Publié le 19 Octobre 2014

 

Traduit de Featuring de Joseph Vogel ( suite)

 

Cet article a été originellement publié par Pop Matters le 28 septembre 2011. Il apparaît ici légèrement modifié dans sa forme.

Selon ce qu’était la tradition narrative de l’époque, l’album Dangerous a représenté la fin et la mort de la pop  ainsi que la montée du grunge dans son sillage. (Le grunge est caractérisé par un son de guitare lourd et saturé, des signatures de temps variables, et des paroles apathiques ou remplies d’angoisses )* du  rock alternatif et du hip-hop.

Beaucoup de critiques on pointé ce moment où  Nevermind du groupe Nirvana  a sorti Dangerous de sa première place sur le Bilboard Charts comme l’axe d’un tournant symbolique. En quelques mois, toutes les traces des excès et flamboyances des années 80 ont été mises en sourdine.

Les transformations culturelles, bien sûr, n’ont jamais été tout à fait aussi simples. Plusieurs mois après que Nevermind ait atteint la place de numéro 1, Nirvana  a partagé la scène du studio MTV Vidéo Music Awards, avec des rockers de stadiums comme Def Leppard, Van Halen, Metallica  (il est resté le plus grand groupe en Amérique) avec Guns N’ Roses. En effet,  s’il fallait cerner le point culminant d’un tournant culturel, le VMA de 1992 ne serait pas un mauvais choix.

A voir le spectacle subversif de Nirvana (qui a commencé avec une provocation (censurée) « Rape Me » avant de fléchir dans la mauvaise humeur avec " Lithium ", peu de temps après le  caricatural, Let’s get Rocked de Def Leppard ont non  seulement fait voir les années 80 comme ridicules mais aussi presque obsolètes.

Et même le puissant groupe Guns N’ Roses qui a clôturé  le show avec une  spectaculaire performance  sur November Rain a été ouvertement moqué par Nirvana comme appartenant au  rock corporatiste et à la rébellion forfaitaire. Si jamais le public devait faire la relève de la garde, c’était cette nuit là.

Néanmoins, Michael Jackson, défini comme icône de la Pop des années 80, a crée en Dangerous, un album qui avait comme beaucoup, peu à faire avec la Pop  de Nevermind. Les differences stylistique étaient assez évidentes. Nevermind prenait racine dans la punck-rock et le grunge, alors que Dangerous était  principalement enraciné dans le R&B et le New Jack Swing.  Pourtant les deux ont introduit de nouveaux sons éraillés pour des publics de masse fatigués des éclats des années 80. Jackson était poli, industrieux (à savoir habile) conjuguant l’urbanité, (politesse, courtoisie) alors que Nirvana était cru, crasseux , garage rock (genre de musique rock basique apparue dans les années soixante, avec des paroles succintes.)

Jackson et Cobain ont  cultivé des images d’étrangers blessés, d’âmes sensibles en désaccord avec la corruption du monde autour d’eux. Les deux Nervermind et Dangerous ont été populaires avec un sens similaire d’angoisse et d’aliénation, avec beaucoup de chansons fonctionnant comme un genre de confessionnal poétique.

Comparez les paroles de Cobain :

I’m so Happy

Je suis si heureux

Cause today, I found My Friends

Parce qu’aujourd’hui j’ai trouvé des amis

They’re in my head

Ils sont dans ma tête.

 

A celles de Jackson dans Who is it:

I am damned

Je suis le damné

I’m the dead

Je suis la mort

I’am agonie

Je suis l’agonie

Inside this dying head

A l’intérieur de cette tête de mort.

 

Musicalement, Dangerous partage peu de choses communes avec le travail des collègues pop stars comme Madonna, Whitney Houston et Mariah Carey. Sa vision est encore plus de mauvaise augure et étendue.  Même dans le grand moment de la vidéo de Black or White, Jackson  va explorer un territoire sombre, choquant la classe moyenne avec l’expression crue de sa violence et démonstration sexuelle. (Cela a été réalisé juste quelques mois après les coups vicieux de la police portés à Rodney King*  à Los Angeles).  Ironiquement,  c’est l’establisment de la pop star  et non son concurrent  qui a censuré la vidéo musicale  suivant la clameur publique à l’encontre  de ce supplément controversé.

 « Smells Like Teen Spirit » néanmoins a été dans une telle densité de rotation qu’un des expansifs directeurs de MTV a affirmé que cette chanson était l’espoir de vente à toute une génération.

Le point est que, à contrario de la conventionnelle sagesse, à la fin de l’année 1991, Nirvana était aussi populaire que Michael Jackson  et que Michael Jackson  était aussi alternatif en musique que Nirvana. La simpliste dichotomie positionnant l’un contre l’autre n’a pas résisté à un examen scrupuleux. 

