises de décisions.

Beaucoup de nouveaux visages ayant participé à l’élection présidentielle et voté pour Barack Obama ont été exposés à l'influence de Michael Jackson d'une manière ou d’une autre au cours de leur vie. S’il n’y avait eu  Michael Jackson dans les décennies précédentes, sans sa profonde influence antiraciste sur la culture et la société populaire,  le Président Obama aurait-il pu remporter la présidence ?   S’il n’y avait pas eu  Michael Jackson et des gens comme lui, on pourrait présumer que le racisme serait resté ce qu'il  était avant 1960 où, en dépit de ses progrès vers la déségrégation, la société, y compris la musique, serait restée largement séparés. Ce serait grandement  exagéré de suggérer que  Michael Jackson seul a apporté des changements pour les droits civiques, mais il est juste de dire que son influence et ses messages  positifs  ont  touché des personnes de différentes générations, ainsi que les membres de tous les groupes raciaux et ethniques, et touché la psyché collective des personnes afin de les aider à voter pour un candidat Noir à la présidentielle.

Que les gens en soient conscients ou pas, beaucoup  plus de personnes participent à la culture populaire que les  politiques. Le président Obama, comme Jackson et Martin Luther King, avaient leurs  façons de faire appel à eux, y compris, aux  gens de tous les horizons. Si il n'y avait pas eu de Michael Jackson et des militants des droits civiques avant lui, aucune  inclination antiraciste dans la population générale n’aurait été bien établie, en particulier parmi les participants des  votes non noirs de jeunes dans cette dernière élection présidentielle. Probablement, que les tactiques de peurs racistes générées par les médias et les partis en lice auraient rapidement écrasé la campagne du sénateur Obama. Très certainement, sans une exposition préalable et le conditionnement de la musique de Michael Jackson au niveau collectif qui transcendent les différentes générations, la vision  d’espoir d'Obama  pour le «changement» aurait sans aucun doute été moins contagieuse. Sans Jackson il y aurait une ségrégation encore plus psychologique entre les peuples que celle que  nous avons.  C’est  une combinaison de groupes qui a voté pour le président Obama et qui lui a  permis de réussir. Il a remporté les afro-américains,  les latinos, les asiatiques-américains, et  les groupes amérindiens par des marges importantes, et même une simple majorité des jeunes gens blancs, beaucoup de ceux-ci également influencés par Michael Jackson.

Comme Jackson a changé au fil des ans, et est devenu le centre de controverses, il ne fait aucun doute que ses fans ont été  attristés, confus,  concernant  le devenir de leur icône libératrice. Sa sœur, Janet Jackson, avec ses talents musicaux a aidé à ramener l'équilibre dans les épreuves et les difficultés associées à la gloire de son frère. La force qu'elle a montrée au fil des années a permis à ses / leurs fans de préserver leur respect pour les contributions importantes apportées aux  deux Jackson dans la  culture populaire.

Nous devons remercier beaucoup Michael Jackson. Sa Musique, (musique de protestation et spirituals), était le cœur et l'âme du mouvement des droits civiques, et la musique de Jackson a continué cette longue tradition. Nous avons tous à le remercier pour son engagement sans fin dans  l'égalité sociale. Nous devons valoriser le courage qu'il a montré dans les structures  racistes et sexistes difficiles, en particulier dans l’ industrie de la musique et du divertissement ,  en utilisant ses talents de manière positive , ce qui a aidé à  faire naître dans le monde sociétal important, voir mondial , des changements dans la culture populaire et au-delà. Et Michael Jackson doit être crédité pour ses contributions à la culture et à la société populaire au cours des décennies qui ont servi à aider à faire élire Barack Obama président des États-Unis.

source : http://www.racismreview.com/blog/2009/07/07/michael-jackson-and-barack-obama-connections/

Les connexions entre MARTIN LUTHER KING, MICHAEL JACKSON et BARACK OBAMA.

