Publié le 25 Octobre 2014

Je suis la bête que vous visualisez .

 

Cet article a été publié par the Voices : Education Project et dans le Huffington Post le 1er Novembre 2011.

 

Nous avons entendu le point fait maintes et maintes fois ces dernières semaines sur un procès : il s’agit du procès de Conrad Murray. Mais bien sûr, nous savons la réalité. C’est le procès de Michael Jackson mort.  Cela est comme il en a toujours été, le principal évènement, l’alléchant spectacle.  C’est Michael Jackson qui est sous le microscope, (comme on nous y force une fois de plus) à travers sa maison, son dossier médical, son corps.  Et pourtant, malgré le public qui est beaucoup plus sympathique maintenant que Michael est mort, il reste le sujet sans fin d’examens et de jugements.

 

Tout cela importe t-il maintenant que cet homme ne peut plus ressentir les abus.  Que devient le soin à la personne moyenne si une célébrité comme Jackson est traitée avec insensibilité et mépris. Des projets comme Voices : (Education Projets) dont la série : Mots et Violence, mettent en lumière l’inquiétante trajectoire de notre discours social. Les mots ont leur importance. Les mots,  comme nous en sommes les témoins avec la récente focalisation de l’attention des médias sur la brutalité et les suicides, peuvent induire une terrible tragédie.

Ils peuvent aussi être utilisés pour inspirer et soigner. 

 

Michael Jackson savait cela. En 1988, il est devenu l’ami de Ryan White, victime du Sida, jeune homme forcé de quitter son école à Kokomo dans l’Indiana, à cause d’un impitoyable abus verbal et de menaces de violences.

  • Jackson a dit,  Ryan a fait de moi un être normal.
  • Michael ne regardait pas votre race, la couleur de peau que vous avez, votre handicap, ou votre maladie a rappelé Jeanne, la mère de Ryan. Il aimait juste tous les enfants.

Ryan White est un de ces milliers « d’étrangers » à qui il a tendu la main, à qui il est venu en aide et qu’il a traité avec bonté. Il s’identifiait à eux. Il connaissait leur douleur et leur solitude. Il ressentait de l’empathie pour leur lutte pour la vie, dans un monde qui refusait de les accepter pour ce qu’ils étaient à cause de leur maladie, leur apparence physique, leur race, leur orientation sexuelle et tout un tas, d’autres raisons.

Déjà en tant que jeune garçon, Jackson possédait cette sensibilité. Ecoutez la chanson Ben. C’est une authentique peine et compassion délivrée par Jackson :

They don’t see you as I do.

Ils ne t’ont pas vu  comme je te vois

I wish they would try to

J’espère qu’ils voudront essayer de le faire.

La chanson peut être vue comme une première déclaration artistique au nom de la marginalisation et de la méconnaissance. Beaucoup d’autres suivront.

Le rôle d’étranger pour Jackson pourrait avoir commencé dans Childhood  (étant donné que pas une fois Jackson ne s’est senti normal et pas une fois perçu comme tel). Mais plus encore, l’intensité et l’hostilité causées par sa différence ont grandi avec le temps. Dans son essai de 1996, The Celebrity Freak : (La grotesque gloire de Michael Jackson), David Yuan argue que Michael Jackson a été défini comme « l’anormal » de notre temps. Aucune autre figure publique dans le monde n’a soulevé le même niveau de ridicule, de scrutation et d’hyper interrogation. Comme au début de 1985, quand Jackson a été labellisé « Wacko Jacko » (Jacko le dingue) par les tabloïds, un terme qu’il dédaignait (et encore plus récemment, cette année, certains ont eu tendance à se référer à lui en l’appelant « Jacko »). Dans la presse il était fréquemment décrit comme bizarre, étrange et excentrique. En effet, Il y a peu de choses  qu’il ait dit ou fait au milieu des années 80  qui n’aient pas été décrites en ces termes par les medias. 

Jackson a été moqué sans cesse pour sa maladie de peau, le vitiligo, en laquelle beaucoup de gens n’ont pas cru et qui a été réellement confirmée par son autopsie.  Il a été raillé pour son amour pour les animaux, pour son amour pour les enfants. Pour son amour de la planète. Il a été moqué pour ses mariages, pour ses trois enfants, pour sa maison de Neverland. Il a été raillé pour sa sexualité, sa voix, pour son comportement enfantin.  Même les revues de musique n’ont pas résisté au ressenti de la majorité dans un espace de pseudo psychanalyses et d’attaques contre lui. 

Peut-il n'y avoir aucun doute que ce traitement par les medias et la culture a été largement abusif ?