(* Rodney Glen King, né le 2 avril 1965 à Sacramento, Californie,  mort le 17 juin 2012 à Rialto, Californie, à l'âge de 47 ans, est un citoyen américain qui, le 3 mars 1991, a été victime de violences policières suite à son interpellation par des agents de police de Los Angeles. Son passage à tabac par plusieurs policiers fut filmé par un témoin vidéo amateur, George Holliday, qui prit à distance la majeure partie de l'incident. La vidéo qui en fut tirée et le procès qui s'ensuivirent furent largement médiatisés aux États-Unis. L'acquittement des policiers lors d'un premier procès déclencha les émeutes de 1992 à Los Angeles. Source : Wikipedia) .

Les deux albums des deux artistes ont été réalisés par des labels majeurs et avaient un  succès commercial similaire sur les charts (mais ils se sont heurtés à des attentes différentes).  Chacun a produit des hits en singles et chacun en a tiré de mémorables vidéos et spectacles qui passaient côte à côte sur MTV.  Et chacun a vendu plus de trente millions de copies dans le monde.

La saillante opposition entre les deux se situait alors bien plus au sujet de la médiation culturelle et du marketing que du contenu.

Nevermind, bien sûr, a reçu les plus fortes acclamations concernant l’importance culturelle et la substance artistique.  Encore que 20 ans après, Dangerous a gagné des nouveaux admirateurs ; des gens qui allaient au-delà de l'absurdité superflue qui se distingua dans des revues contemporaines et prêtaient attention à la substance de l’album, considérant ses thèmes prémonitoires, son inventaire de sons, son étude panoramique des styles de musique.

Au fond, si Dangerous était considéré comme un album Pop alors il redéfinissait les paramètres de la pop music.

Quelle autre explication  donner à un album qui mixe R&B, Funk, Gospel, hip hop et rock industriel et classique ? Un album qui introduit une chanson (Will You Be There) avec un extrait de la neuvième symphonie de Beethoven  et une autre (Dangerous) avec ces sons comme le cœur d’une ville dans des aciéries ? Et un album qui peut alternativement être paranoïaque, sibyllin, sensuel, vulnérable, idéaliste, désolé, transcendant et craintif ?

Même la pochette de l’album, une reproduction d’un tableau peint en acrylique par un artiste pop surréaliste Mark Ryden, caractérisant un cirque comme un masque à travers lequel Jackson regarde fixement, signifie une nouvelle intensité et conscience.

Jackson donne le ton  dès le morceau de l’ouverture. A la place de la pure piste  cinématographique de Bad, c’est quelque chose de plus proche du monde réel. Quelque chose de plus tranchant et urgent.  Les verres fracassés au début de « Jam » symbolisent pertinemment une percée. En effet, Dangerous est le premier album de Michael Jackson sans le légendaire producteur Quincy Jones. Beaucoup pensaient qu’il était fou de se séparer de Quincy étant donné les deux succès sans précédent qu’ils avaient eus ensemble. Encore que Jackson aimait les challenges et était fortifié par l’idée  d’agir comme directeur de production et par le travail sur un canevas neuf. Il a commencé son expérimentation avec un groupe de talentueux producteurs et ingénieurs avec qui il avait développé des relations amicales dans les années précédentes, incluant Bill Bottrell, Matt Forger et Bryan Loren ; Durant le processus, il a aussi ramené  dans l’équipe, Bruce Swedein ingénieur (et ami) de longue date.  Ce qui a résulté des sessions d’enregistrements, - (lesquelles se sont espacées en 1989-1991) – pour un album plus socialement et personnellement révélateur à ce jour.

  • L’apport  la plus signifiante dans cette nouvelle équipe, cependant, n’a pas été fait jusqu’à la fin de l’année. Jackson demeurait insatisfait avec beaucoup de pistes de rythmes. Il voulait les sentir plus incisives. Il a recherché à l’extérieur, Teddy Ridley, 23 ans est innovateur en New Jack Swing.  Depuis la réalisation de Bad en 1987, le R&B et le Hip hop, avaient évolué en une variété de directions : du rap provocateur de Public Ennemy, en passant par la brusquerie sexuelle de LL Cool, jusqu’à l’agressif New Jack Swing de Bobby Brown and Guy.

Jackson voulait prendre les éléments de toutes ces dernières innovations et sons et les tordre, les mélanger et les appliquer à sa propre vision créative. Tandis que Dangerous est souvent caractérisé comme New Jack Swing- sans doute à cause de la présence de Ridley, l’appropriation du style par Jackson est claire.

Les pulsations  sont souvent plus dynamiques et vives, les rythmes plus syncopés, le son plus viscéral et mécanique. Les sons fondus sont utilisés comme percussions quelquefois : cornes de klaxons, oscillements de portes, brisures de verre,  fracas de métal. Jackson a aussi utilisé « l’outil » beat boxing (bruit de bouche) le scatting (utilisation de la voix, hoquets, cris de fond de gorge etc. .. ) et claquements de doigts.