Lorsque Michael Jackson est mort, ce qui était une banalité (mais encore réservée à un public relativement initié) s’est, en quelques semaines, imposée comme une évidence : Michael Jackson était l’un des plus importants génies de son siècle. L’un des traits qui permet d’employer à son endroit le terme de génie est la façon dont il a réussi à coupler le travail artistique et la réalisation politique dans un seul geste dont le style esthétique comme l’importance politique atteignent une dimension historique. Ce geste peut se résumer en une phrase, d’ailleurs prononcée lors de l’éloge funèbre de l’artiste par le révérend Al Sharpton : "si Michael Jackson n’avait pas réussi, par la force de son art, à éblouir à ce point la planète, l’image que les Blancs se faisaient des Noirs n’aurait jamais changée au point que l’Amérique puisse élire un jour un président noir." Si personne ne s’est ému d’une telle déclaration, c’est qu’elle n’avait rien d’une exagération qui se serait expliquée par l’émotion liée au deuil de Jackson. Depuis le début, les admirateurs avisés de l’artiste le savaient : Michael Jackson a été, dans l’Histoire, le premier Noir devant lequel se sont alignés tous les Blancs ; personne n’avait fait ça avant lui. Dès 1983, ce constat était déjà énoncé, ici en France, par l’observateur averti qu’était Serge Gainsbourg :

Ce constat sous-entend une réalité bien plus grande : Michael Jackson a été l’un des libérateurs du peuple noir aux États-Unis. Il a été un décolonisateur. Il a décolonisé la “pop” (c’est-à-dire non pas, comme on l’entend en France, le “genre pop”, qui évoque le pop-rock, mais “pop” au sens américain, c’est à dire la musique populaire toute entière depuis les ragtime jusqu’à la variété récente en passant par Gershwin et Cole Porter). Il a aussi décolonisé la danse populaire américaine. Bref : il a décolonisé l’art américain. Que signifie décoloniser l’art populaire américain ? Si toute la musique populaire américaine a des racines noires, elle fut pourtant avant tout interprétée par des Blancs, l’exemple le plus flagrant étant celui du “bluesman”  Elvis Presley. La décoloniser, c’est être Noir et dire : « toute cette musique populaire est à moi, j’en suis le roi, le roi de la pop. Et désormais, celui qui sera au firmament de la musique populaire dans le monde, ce sera un Noir ».

Mais il n’y a pas que la musique populaire américaine qui est noire. Toute la danse, ces centaines de films, les comédies musicales, avec Fred Astaire, Gene Kelly, et leurs chorégraphies à claquettes... toutes ces danses sont noires. Elles sont noires, et pourtant, où sont les Noirs dans les grandes comédies musicales de l’âge d’or Hollywoodien ?  Ils sont invisibles. Il fallait aussi décoloniser la danse, et dire : « la danse qu’aime le peuple américain, c’est la danse que les Noirs ont inventée, et désormais, ce sera moi, un Noir, qui serai le roi de la danse dans toute l’Amérique, et dans le monde entier ». Décoloniser l’art populaire américain (voire mondial, puisque l’art populaire américain a fini par s’imposer à l’échelle planétaire), cela signifiait faire en sorte que son artiste le plus représentatif soit désormais un Noir. Michael Jackson revendiquait pleinement cet objectif.
 
Mais il y a aussi quantités d’exemples où la décolonisation symbolique s’effectue par des actes de subversion dont on a rarement relevé la finesse. En voici un : le 20 juillet 1969 est l’une des dates les plus importantes dans l’Histoire de l’humanité. Ce jour-là, Neil Armstrong est le premier homme à marcher sur la Lune. Le monde entier s’extasie. Pourtant, aux États-Unis, la communauté noire n’est pas aussi enthousiaste que le reste de ses compatriotes, et l’événement, qui a lieu au moment où la lutte des Noirs contre la ségrégation raciale est à son paroxysme, se voit affublé d’un slogan ironique : “Whitey on the moon” (“Le petit homme blanc sur la Lune”), slogan qui s’explique évidemment par le fait qu’aucun Noir ne figure à bord de la mission Apollo 11. Ce slogan devient d’ailleurs l’un des premiers hymnes du rap enregistré en 1970 par Gil Scott-Heron.