Certainement que la victime de ces attaques déshumanisantes l’a ressenti de cette façon.  Entendez les paroles de ses chansons. Dans Tabloïds Junkie (Drogués aux tabloïds) il décrit les mass media comme des parasites, suçant la vie hors de lui, comme une drogue de distraction, (de détournement ? ) vers le public avec une forte dose de sensationnalisme. Dans Stranger in Moscow, il est un artiste en exil, épuisé et rejeté loin de son pays natal.

I Was Waderin in the rain

J’erre sous la pluie

Mask of life

Sous le  masque de la vie

Feeling of insane

Je me sens devenir fou.

 

Dans Scream,  il est si fatigué d’être brutalisé qu’il implore :

Oh !  Mes frères ! S’il vous plaît,

Ayez pitié

Parce que je ne peux juste plus supporter ça.

La chanson,  cependant, sert aussi comme un véhicule de la force  et de  détermination

Je suis tombé sous les coups,

 J’ai réussi à me relever.

Michael et sa sœur Janet lancent un féroce contre coup au système qu’ils jugent comme étant corrompu et injuste. Janet chante dans Scream :

  • Vous êtes des vendeurs d’âmes
  • Mais je prends soin de la mienne.

C’est une chanson de défiance au sujet de la résistance à la cruauté, lorsque la douleur est si profonde qu’on ne peut que l’exprimer dans un cri guttural.

Dans nombre de chansons, Jackson utilise sa musique comme un appel de ralliement à ceux qui ont été maltraités.

They don’t Care about Us, est le témoin de la privation des droits et l’abaissement.

Tell me what has become of my rights

Dis-moi ce que sont devenus mes droits !

Am’I invisible because you ignore me

Suis-je invisible parce que tu m’ignores ?

Dans Little Susie, il attire l’attention sur l’état de négligence et d’abandon, racontant l’histoire d’une très jeune fille, encore une enfant, qui avait le don de passer inaperçue jusqu’à ce qu’elle soit trouvée morte sur la dernière marche de l’escalier de sa maison.

Lift her with care

Soulevez là avec soin

Oh ! the blood in her hairs

Oh le sang dans ses cheveux !

Earth Song offre une lamentation épique en faveur de la planète et de ses plus vulnérables habitants (représentés par les cris passionnés de la chorale et son : What about Us)

Qu’en est-il de nous ?

A travers de telles chansons (aussi bien qu’à travers sa vie et sa personne), Jackson est devenu une sorte de représentation globale de l’Autre.

Les mass media cependant n’ont jamais porté le regard sur l’altérité de Jackson comme ils l’ont fait pour d’autres. Ils ont établi une narration qui leur était simple et profitable : Jackson est un anormal, un excentrique, ils en sont restés là près de trois décennies, et ont graduellement monté les enchères. Peut-être que la plus irrésistible des réponses de Jackson envers la perception que le public avait de lui s’est manifestée dans son trio Ghosts, Is it Scary et Threatened. C’est ici que Jackson tend un miroir à la société et lui demande de regarder son propre reflet grotesque :

  • It’s Scary for you
  • Est-il effrayant pour vous ? demande t’il ?

Les chansons et leur accompagnement de représentations visuelles ne sont pas seulement mordantes et conscientes, elles démontrent une fine connaissance des forces toxiques qui l’entourent et le hantent.

Dans le court métrage de Ghosts, Le Maire de Normal Walley (Tom Sneddon figure conservatrice de l’autorité d’une partie du Comté de Santa Barbara) raille le personnage de Jackson :

  • Freaky boy ! Freak ! Circus freak !
  • Garçon bizarre ! Anormal !  Phénomène de cirque !

Intéressant à savoir, c’est Jackson lui-même qui, déguisé en Maire, prononce ces mots, et seul, peut sentir la façon dont il les a intégrés (dans la vraie vie). Ils sont dits de manière inquiétante et sont destinés à marquer, à marginaliser et à humilier. (Ce qui était, en fin de compte, le but de la chasse aux sorcières dont il a été l’objet entre 1993 et 2005). Pour le Maire, La présence de Jackson dans la communauté est intolérable. Ce n’est pas que Jackson fasse du mal, c’est qu’il est simplement différent et que cette différence est menaçante. Dans ses expressions artistiques, Jackson reconnaît clairement ce qu’on lui fait à lui. Il est un être défini par des forces extérieures. Il est le fantôme que ces forces ont construit dans leurs propres esprits Comme il le chante dans Is It Scary :

If you wanna see

Si vous voulez voir

Excentrics oddities

Des bizarreries excentriques

I’ll be grotesque before your eyes

Je serai grotesque devant vos yeux.