 

Prenez une chanson comme In the Closet  et comparez là à une autre New Jack Swing de la fin de l’année 80/ début 90. Les différences sont frappantes. Ecoutez la façon dont l’élégante intro au piano donne le sens de l’érotisme, faisant tournoyer la pulsation. Ecoutez comment la chanson construit la tension  et la libère. Ensuite la gradation explose à la quatrième minute et trente secondes. Ecoutez la performance d’agilité de la voix qui se calme,  la narration de l’aveu, du rare falsetto harmonieux, de la passion des soupirs, du souffle et des exclamations. Cette chanson de Jackson est une des plus sexuellement chargée et encore ménage t-il  une certaine intrigue subtile. Même le titre est réservé,  jouant avec les suppositions au sujet de la sexualité. Selon beaucoup d’auteurs de R&B et de pop music,  les chansons d’amour de Jackson sont presque toutes ambiguës, tendues dramatiquement et mystérieuses.

 

Voir aussi Dangerous, la chanson éponyme :

Dans les ténèbres profondes de la folie de la passion

Je me suis senti pris par luxure d’une étrange inhumanité.

 

C’est dans la seconde moitié de l’album Dangerous que Jackson démontre son étendue artistique. Suivant l’énorme succès cinématographique de Black or White Jackson dévoile une de ses plus impressionnantes chansons de tout son catalogue, la pièce maîtresse lancinante : Who Is It. Pour ceux qui croient encore que le mythe de Jackson s’est crée dans les années 80, ce titre à lui seul devrait dissiper cette notion. En dehors du fait que c’est non seulement d’une très grande habileté, (rivalisant avec Billy Jean) mais encore c’est du Jackson brut émotionnellement :

I’can’t  take it cause I’m lonely

Je ne peux pas supporter ça parce que je suis isolé.

Et Give in to Me  perpétue le ton sombre, tandis que Jackson déchaîne l’angoisse refoulée par-dessus les coups de poignard de la guitare de Slash. Cette chanson n’aurait pu être aux côtés du contraste calme/violence, de la chanson Nevermind de Nirvana ou des textures rugueuses et métalliques de Atchung Baby de U2.

Que vient-il ensuite ?

Un prélude pris à la Neuvième symphonie de Beethoven, naturellement suivi de la chanson Will  You Be There et Keep the Faith aux racines gospel.  Puis Jackson clôture l’album avec une tendre expression de fugacité de la vie ( Gone Too Soon) inspiré par Ryan White victime du Sida  avant un retour complet à l’industriel New Jack Swing.

 

Le New Jack Swing (ou swingbeat) est un genre musical, fusion entre le R&B et le hip-hop, créé en 1987 par le producteur Teddy Riley avec l'album Make it last forever de Keith Sweat et popularisé grâce à ses premières productions (Bobby Brown, Johnny Kemp, Today), mais surtout avec son premier groupe Guy qu'il forma avec le chanteur Aaron Hall et Timmy Gatling (qui sera ensuite remplacé par Damion Hall, le frère d'Aaron).

Le New Jack Swing se caractérisait par des chansons dansantes sur des rythmes hip-hop "swing", avec une caisse claire très marquée (la marque de fabrique de Teddy Riley), le tout porté par une voix soul/gospel. Le new jack swing a remplacé le funk 80's (urban) - en perte de vitesse face au hip-hop à partir de 1986 - et a été le genre dominant de la musique populaire noire américaine chantée entre 1988 et 1993.

Le terme "New Jack Swing" est dû à Barry Michael Cooper, journaliste au Village Voice et scénariste du film New Jack City. C'est aussi le nom de la société de production de Teddy Riley.

La dernière année qui connut des productions R&B de type New Jack est 1993. En 1993 et surtout 1994, il est remplacé par le hip-hop/soul appelé communément R'n'B (abréviation de rhythm & blues). Depuis 1994 jusqu'à nos jours, les morceaux de R&B sont beaucoup plus influencés par le hip-hop. On parle alors de R&B/Hip-Hop (terme utilisé par le magazine américain Billboard).

Il est peu connu en France puisqu'il n'y a pas été du tout diffusé par les maisons de disques et les médias. Les seuls albums New Jack qui soit connu en France est Dangerous (1991) de Michael Jackson essentiellement produit par Teddy Riley et le groupe Tribal Jam en 1994 chez EMI puis en 1997 avec l'album Démarre Le Show. (Source Wikipedia).

 

Certains ont méprisé cette manière d’éclectisme d’approche maximaliste pour un album. Dangerous a été critiqué pour être trop long, excessif et confus. Que vient faire une chanson comme Heal the World ont demandé les septiques, avec une chanson comme Jam et Dangerous. Certainement, c’était en contraste avec le son soutenu et le thème  d’un album comme Nevermind.  Jackson, bien sûr, pouvait avoir aisément pris cet itinéraire en ajoutant quelques chansons de plus sur les sept titres qu’il avait crée avec Teddy Ridley. Encore que c’était un choix esthétique.

