Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
MICHAEL JACKSON et Les personnages à avoir marqué le XXème siècle

PRINCE ÉTAIT UN GÉNIE - MICHAEL JACKSON ÉTAIT UN GÉNIE.

23 Avril 2016, 11:01am

Publié par motspourtous

PRINCE ÉTAIT UN GÉNIE - MICHAEL JACKSON ÉTAIT UN GÉNIE.

Prince, Michael Jackson ont tous les deux connu le succès dans les années 80, devenant de véritables légendes dans les années 90. Leurs décès,  soudains, ont été pour beaucoup de fans vécus comme «la fin d’une époque». 

Seulement, depuis le décès de Prince, jeudi dernier, on voit fleurir dans la presse des éternelles comparaisons entre PRINCE et MICHAEL JACKSON, mais souvent au détriment de Michael.

Qu'est-ce que L’information  ? Elle est née de cet accord contractuel entre événement, journaliste et public. Ce qui veut dire que le journaliste doit avoir comme première exigence un double respect : respect de l’événement et respect du public.

Or, nous assistons à un cirque grotesque de curiosités à la Barnum, qui cache, depuis plusieurs siècles mais encore davantage depuis que des intérêts financiers sont en jeu, une vaste bataille identitaire et culturelle d'échanges, d'emprunts, d'appropriations. Explique Isabelle Petitjean, diplomée de l' Université Paris-Sorbonne, professeure de musicologie et  auteure de "LA CULTURE POP AU PANTHEON DES BEAUX ART " Dangerous, de Mark Ryden à Michael Jackson.

 

Si vous êtes intéressés par une information absolument précise et objective ; Lisez cette lettre ouverte à la presse,  rédigée Par Isabelle Petitjean

 

Mesdames et Messieurs les journalistes professionnels,

En tant que musicienne, professeure de musique et musicologue, je suis atterrée depuis l’annonce du décès de Prince hier soir, par la teneur des propos que vous distillez dans la presse écrite et dans la presse télévisée. Les soi-disant critiques éclairés et autres spécialistes, ou non, qui prennent la parole tour à tour pour évoquer cette disparition, ont une tendance croissante à ne tourner leurs interventions – faute d’analyses consistantes sur son œuvre, ou de recul par rapport à ses apports dans les musiques populaires – qu’autour d’une comparaison factice entre Michael Jackson et Prince, et ce, toujours au détriment du premier.

Vous devriez savoir, puisque vous en êtes les instigateurs, que ces comparaisons fort datées à présent, n’ont été fabriquées et entretenues qu’à des fins mythologiques et commerciales, et qu’il est complètement aberrant de comparer ce qui n’est pas comparable. L’objectivité qu’exige votre profession voudrait que vous teniez des propos objectifs et circonstanciés, voire contextualisés, plutôt que des ragots et des batailles de gang de cours d’école. On ne compare pas Georges Aphergis à Steve Reich, ni même Mendelssohn à Chopin, car chacun a apporté sa pierre à l’édifice de la musique, et tous ne donnent pas dans le même registre. On ne compare surtout pas en dévalorisant l’un par rapport à l’autre, quel qu’il soit. Vous devriez le savoir un tant soit peu, nul n’est besoin d’être musicologue pour cela, Michael Jackson ne faisait pas la même musique que Prince. On aime, on n’aime pas, on préfère ou pas. Mais nous, vos goûts, vos partis-pris, ne nous intéressent pas. L’un faisait essentiellement de la pop et l’autre essentiellement du rock. Et cela va plus loin. Derrière ces vagues étiquettes empiristes et commerciales se cachent des méthodes de travail bien différentes. À la sophistication et aux longues heures de travail en studio qu’impose la pop méticuleuse d’un Jackson (fort doué également en authenticité et en instantanéité) s’oppose la force d’authenticité et d’instantanéité d’un Prince génial (et tout autant méticuleux). Lorsque l’un édite 6 albums, l’autre en édite 30 (1979-2001). Pensez-vous que cela ne tienne que du mutisme et de la logorrhée ? Voyons, voyons… soyons sérieux…