En d’autres mots, il sera grotesque parce que c’est ce que le public « veut voir ». C’est ainsi que les gens ont été conditionnés à voir. Plus tard dans la chanson, il anticipe la réaction de son public en demandant :

Am I amusing you?

Vous ai-je amusés

Or just confusing you ?

Où vous ai-je seulement troublés ?

Am I The beast you visualised?

Suis-je la bête que vous visualisez ?

Est-il devenu quelque chose de moins qu’humain ? Pourquoi est-ce ainsi ? Est-ce son apparence physique ?  L’ambigüité de son identité ? Son histoire de vie inhabituelle ? Ce n’est pas la question que Michael Jackson soit différent.

La Question est :

Pourquoi la différence incite t-elle à une telle dépréciation et a de tels abus ?

Une des plus remarquables qualités de la vie et du travail Jackson est qu’il a refusé de compromettre sa différence. Il n’est jamais devenu normal dans les termes de la normalité représentée par le Maire de Normal Walley. Il n’a pas été conforme aux attentes. Au contraire, il est fidèle à lui-même et fait étalage de son identité unique multi facettes vis-à-vis de la frustration de ceux qui auraient aimé le voir prévisible et entrant dans des cases.  Sa différence comme Susan Fast* le note, était impénétrable et irrépressible. Elle a crée une énorme anxiété.

  • S’il vous plaît Michael, il faut être noir ou blanc, gay ou non, père ou mère, père d’enfants ou sans enfants, alors savons nous au moins, comment diriger notre (in) tolérance. Essayez de ne pas fondre tous les codes en même temps.

Même des années après sa mort tragique, il semble que pas mal de gens ne savent pas ce qu’a fait Michael Jackson. Il est réduit à l’étiquette facile de toxicomane. Une photo de son corps sans vie est durement affichée sur les sites d’actualités. Ce comportement cruel, injurieux, cette mascarade est-elle « normale ? » C’est peut-être la raison pour laquelle Jackson a choisi le médium   de la riposte gothique. C’était une façon de renverser les rôles pour symboliquement représenter le monde tel qu’il le ressentait souvent : monstrueux et grotesque. Ces films d’horreur n’étaient pas simplement pour le divertissement.

 

(*Susan Fast, est professeur au Département d'anglais et d'études culturelles à l'Université McMaster, Hamilton, Canada. Ses intérêts de recherche comprennent des représentations de genre et la sexualité, la race et l'origine ethnique, les constructions de soi et l'autre, la performance et la performativité et géopolitique violence / conflit dans la musique populaire contemporaine. Elle est l'auteur de : In Houses of the Holy: Led Zeppelin et la puissance de la musique rock.)

  • Les anormaux sont appelés anormaux et sont traités abominablement comme tels, d’une manière générale, observe l’auteur James Baldwin. Parce qu’ils sont des êtres humain qui répercutent profondément un écho en nous et font remonter nos plus profondes terreurs et désirs.

Dans le cas Jackson, ces « terreurs et désirs » sont nombreux, incluant la race, la sexualité, l’argent et le pouvoir. Tandis que pour beaucoup, Jackson devenait l'aimant symbolique sur lequel ces angoisses culturelles se  projetaient, il était aussi une personne réelle, essayant de vivre sa vie.  Vers la fin de Is It Scary, il explique:

I’m just not what you seek of me

Je ne suis tout simplement pas ce que vous cherchez, avant de révéler à l'auditeur compatissant :

But you came to see

 Mais vous êtes venus voir

The truth, the purity

La vérité, la pureté

It’s here inside a lonely heart

Qui sont ici, à l'intérieur d'un cœur solitaire,

So let the performance start

 Alors laissez moi en commencer la représentation.

Ironiquement, dans la représentation de son art nous trouvons la pureté et la vérité. C’est ici qu’il exorcise ses démons, c’est son angoisse qu’il transfuse dans une énergie créative. C’est ici que les murs tombent et que le masque se détache. Pour le monde étranger, il peut être un spectacle, une caricature, un anormal ; mais ici finalement, à l’intérieur de sa musique, il met à nu son âme. Il est un être humain.

La question est : Que voyons-nous ?

L'ABUS CULTUREL DE MICHAEL JACKSON Par Joseph Vogel.