Or, le pas de danse qui a permis à Michael Jackson de conquérir le monde, il l’a malicieusement intitulé le

«Moonwalk»  c’est-à-dire la marche sur la Lune. « Moonwalk » est également le titre de son autobiographie, et « Moonwalker » (« le marcheur sur la Lune ») celui d’un long-métrage qu’il produisit en 1988. Symboliquement, la démarche est magnifique : celui qui a marché sur la Lune, dans le langage américain, ce n’est plus le Blanc Neil Armstrong,(qui, selon la presse américaine, était devenu une figure « presque mythique »). c’est le Noir Michael Jackson.

Ce n’est pas le lieu ici de multiplier les exemples de subversion, même s’ils sont nombreux et systématiques. Mais l’exploit de Jackson a été de parvenir à imposer au grand public un son qui restaurait dans la musique de variétés les racines africaines et afro-américaines que l’industrie blanche était parvenue à effacer. Les rythmes d’origines africaines, même s’ils sont adroitement estompés par son producteur Quincy Jones dans les mixages finaux, sont en réalité extrêmement présents si l’on écoute les versions “démos” que Michael Jackson réalisait à son domicile avant de les enregistrer en studio.

La même démonstration peut d’ailleurs être faite à propos d’autres formes musicales typiquement afro-américaines, comme le gospel. Si l’on met bout-à-bout quelques extraits de chansons (parmi de nombreuses autres) de Jackson, on réalise à quel point ce genre irrigue sa musique de façon proprement stupéfiante, le chanteur apparaissant comme un leader de groupe gospel absolument prodigieux :

Faire sortir de leurs ghettos les rythmes et les chants communautaires afro-américains et leur donner la dimension de grands succès écoutés dans le monde entier comme on écoute n’importe quelle chanson populaire ne fut pas une mince affaire. Seuls Jimi Hendrix, avec le blues, et Ray Charles, ont réussi un exploit comparable, mais à une échelle malheureusement moins universelle. C’est que pour conquérir le monde, puisque telle était son intention, Michael Jackson devait faire sauter un mur apparemment indestructible. Et cela avait un prix : il fallait aussi donner au public blanc ce que le public blanc demandait.

C’est ici que la réussite de Michael Jackson déraille un peu et peut aussi être interprétée comme un échec. En effet, le fait de donner aux Blancs ce qu’ils demandaient allait se traduire par ce changement d’image qui fut si souvent moqué mais rarement compris. Les pochettes de disques vont ainsi être révisées, telle celle de son chef-d’œuvre Off The Wall (que l’on pourrait traduire, justement, par “Sauter le mur”), qui a vu, en quelques années, le visage noir du chanteur disparaître pour laisser place à ses pieds.

Mais la musique aussi a été révisée. Le public Blanc n’en a jamais assez en matière d’assimilation. Si Michael Jackson voulait réussir son pari, il devait en outre se plier à faire de la musique blanche. Le gospel et les rythmes africains ne passent en contrebande qu’à condition qu’ils soient contrebalancés par des ballades sirupeuses avec Paul McCartney (The Girl Is Mine), des compositions empruntant à ce que le rock ou le hard-rock blanc fait de pire (Beat It, Dirty Diana) sans parler de quelques-uns des “slows” les plus tristement formatés (You are not alone). Insatiable, le public blanc veut du spectacle, du grand spectacle, il veut voir Madonna jeter sa petite culotte, il veut des effets spéciaux comme dans Star Wars et de la pyrotechnie comme dans les concerts des Pink Floyd. Alors les concerts de Michael Jackson prennent dès les années 80 des allures de superproductions. Pour ne rien dire de son allégeance à ce que la culture occidentale fait de pire : du culte de Disneyland à la nécessité de transformer la musique en spectacle télévisuel via la révolution du vidéo-clip dont Jackson fut le principal artisan.

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