Vous vous permettez de comparer, toujours au détriment de Michael Jackson, la maison de l’un et de l’autre, le nombre de tweets des fans (est-ce vraiment intéressant ? et bien objectif, à 7 ans d’intervalle ?), la capacité de l’un à jouer 25 instruments quand l’autre, selon vous, ne composait pas, n’écrivait pas, ne jouait « rien ». Vous saurez, Messieurs et Mesdames les responsables de l’information – donc de 66 millions de cerveaux dont vous avez la charge et la responsabilité, via vos propos, et qui paient chèrement la redevance pour financer vos programmes – que Michael Jackson composait l’essentiel de ses chansons, écrivait ses textes, était percussionniste et batteur et que son principal instrument, bien plus riche et multi-instrumentiste que ce que vous pouvez à peine imaginer, était sa voix, sans même parler de son corps. Non, Michael Jackson n’était pas jaloux de Prince le musicien, contrairement à ce que France 2 a jeté à la figure de millions de Français ce matin… Drôle de responsabilité que d’instiller ce genre de mensonges… Non, pour reprendre l’emprunt qui a été fait à Gainsbourg, Prince n’a baisé personne, et surtout pas Michael Jackson. Sans doute est-ce encore une preuve que les bons mots et le sensationnalisme prennent chaque jour davantage le pas sur la vérité et la qualité.

Ces deux artistes se respectaient mutuellement. Ils s’informaient de leurs productions respectives et, là où vous entretenez des fantasmes de concurrence, ils vivaient, eux, une émulation. Un artiste ne produit jamais rien « contre » (ne dit-on pas « contre-productif » ?). Ils se sont rencontrés souvent, y compris peu avant le décès du premier en 2009 et les légendes concernant le refus du duo « Bad », l’absence de l’un pour la chanson « We Are The World » (mais sa présence, souvent oubliée sur l’album, quand même) ou que sais-je encore, ne sont que ragots pour magazine d’ados et presse à scandale. Est-ce dans ce registre que vous donnez ?

Et à propos de couleurs… Le racisme anti-MJ que vous professez, 7 ans après sa disparition (dont vous n’avez visiblement tiré aucune leçon) - car oui, il s’agit bien de racisme - me semble de la même teneur que les moqueries que les enfants se répètent entre eux dans les parcs sans comprendre ce qu’ils disent. Car vous devriez savoir, enfin, que derrière cette pseudo-concurrence entre Prince et Michael Jackson, se cachent, aux États-Unis, des enjeux raciaux et culturels.

Eh oui… Si vous regardez de près, ce qui devrait être au coeur de votre métier d’investigation, l’évolution d’apparence entre les deux artistes en termes d’androgynie, de lissage de cheveux, de traits fins et de couleur claire (le type caucasien donc) est totalement parallèle. Mais, si Prince n'a jamais posé de problèmes en termes d'identité raciale aux USA, c’est parce qu’il est né métisse et assez clair de peau, et n’a pas souffert d’une maladie mélanique. Si, comme Michael Jackson, il s’est toujours affirmé Noir Américain, il a toujours été considéré en tant que tel, sans discussion, par les médias, à l’inverse de l’autre, que les conditions de santé ont contraint à des choix d’apparence. Connaissez-vous la loi de la « One drop rule » ? Renseignez-vous.

Sachez aussi que ces étiquettes musicales sont très liées, aux États-Unis, aux questions d’appartenance raciale, de fierté ou de reniement par sa propre communauté. Les affinités de Prince, rock funk, sont, là-bas encore davantage qu’ailleurs, synonymes de virilité, de révolte et de sexualité assumée, selon les clichés en vigueur. Il est une fierté noire parce qu'à l'inverse d'un MJ qui, toujours selon ces mêmes clichés, se serait assujetti à une pop considérée comme blanche et aurait trahi les siens en vendant tant sinon plus aux Blancs qu’aux Noirs, Prince a ramené le rock dans son giron noir. Connaissez-vous la Black Rock Coalition ? Renseignez-vous.