Jackson a évalué deux notions : diversité et contraste pour le son et les thèmes. Il aimait l’idée de surprendre le public avec des séquences de sons inhabituels ou d’imprévus changements de climat (d’humeur). Si le traditionnel R&B ne pouvait exprimer une certaine émotion, Il a fondé un style qui le pouvait et tourné ainsi le classique en gospel (dont, Will You Be There, épopée pathétique aux racines bibliques).

Les albums pensait-il sont des voyages et il expliquerait ensuite en référence à la série de concerts  This Is It, qu’il voulait emmener les gens dans des endroits dans lesquels ils n’avaient jamais été auparavant.

Sans se soucier des préférences stylistiques, au moins,  doit-on  reconnaître ce que la pure audace et le talent d'un artiste a su tirer de ces sources disparates  pour créer dans une telle variété de genres.

Qu’ est-ce qu’Axel Rose  pouvait faire du New Jack Swing ?  Idem pour LL  J Cool pour le gospel ? Tandis que Michael Jackson travaillait tellement facilement avec Slash  comme il l’a fait avec la chorale d’Andrae Crouch ou Heavy D.

Quel est alors l’héritage de Dangerous vingt ans après. C’est le point fort du tournant artistique de Jackson, déplaçant sa vison sur davantage de conscience sociale, d’ambitieux concepts sur une grande palette de sons et de styles.  C’est aussi le point culminant de l’expression du New Jack Swing, contribuant à la fin  80/début 90  à quelques albums rock comme Nevermind et Ten.

Ses fusions du R&B-Rap ont mis des années à venir, tandis  que  ses paysages sonores et ses pulsations metalliques  ont été popularisés par des artistes aussi disparates que  Nine Inch Nails  et Lady Gaga. En termes  d’ensemble de musique de scène en 1991, laquelle a été réellement une remarquable année musicale.  Cela peut ne pas avoir été aussi irrésistible que Nevermind mais l’album Dangerous s’est tenu à ses côtés (avec une poignée d’autres enregistrements) faisant de 1991 une année  des plus impressionnantes en termes de réalisations artistiques.

En fin de compte Nirvana et compagnie ont  pu  tuer les années 80 du rock. Et si la musique pop se mourrait, son roi, Michael Jackson, avec succès, a su créer des solutions de rechange.

DANGEROUS DE MICHAEL JACKSON, NEVERMIND ET LA RÉINVENTION DE LA POP.

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Publié le 14 Octobre 2014

Suite de la traduction de Featuring MICHAEL JACKSON, collection d'écrits sur le King Of Pop, par Joseph Vogel.

 

 

Le Top 10 des chansons (de tous les temps)

de Michael Jackson

 

Cet article a été originellement publié dans The Huffington Post le 25 Juin 2010. Il a été mis à jour et revu pour ce livre.

 

Choisir une liste des 10 meilleures chansons de Michael Jackson n’est pas une tâche facile. C’est inévitablement se prêter soi même à un examen minutieux   et à la contestation. (Comment pouvez-vous laisser de côtéou remplir le vide) ?

De toute évidence ce ne peut-être une liste définitive. Mais le débat est une part de ce qui rend ces listes amusantes à faire.

Au cours des années, j'ai changé les titres dans ma propre liste, je les fais sortir et rentrer, monter et descendre dans les classements, (même si plusieurs sont restés constants). Et si quelques unes de ces sélections ont été spécialement atroces, c’est tentant simplement de nommer de dix ou vingt manières le lien qui va faire place aux plus grandes chansons. La difficulté en sélectionnant le meilleur travail de Jackson, cependant, est de parler de la qualité, de la diversité et de la profondeur de son catalogue.  J’ai rendu ma tâche plus facile en choisissant seulement son travail solo . En plus j’ai déterminé ce que je ne considérais pas d’impact culturel, succès commercial ou vidéo musique dans mes analyses. Ces titres de mon Top 10 ne sont pas nécessairement ceux des chansons que je trouvais les plus agréables à écouter mais plutôt ceux qui m’ont fait la plus grosse impression artistique. Tous les éléments des chansons ont été considérés en termes de musique, créativité, originalité et en plus avec l’impact esthétique.

Alors que quelques unes des chansons de la liste étaient bien connues, les autres ont reçu peu d’attention. Un des  buts de mon travail a été d’encourager une réévaluation majeure du travail de Michael post 1980,   pour avancer vers de nouveaux territoires (musicaux). Un des buts de mon travail a consisté à encourager une importante réévaluation du travail de Michael post-1980s, dont une grande partie a progressée courageusement en défiant de nouveaux territoires.

Contrairement à la conventionnelle sagesse, l’art de Jackson ne se décline pas qu’après Thriller. A travers sa carrière, son travail a évolué d’une manière excitante et irrésistible.

Sans plus de qualification, alors, je présente humblement mon Top 10 des chansons de Michael Jackson de Tous les Temps. Si j'étais forcé de rassembler un groupe de chansons à soutenir contre les meilleurs travaux des Beatles ou de Bob Dylan ou de Prince, c’est celui là que je soutiendrais.