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Publié le 22 Octobre 2014

A l'INTÉRIEUR DU "HOLLYWOOD" DE MICHAEL JACKSON

Cet article a été originellement publié par le Huffington Post. Il apparaît ici légèrement modifié dans sa forme pour le livre Featuring de Joseph Vogel..

traduction :

 

Michael Jackson a été très impressionné par la danseuse , Sofia Boutella , star sur la fin de la vidéo musicale de l’icône : « Hollywood To Night ».  Il était prêt à lui offrir l’opportunité d’un moment : la chance de danser à ses côtés dans  les concerts This Is It à l’O2 Arena de Londres. Malheureusement, elle était encore sous contrat pour « Confessions Tour » de Madonna à ce moment là et ne pouvait pas rompre ses engagements. Voyant à quel point Sofia Boutella était déçue, Jackson a invité deux de ses collaborateurs et leur a dit :

  • Je connais les dates de Madonna, je l’appellerai.

 

Alors que Boutella n’avait  pu être sur This is it, elle a rendu un admirable hommage au King of Pop dans sa plus récente vidéo posthume, laquelle dépeint une jeune et ambitieuse fille essayant de faire quelque chose à Hollywood sans être engloutie par les pièges et illusions.

C'est un récit éculé mais  réalisé avec goût par le directeur Wayne Isham et emballé par l'énergie contagieuse et le talent de Boutella. La vidéo aussi rappelle, ainsi que les derniers hommages pour MJ sur American Idol (émission semblable à The Voice), de quelle façon Jackson continue d’influencer profondément les nouvelles générations (dont beaucoup l’ont seulement découvert après sa mort tragique en 2009).

 

« Hollywood To Night » est le second single réalisé sur l’album posthume,   MICHAEL.  « Behing The Mask » est un single suppléant  pour plusieurs pays, incluant le Royaume Uni.

La chanson a eu une longue histoire sinueuse. Jackson a fait une esquisse des paroles alors qu’il était descendu au Beverly Hills Hôtel. Aussitôt après il a commencé à développer la musique avec son ami et collaborateur de longue  date Brad Buxer : (qui a co-écrit la chanson) La chanson a voyagé avec eux de Los Angeles à New York et de Miami à Neverland durant le début des sessions d’Invincible. Autour de ce temps, Jackson et Bruxer ont produit certains matériel en suspens, comme « Beautiful Girl », « The Way You Love Me »,  « Speechless », « The Lost Children », « Shut Up and Dance » (un important titre de danse que Jackson et Buxer avaient travaillé avec Michael Prince et Eric Kirkland, avec des échos de Stevie Wonder, parmi d’autres.)  Il y avait aussi « MJ » de l’époque  Bad  qui malheureusement n’a pas été complété vocalement, ainsi que  « I Was a Loser » une jolie mélodie au ton et tempo modéré au sujet  de l’amour perdu.

Jackson aimait Hollywood to Night – L’ouverture par le chant Grégorien (son idée) le côté harmonique Westbound, Greyhound, le sifflement de la fin de la composition – mais stoppé dans son élaboration, lorsque que le producteur Rodney Jerkins a été à bord pour Invincible (en 1999)*.

Ses premières démos mettent en vedette deux strates de lignes de basses (Michael Prince a ajouté quelque entrain et piégé dans le dernier mix ce que Michael avait demandé.

Jackson et Brad Buxer ont continué de travailler sur cela à Las Végas en 2007.  Pendant un temps, Jackson a aimé l’idée de conclure avec le son d’un bus partant ou arrivant. En quelques mix, ce concept a été retenu tandis que dans d’autres c’est le sifflement qui a été retenu.

 Les années suivantes, il est revenu sur le titre ( Hollywood to Night). Pour la ligne basse, il cherchait quelque chose de similaire à Billie Jean mais il le voulait distinct :

  • Faire une  basse douce et en sourdine sur Hollywood,  a-t-il indiqué sur une note.

 

 

Un peu d’histoire pour Invincible  :

 

 

Les critiques sur Invincible ont été généralement très bonnes, mais la plupart des critiques considèrent l'album comme l'un des moins bons de Jackson, en raison principalement de sa durée (près de 80 minutes).

Allmusic lui a attribué 3 étoiles sur 5 en disant : "En conclusion, l'album dure trop longtemps, avec une perte de vitesse à mi-parcours ... [Ce n'est] pas assez pour rendre Invincible, le retour magistral de Jackson... même s'il offre un bon travail dans la communauté pop".

NME lui a donné la note de 6 étoiles sur 10, affirmant : "Invincible est un album de retour pertinent mais trop long".

Rolling Stone a donné à Invincible 3 étoiles sur 5, disant que les morceaux R&B étaient bons, surtout Whatever Happens, mais que les ballades ont rendu l'album trop long.