Enfin, à l'inverse d'un MJ qui était enfantin, discret et mystérieux sur le sujet, Prince a toujours eu une image adulte et une sexualité affichée, voire débridée, répondant à ces mêmes critères de fierté communautaire, que même ses aspects androgynes n'ont pas mis en péril.

Grâce à vous, qui reprenez, derrière vos comparaisons dénaturées, des clichés liés à des clivages raciaux ancestraux, nous continuons d’assister, en 2016, à un cirque grotesque de curiosités façon Barnum. Un cirque qui cache, depuis plusieurs siècles mais encore davantage depuis que des intérêts financiers sont en jeu, une vaste bataille identitaire et culturelle d'échanges, d'emprunts, d'appropriations. Vous êtes complices et faîtes preuve, vous qui êtes si ouverts, si tolérants, défenseurs de la différence, de la liberté d’expression, de l’altérité et que sais-je encore, d’un racisme insupportable, cynique et éhonté, qui va à l’encontre des idéaux que vous prétendez représenter.

Vous êtes ces mêmes justiciers de l’égalité sociale et raciale, ces protecteurs de la veuve, de l’orphelin et de l’handicapé, qui continuez à lyncher publiquement, 7 ans après et sous prétexte de comparaisons erronées, un idéaliste pur et dur, un enfant des droits civiques, admirateur de Martin Luther King, de Malcolm X, de Gandhi, adepte de l’égalité, de la paix et de la véritable non-violence, certes utopiste, mais qui, mieux que vous, mettait en accord ses actes avec sa philosophie. Vous avez contribué et continuez encore à le faire, en profanant sa mémoire, à martyriser et à tuer encore et encore l’un de ceux que vous dîtes rêver, attendre, chercher en vain sur cette planète. Vous êtes contre la peine de mort et le terrorisme, mais vous tuez cet homme symboliquement 10 fois par jour, le sourire aux lèvres, et vous imposez un fanatisme idéologique qui vous échappe, et que votre ignorance, ou vos faux-prétextes d’ouverture d’esprit et de pseudo-analyses de l’information, n’excusent en rien.

Prince était un génie. Michael Jackson était un génie. Visiblement, vous n’êtes ni des génies de l’information ni des génies de l’objectivité. Et pire, vous êtes irresponsables face au monde que vous êtes payés pour « informer ».

 

Voir les commentaires

MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .

20 Avril 2016, 12:36pm

Publié par motspourtous

MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .
MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .
MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .
MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .
MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .
MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .

Le style de Michael Jackson et sa gestuelle sur scène ont rendu heureuses des centaines de millions de personnes, il avait une disposition naturelle, pense-t-on, à réveiller des émois primitifs chez son public.

Dès 1895, Gustave le Bon désignait cette qualité par les mots « prestige inné ». Max Weber, fondateur de la sociologie, lui préféra le terme «  charisme », dérivé de Charis, la déesse qui incarnait la beauté, la perfection (du grec Kharisma, « faveur » ou « don » d’origine divine). Les Romains appelaient facilitas le pouvoir charismatique du héros et estimaient également qu’il était conféré par les dieux. Dans la religion chrétienne, et notamment selon saint Paul, le charisme est encore une fois considéré comme un don de Dieu sous la forme du Saint-Esprit. Le charisme, écrit Max Weber, est «  la qualité extraordinaire d’un personnage, qui est doué de forces ou de caractères surnaturels ou surhumains ou encore, qui est considéré comme envoyé par Dieu. C’est le début d’une longue série d’affinités entre la religion et la célébrité. Weber parle de trois personnages charismatiques : le chaman, le prophète et le politicien. Il faudrait en ajouter un autre, la Star.

Dans une série d’articles et d’ouvrages publiés,  le psychanalyste américain Heinz Kohut reprend cette idée. Il étudie notamment la figure du « leader charismatique ». Quand il entreprend ses recherches sur les troubles du narcissisme, il remarque assez tôt des similitudes entre certains de ses patients et les leaders charismatiques évoqués par Max Weber.