  1. Billie Jean :

Billie Jean est de loin et unanimement annonciatrice comme Michael l’a lui-même défini d’un chef d’œuvre et ce, légitimement. Peut-être qu’aucune autre chanson n’incarne plus parfaitement les paradoxes, les tensions, la magie et le mystère de son créateur. C’est une danse rare qui est instantanément accessible, encore que profondément stratifiée et évocatrice (avec sa ligne de basse envoûtante et le cadre minimaliste). Son histoire sombre, inquiétante n’aurait pas du se tenir au traditionnel Top 40, mais le single en quelque sorte a réussi à s'asseoir à la première place pour sept semaines en 1983, et est resté populaire depuis lors. Le critique de musique Mark Fisher a appelé cela : 

-  Un des plus grand travaux de l’Art du 20ème siècle :   une sculpture de sons multi niveaux qui adhère à des mouvements synthétiques de panthère lustrée dévoilant des détails et des nuances inaperçus sur près de trente ans (de carrière.)

Pour faire court : Toute argumentation  pour Jackson en tant qu’artiste commence par Billie Jean, un titre d'autant plus remarquable par le fait qu'il a été écrit, composé, arrangé  et co-produit par Jackson lui-même à l'âge de 23 ans.

 

2.)  Stranger in Moscow :

Il était tentant de mettre cette chanson en N°1 comme une surprise. Cela aurait pu être fait. Cette version de Jackson est le pendant de la version phare des Beatles : « A Day in the Life » : un morceau triste, un poème chanté sur la manière dont on ressent le fait d’être seul dans le monde moderne. Il ouvre sur :

« J'errais  sous la pluie,

 Masqué par la vie, avec le

 Sentiment de devenir fou»

Construit sur la progression de deux cordes, Stranger in Moscow dispose probablement des paroles les plus convaincantes de la carrière de Jackson.  La chanson parle des masques et des illusions, de l’exil et l’invisibilité. Elle est au sujet de l’être connu dans le monde mais qui n’a nulle part ou aller.  Jackson est subtil , sobre et mesuré pour la majorité de ses pistes, l’écho des chœurs renouvelés sur un beat triste et mécanique. Tandis que dans la section finale, il le rompt à travers des expressions où percent l’isolement et le désespoir.  (I’m livin’ lonely, I’m livin’ lonely, lonely baby !) Alors que Stranger in Moscow n’a pas cartonné au temps de grandes collections de Hits, elle sera sans aucun doute possiblement retenue comme une des meilleures réalisations artistiques de Jackson.

 

3.)  Earth Song :

Billy Jean et Stranger in Moscow sont peut-être esthétiquement supérieures mais aucune des chansons du catalogue de Jackson n’a eu autant de puissance qu’Earth Song. Peut-être que la précédente la plus proche de nous est « Hard Rain’s a Gonna Fall » de Bob Dylan, une similaire épopée prenant ses racines dans la Bible et le Blues.  Musicalement cependant, Jackson a élevé son hymne à une autre place, mélangeant l’opéra, le rock et le gospel construisant le drame de l’urgence sans égal avec ses prédécesseurs.  L’appel et la réponse climatique avec la chorale d’Andrae Crouch ponctués par les exclamations d’angoisse sans paroles de Jackson sont tout simplement stupéfiants. Earth Song a atteint le sommet des charts dans cinquante pays bien que largement éreintée par les critiques qui ne savait pas quoi faire de ça. Elle défiait l’attitude ironique et l’apathie de la génération X (celle qui a tout eu), elle mettait en doute les questions esthétiques de la chanson populaire où même de la chanson protestataire), avec cet inhabituelle présentation théâtrale. Et elle  appelait à la responsabilité dans une ère d’avidité corporatiste de globalisation   et d’indifférence environnementale. Le cynisme qu’il a rencontré en Amérique en 1995 en dit beaucoup plus sur l’état du pays (où n’a même pas été réalisé un seul single). Ces six minutes et demi de supplications sont révélatrices maintenant plus que jamais.

 

4.)  Wanna Be Startin’ somethin’ :

Une des marques de Jackson comme artiste est sa capacité de fusionner apparemment des styles de musique différents, voire disparates et ce titre sauvagement unique en est le parfait exemple. Startin’ Be Somethin’ contient du funk, du disco, du R&B et de la world music, du rythme africain et du gospel. Comme Billie Jean, c’est une irrésistible danse qui passe aussi pour être profondément originale et excentrique et, rythmiquement complexe. Avec le beat plein d’entrain et frénétique, les paroles disent l’hystérie de la vie moderne, incluant les dépressions nerveuses, les grossesses non désirées et l’être qui mange à volonté «  trop éduqué à avoir plus » chante t-il. Trop conditionné pour redescendre, tu es coincé au milieu. Et la douleur est tonnerre (violente).La percée paroxystique du « ma se ma ma sa, ma ma coo sa » caractéristique de la signature du chant africain est un des plus triomphants moments d’affirmation de la musique populaire. En tout, l’environnement de folie de confusion et d’anxiété qu’il suggère ici, est rédemption et harmonie dans la musique.