Robert Christgau a donné un A à l'album, en disant : "Ses capacités ne semblent pas diminuées... son funk est en acier et ses ballades sont aérées. 78 minutes ce n'est pas trop long. C'était la même durée pour Thriller lorsqu'il l'a initialement enregistré".

En décembre 2009, l'album Invincible refait parler de lui. Il est nommé meilleur album des années 2000 par 170 000 votants, essentiellement des lecteurs du magazine Billboard. Source Wikipedia.

Ses premières démos mettent en vedette deux strates de lignes de basses (Michael Prince a ajouté quelque entrain et piégé dans le dernier mix ce que Michael avait demandé.

En  Octobre 2008, alors que Michael résidait à Los Angeles,  il a demandé à son ingénieur du son, Michael Prince,  qui devait mettre le dernier mix de Hollywood to Night sur CD, s’il pouvait  l'écouter  et  s’il pouvait être amélioré. Hélas, il n’est pas parvenu à ce moment là à avancer davantage dans le travail. 

Le nouveau single de Hollywood to Night est plus authentique que le morceau dans l’album. Bien sûr, Jackson avait l’intention de travailler encore cela, c’est pourquoi l' Estate et Sony ont contacté les deux amis et collaborateurs de Jackson, Theron Feemster qui le premier a craqué et est venu avec deux mix solides. Mais Sony qui ne les sentait pas ni l’un ni l’autre a donné par la suite le travail à Teddy Riley. La production de Riley, qui contenait beaucoup de démo de Michael et de Brad Bruxer, plus des éléments des mix qu’a apportés Feemster (incluant le riff de guitare funk) est devenue la version de l’album.

Après la sortie de l'album, beaucoup de fans ont contesté, les protestations concernaient les sujets :

  1. Du processus vocal
  2. La longueur du pont, (par le neveu de Jackson Taryll Jackson).

Jackson avait en fait écrit les paroles de son propre pont, lesquelles étaient plus sombres. Dans ce que Jackson a écrit à la main sur une note, le pont dit ceci :

Elle n’a même pas eu un ticket

Elle n’a même pas de quoi retourner à la maison,

Elle est perdue et elle est seule,

Il n’y a pas d’endroit où aller pour elle,

Elle est si jeune et elle a froid

Exactement comme son père l’avait prévenue.

Alors que Jackson met en évidence l’incertitude d’un rêve différé, le pont de Teddy Riley opte pour une résolution plus positive et ordonnée.

  • Avec ce pont nous avons fait en sorte de faire de cette chanson un succès. Nous complétons sa mission, a expliqué Riley.

Riley a aussi sauté deux signifiantes lignes du second verset :

  • Quand elle a appris que ce n’était pas net

      Parce qu’elle avait seulement quinze ans …

On ne sait pas pourquoi cette suppression a été effectuée, mais elle influe certainement sur le sens de la chanson.

Riley justifie le nouveau pont en pointant le fait que Michael  n’a jamais enregistré le chant. Cependant, avec le nouveau single, Sony a décidé habilement de couper la partie parlée entièrement et présenté une certaine hauteur de drame et de tension que Jackson avait tentée de donner à cette section du single. Ils ont utilisé son beatboxing, son idée d’abondance des instruments à vent et guitares, et son chant lyrique tiré d’une cassette enregistrée au cours d’une cession dans la salle de bain de son hôtel.  En outre, jusqu'au pont, le chant sur le nouveau single est laissé non transformé et la production est réduite.  Le résultat est que le single a un sens plus cru, plus funky, mais est moins fini que la version de l'album. Hollywood to Night s’en est allé ensuite, à travers de nombreuses incarnations :

  1. les nombreuses démos différentes que Jackson a enregistrées avec Brad Buxer et Michael Prince de 1999 à 2008 ;
  2. Les deux versions que Theron Feemstar a travaillées à la suite de la mort de Jackson (dont une est apparemment assez impressionnante)
  3. La version policée de l’album complétée par Teddy Ridley ;
  4. Et Bien sûr le nouveau single.

Tous sont nécessairement des approximations de ce que Jackson aurait ultimement sorti dans sa forme finale. C’est la nature des réalisations posthumes. Elles ont toujours été imparfaites et elles ont toujours généré de furieux débats.

Mais pour les amoureux de sa musique, nous prendrons le nouveau Michael Jackson si nous pouvons obtenir ses démos, mix ou remix. Hollywood To Night aurait pu accumuler la poussière dans les limbes ; Au lieu de çela, il y a des gens qui dansent dans les rues.

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