Face à une célébrité, les spectateurs se sentent souvent excités ou bouleversés intérieurement. Cet étrange pouvoir leur permet de provoquer un mouvement de régression psychique chez celui ou celle qui les contemple. Napoléon empereur avait cette capacité d’emmener toute une armée se faire tuer en son nom. Mais il semblerait que, dès le début de sa carrière militaire, alors qu’il était encore inconnu, Bonaparte possédait déjà ce don de commander les généraux les plus retors. Face à un leader charismatique, la foule peut se sentir pleine de forces et de fierté ou bien faible et dépendante. C’est pour cela que l’on compte parmi eux des individus aussi héroïques que Churchill et aussi destructeurs qu’Hitler. Les stars pourront être les deux à la fois. Le leadership (l’influence sur un groupe)  peut être une source d’inspiration magnifique et un outil funeste aliénant.

 

MICHAEL JACKSON et LE POUVOIR ÉROTIQUE DE LA SCÈNE .

Dans le cas de Michael Jackson, on sait bien qu'il avait lu de très nombreux livres de stratégie, dont celui des 48 lois du pouvoir qu’il avait annoté.

Résumé du livre : Le pouvoir on le désire, on le craint, on s'en protège.

« Le sentiment de n'avoir aucun pouvoir sur les gens et les événements est difficilement supportable : l'impuissance rend malheureux. Personne ne réclame moins de pouvoir, tout le monde en veut davantage ».

Amoral, intelligent, impitoyable et captivant, cet ouvrage colossal condense 3000 ans d'histoire du pouvoir en 48 lois. Véritable manuel de la manipulation, il analyse la quintessence de cette sagesse millénaire, tirée de la vie et des œuvres des plus illustres stratèges (Sun Zi, Clausewitz), hommes d’État (César, Louis XIV, Bismarck, Talleyrand), courtisans (Castiglione, Gracián), séducteurs (Ninon de Lenclos, Casanova) et escrocs de l'histoire.

Biographie de l'auteur

Souvent comparé à Machiavel, grand penseur Italien de la Renaissance, Robert Greene est diplômé de l'université de Berkeley, Californie, en Lettres classiques. Né en 1959, écrivain, il parle plusieurs langues couramment, dont le français.

Consciemment  Michael hypnotisait ses spectateurs et rendait la foule euphorique. Son charme lui conférait le pouvoir de faire éprouver des émotions particulièrement fortes, des passions d’ordre sexuel, d’amour .... Sur scène il se  branchait sur les inconscients dans un flux direct d’énergie sexuelle. Par sa capacité à fasciner et à manipuler l’excitation et la libido, il faisait appel aux sentiments inconscients de son public, ce qui induisait chez le spectateur cette dimension mystérieuse de l’attrait, difficile à décrire autrement que comme une vague de vives émotions venant d’on ne sait où. Comme la star se situe dans le registre de l’art et du jeu, les mécanismes primitifs et infantiles existant chez les spectateurs sont mobilisés.

En reliant le charisme à l’extase, Weber avait déjà mis en lumière la libération sociale, psychologique et économique provoquée par ces « êtres au-delà de la raison et de la maîtrise de soi ». Le leader est un modèle de libération proche du divin, qui rend possible la liberté. Il est par définition transgression.

En somme,  le charisme est une puissance révolutionnaire. Cette énergie, cette attractivité insensée, à l’odeur du sexe. La part dionysiaque du charisme est primordiale. (L'adjectif « dionysiaque » peut faire référence au culte, aux fêtes, aux scènes, à l'iconographie, etc. qui se rattachent à Dionysos et, par extension, à un caractère, un comportement ou un état d'esprit.)  Comme les ménades grecques qui accompagnent Dionysos dans ses bacchanales.  (les Ménades sont possédées par l'esprit (la "mania") du dieu Dionysos.  Parmi les mortels, les Ménades sont des femmes, prêtresses de Dionysos puis, dans le monde romain, celles qui participent, sous le nom de Bacchantes, aux fêtes orgiaques en l'honneur de Bacchus, les Bacchanales.)

Le processus charismatique pour les " bêtes de scène " est avant tout un mécanisme d’excitation émotionnelle et sexuelle.