 

5.) Man in the Mirror :

C’est la chanson plus que toute autre que le public a écoutée après la mort de Jackson. Vingt ans après qu’elle ait été réalisée, elle a encore plané à la première place sur la liste des singles d’iTunes. Les critiques l’ont souvent prise en défaut par rapport à d’autres définitions des hymnes de l’époque mais cela ne nie pas la place de « Man in the Mirror » dans notre ADN culturel.  Elle s’élève au niveau de « Imagine » des Beatles et « What’s Going On » de Marwin Gaye. Il s’agit d’une musique populaire de grands appels à l’individu et au renouveau social. Jackson injecte dans les paroles de Sheidah Garret, une mystérieuse passion et une énergie spirituelle. Augmentez le son et écoutez les improvisations d’incantations, le majestueux appel et la réponse avec la chorale des chanteurs d’Andrae Crouch, la construction transcendante. Après quelques cinq minutes, cela fait de vous un croyant dans sa charge pour changer le monde. C’est une chanson d’indignation et de droit au pouvoir. C’est indiscutable que c’est une des chansons de déclaration puissamment politique et un des meilleurs hymnes de protestation des années 1990.

 

6.) Morphine :

Cette chanson ira de plus en plus haut dans mon classement. D’une part parce que ce qui fait une grande oeuvre d'art, c'est la capacité de sortir à la lisière de l'expérience humaine, pour la dépouiller de tous les artifices, les subtilités et illusions et les exprimer en quelque chose de brut et vrai.  C'est ce que fait MJ dans cette chanson. C’est une douloureuse et tragique chanson. Mais elle est aussi honnête et courageuse. La chanson assaille l’auditeur dans des vagues de fracas renouvelées, comme si Jackson crachait des insultes intériorisées sous forme de tessons d’acier. Derrière lui nous pouvons entendre  la télévision en marche comme si elle avait été laissée allumée toute la nuit. En fait, ce sont les clips audio du film « Elephant Man » de David Lynch dans lequel un handicapé de l’ère victorienne, Joseph Merrick a été raillé et poursuivi  à cause de son anomalie. C’est fait à la façon de brillantes touches qui rendent le travail de Jackson, irrésistible. Les agressions sonores cèdent brièvement la place à ce qu’on appelle le pont en musique, et par là, à l’effet apaisant par la drogue prise. Pour un moment, c’est la paix et l’évasion. Mais cette évasion se termine en une fin abrupte qui renvoie l’auditeur à l’oppression impitoyable de la réalité.

Audacieusement  expérimental  et émotionnellement puissant, ce titre mérite cette place parmi les meilleures de Jackson.

 

Relaxe
ça ne te fera pas mal
Avant de te piquer
Ferme tes yeux et comptes jusqu’à 10

Ne pleure pas
Je ne te changerai pas
La consternation est inutile
Ferme tes yeux et laisse toi aller (part à la dérive)

Demerol
Demerol
Oh mon Dieu, il prend du demerol

Demerol
Demerol
Oh mon Dieu, il prend du demerol

 

Extrait de Morphine : Michael Jackson

 

7.) Who Is It :

Les comparaisons avec Billie Jean sont aptes à donner la pulsion d’une ligne de basse d’humeur de mauvaise augure pour un sujet d’une sombre substance.  Mais Who Is It est loin d’être la répétition d’une des performances de Jackson. En effet, la chanson est une excellente démonstration de l’évolution de Michael en tant qu’artiste. Ecoutez l'intro de soprano gothique obsédant qui donne d’une façon dense un beat persistant (basé sur le beatboxing de Jackson). Ecoutez la profondeur émotionnelle de la confession narrative augmentée par l’angoisse le souffle et les pleurs.

Ecoutez l’empilement des couches polyrythmiques dans le style trance (psychédélique). Pour quelqu’un qui connaît peu le travail de Jackson post années 80, c’est le meilleur endroit pour démarrer. En six minutes et demie d’exorcisme, Who Is It est la douleur personnelle sublimée par l’art. 

 

8.) Don’t Stop’ Til You Get Enough :

Que n’aime t’on pas au sujet de cette chanson ? C’est elle qui a permis la percée de Michael Jackson  comme artiste solo.

L'intro de basse chuchote pudiquement avec Michael « vous savez, je me demandais … » et a été correctement décrite comme dix secondes de tension parfaite. Le suspense insiste jusqu'à ce que Jackson déchaîne sa signature « oooh »... et la piste se transforme en un kaléidoscope de sons. La chanson est une pure extase à partir de là et ne cesse pas de l’être durant six minutes tandis que le falsetto de Jackson monte avec légèreté, joie et abandon. Elle a ouvert un brillant début d’album qu’un critique a qualifié de « pierre de Rosette » (c'est-à-dire rare comme la pierre du même nom : ndt) pour tout le R&B suivant.

 

9.) They Don’t Care About Us :

Les accusations d’anti-sémitisme ont été hypocrites dès le début. Cette chanson est faite pour expliquer la vérité du pouvoir. C’est un poing levé sonique en faveur de ceux qui n’ont pas de voix (dans la société) :

Tell me what become of my rights:

Dites moi ce que deviennent mes droits, demande t-il.

 Am I invisible cause you ignore me?

Suis-je invisible parce que vous m’ignorez.

Your proclamation promised me free liberty

Votre proclamation (de la Constitution) m’a promis la liberté.

 

Le chorus en contre point est chanté en un rapide staccato de rythmes, au dessus d’un crépitement rythmé comme les scanners de la police et en arrière plan, les cordes menaçantes (comme des chaînes). Une chanson d’indignation et de plein pouvoir et il est indiscutable que c’est la déclaration la plus potentiellement politique de Jackson. Une des meilleures au sujet de la protestation des années 90.

 

10.) Human Nature :

Pour finir, c’est impossible pour moi de choisir entre ces deux chansons. Les deux sont superbement produites, riche en textures, parfaitement chantées et travaillées comme des pierres précieuses : Toutes ces choses sont particulières de la chimie collaborative entre Quincy Jones et Michael Jackson.

Ecoutez l'émerveillement palpable, l'aspiration et le désir, les vibrantes échappées chatoyantes du rêve qu'il évoque. Le vocal incandescent délivrant le langage transcendant. Ce n’est pas par hasard que les deux chansons soient parmi les plus courues du catalogue entier de Jackson, incluant l’interprétation de Miles Davis. Mais nul n’est venu (autant que Jackson) soutenir à ce point  la brillance des originaux.

 

 

« Don’t Be Messin » :

L’histoire derrière l’invasion des démos de l’ère Bad.

 

Cet article a été originellement publié dans Atlantic le 5 juin 2012. Il apparaît ici légèrement modifié dans sa forme.

 

Il s’est passé 25 ans depuis que Michael Jackson a travaillé au Westlake Studio à Los Angeles mettant en 1987 les dernières touches sur son album classique Bad. Aujourd’hui une démo d’une chanson de ces cessions, jamais entendue avant a été finalement présentée au public quand Sony a réalisé la piste originale en single de « I Just Can’t Stop Loving You », pour un hit vendu seul. La face B est une piste moins raffinée mais envahie de rythmes pour ce titre de 1986 appelé « Don’t Be Messin’ Round »

Cette démo sera suivie à l’automne par un matériel non réalisé lors des cessions de Bad. Des sources m’ont confirmé que près de vingt nouvelles démos des cessions de Bad sont prêtes à être considérées en vue d’un album. Cette liste de pistes n’a pas encore été arrêtée et ne sera pas rendue publique jusqu'au plus proche de la date de sortie. (18 Septembre 2012) De toutes les chansons évaluées, cependant, Il y a quelques réelles pépites et un nombre de titres antérieurs inconnus des plus ardents aficionados de Michael Jackson.

Jackson avait la capacité d’écrire et d’enregistrer des douzaines de chansons potentielles pour chaque nouveau projet. C’était spécialement le cas pour l’ère de Bad, une prolifique période dans sa carrière. A un point qu’il considérait qu’il fallait faire un triple album pour donner l’influx de la qualité du matériel utilisé. Une équipe de collaborateurs et directeurs de Jackson, incluant les responsables de l’Estate comme le Vice President de Sony, John Doelp, le producteur Al Quaglieri - qui a surveillé l’excellent coffret de 2004 : « Michael Jackson, The Ultimate Collection » - et l’ingénieur du son Matt Forger, ont creusé pour voir ce qui était viable pour la réalisation de « Bad 25 ».

Le critère utilisé était simple : il fallait que les chansons aient été enregistrées pendant la période BAD (1985-87) et devaient être assez développées pour être ressenties comme une liste complète. L’Estate de Michael Jackson et Sony Legacy ont déterminé de travailler sans enjolivement sur cette période, par contraste avec le premier album posthume « Michael » (2010), lequel a causé une controverse considérable.

En effet, les pistes ont été moins policées mais plus authentiques, plus organiques et plus fidèles de ce que Jackson a laissé derrière lui. En même temps, la critique a loué le documentaire de 2009 « This Is It » ; le but étant de fournir une vision plus intime de l’artiste dans son élément. L’auditeur par essence est transporté dans le studio avec Michael Jackson tandis qu’il travaillait à une variété d’idées musicales qui aurait du donner suite au meilleur album vendu de tous les temps.

« Don’t Be Messin » illustre bien le concept. Dans la piste nous pouvons entendre Jackson donnant des instructions sur les parts instrumentales, dictées vocalement, organisant ou par l’accentuation des mots et ajouts de percutions, ou improvisant de nombreuses fois sur des paroles inachevés.

-  Une des principales intentions est de montrer que ce sont des mots en progression, a dit Matt Forger, ingénieur du son, ami et collaborateur de longue date de Michael Jackson.

Pour tirer le rideau : voir réellement Michael dans son environnement naturel, a quel point il dirige, et son sens de l’humour et sa concentration. Le produit fini est alors volontairement inachevé et spontané.

  • Vous pouvez l’entendre juste lui s'amuser. Son esprit et son émotion sont totalement là, a dit Mat Forger.  Il s’y connaît en démos, il n’a pas à être totalement parfait dans son exécution. Ainsi il est libre. Alors il improvise, danse et chante, claque des doigts ou frappe dans ses mains. Vous l’entendez simplement se divertir lui-même.

Jackson a commencé à écrire Don’t Be Messin, durant les sessions de Thriller avec l’ingénieur du son Brent Averill. Autour de ce temps, il a travaillé sur une variété d’idées musicales, incluant les démos de P.Y.T et de Billie Jean. La particularité de Don’t Be Messin’ est que Jackson joue lui-même au piano. (Il pouvait faire beaucoup plus que ce que les gens ne l’ont jamais imaginé ou su, a dit Mat Forger).

Il a aussi produit, arrangé et guidé de nombreuses parts instrumentales, incluant la « cinematic Strings » (bibliothèque virtuelle de sons : ndt), et la part piano de Jonathan Maxey pour le pont de Don’t BeMessin et les variations (licks en anglais) de la guitare funky de David Williams. Finalement, Don’t Be Messin, n’a pas été entièrement développée et donc beaucoup de ces puissants matériels ont servi pour Thriller. Jackson a décidé de mettre la chanson en attente en ayant à l’esprit de la revisiter pour son prochain album.

  • C’était la manière dont Michael développait ses idées et ses chansons, explique Forger. Il laissait la chanson se développer dans son propre temps. Quelques fois, l’une d’elle n’était pas prête ou n’allait pas parfaitement avec le caractère d’un album ou d’un projet. Et ça pouvait attendre dans les limbes. Et même à un certain point du projet ou de l’album, il la retirait à nouveau. Dans le cas de Don’t BeMessin, le titre n’a refait surface qu’en 1986 au début des sessions sur scène de Bad. Jackson a travaillé sur la chanson, principalement avec les ingénieurs Matt Forger et Bill Bottrell dans ce qu’il appellait le « laboratoire » surnom pour le studio rénové de Hayvenhurst, (maison familiale des Jackson : ndt). Comme c’était typique du rythme des titres de Jackson, la chanson était plutôt longue : pas moins de huit minutes en phase de début. Michael aimait qu’une chanson soit longue, a affirmé Forger. Il aimait ça pour le sens, afin  de danser avec elle. Chose la plus importante parce que quand Michael sentait la musique s'édifier en lui et qu'elle le faisait danser, cela signifiait que c’était dans la poche !

Les grooves de Jackson, cependant, étaient inhabituels parce qu’ils manquaient souvent de répétitions prévisibles tant en danse qu’en musique. Ils étaient  toujours surprenants avec leurs étranges échantillons de rythmes, textures et nuances.

  • Quelques unes des versions longues de Don’t Be Messin’ sonnaient réellement de manière intéressante parce qu’il se passait différentes choses en différentes sections, a expliqué Matt Forger. Ce n’est pas réellement comme si vous étiez assis ici pour huit minutes, en pensant que c’était terriblement long, parce que toutes les choses qui se passaient dans ce laps de temps vous donnaient envie de dire : « Yeah c’est cool ». C’était vraiment satisfaisant d’écouter le rythme.
  • Couper la chanson était un processus vraiment brutal pour Jackson, spécialement les intros ou la fin. Pourtant sur d’autres chanson de l’album Thriller ou Bad, Jackson  a essayé de les réduire dans une échelle de quatre à cinq minutes, idem pour Don’t Be Messin’.

Jackson a continué de travailler sur la chanson à la fin de l’année 1986, à la fois, à son studio de Hayvenhurst et au Westlake. Une fois que Quincy Jones a été à bord, un sérieux rognage a commencé et Don’t Be Messin’ a été laissé sur le sol de la salle de découpe. Jackson a retiré la chanson encore une fois, durant les deux sessions de Dangerous et de HIStory pour la mettre à jour et ajouter de nouveaux éléments. Clairement, c’était une chanson qu’il aimait. Mais pour finir, elle n’a jamais trouvé de place.

La version que Matt Foger a mixée est la dernière sur laquelle Jackson a travaillé durant les sessions de Bad en 1986. Foger a senti que c’était la version la plus pure et émotionnellement satisfaisante.

LE TOP 10 DES CHANSONS DE MICHAEL JACKSON AU GRÉ DE  JOSEPH VOGEL ainsi que L’histoire derrière l’invasion des démos de l’ère Bad.

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