Mais il faut constamment s’en remettre à la foule anonyme des spectateurs, chercher la martingale du succès assuré, voilà la tâche éreintante, incertaine de la star.

Véritables philtres d’amour, les stars ont une forte composante sexuelle ; une force de séduction incommensurable jaillit d’un corps, une décharge sexuelle sans précédent.  Cette énergie se voit, se sent, se communique. Les regards sont happés. Les corps entrent en transe. Pas de célébrité sans une surcharge se stupre. C’est pourquoi la provocation sur scène est un label.

Il est ainsi facile de comprendre que  la célébrité contient une part plus ou moins grande de falsification, et que l’image projetée en grand de la star repose en partie sur des artifices – lesquels pourront avoir des conséquences plus ou moins grave par la suite. Sous cet angle, la renommée est une sorte de mensonge, de leurre. C’est du subjectif à l’état pur. Le mythe est généré par la minutieuse construction d’une légende, un « mensonge héroïque » qui, plus tard pourra être vécu par la star elle-même comme une douloureuse imposture, soit un sentiment de perte d'identité qui va aller en s'accentuant. Cruel paradoxe pour  Michael qui avait l’espoir d’affirmer qui il était.

C'est sympa si les filles pensent que je suis sexy, mais je ne me trouve pas sexy. C'est juste de la fantaisie - J'aime rendre mes fans heureux - Ainsi, je pose et je danse de sorte qu'ils me croient romantique. Mais je ne le suis pas.

Taraborelli dans son livre "The Magic and the Madness".

Voir les commentaires

Les interactions parasociales entre Michael Jackson et ses fans.

14 Avril 2016, 12:05pm

Publié par motspourtous

Si les journalistes comptent parmi les bourreaux de Michael jackson, qu'en était-il de ses fans ? La gloire, le statut de grande star, l'amour et le culte des fans ont un prix : Loin d'adoucir les souffrances et le martyr de la vedette ils les augmentent.

C'est quoi être fan ?

Les relations parasociales (c’est-à-dire les relations à sens unique qu’entretiennent les fans avec les célébrités)  peuvent avoir une importance psychologique pour celui qui les vit. De ce fait il est estimé que les relations parasociales sont une partie normale du développement social et affectif  ( les stars elles-mêmes ont rêvé d'autres stars).

Pour le psychologue James Houran, les célébrités pourraient être comparées à une drogue, un fix que l’on se ferait facilement.
La plupart du temps, cette envie d’un petit shoot serait plutôt naturelle : Notre intérêt pour les célébrités serait quelque chose d'inné : Il proviendrait d'instincts qui ont évolué pour assurer notre survie. Et il semble que, loin d'être une maladie moderne, le culte des célébrités remonte à très longtemps. 

Le mythe de la star ne se retrouve pas uniquement chez les fans de musique Pop ou rock ; nous le retrouvons tout autant chez les adeptes de musique classique, surtout de l'opéra. Ce qui diffère d'un type de musique à l'autre sont les bases, les croyances et valeurs sociales auxquelles les fans s'identifient et qui définissent chacun de ces types de musiques. La plupart des mélomanes de musique classique vont refuser ouvertement d'admettre qu'ils s'identifient à leurs artistes préférés, qu'ils possèdent leurs stars comme cela semble être le cas avec les fans de rock ou de la Pop.

Considérer qui que ce soit comme une star est en soi s'identifier à celle-ci et au mythe qu'elle véhicule, indépendamment du type de musique. Lorsque nous défendons ouvertement un artiste que nous respectons et apprécions ou que  nous défendons nos goûts musicaux, nous faisons référence à quelque chose que nous considérons comme vrai. Par conséquent, nous la faisons nôtre. Ce à quoi nous nous identifions lorsque nous apprécions un artiste et le considérons comme une star n'est pas la personne même,  mais l'image et la symbolique que cette personne véhicule et qui définissent justement ce statut de star et d'artiste. Les fans d'une star ne peuvent connaître personnellement leur star. En fait, leur identification mythique risquerait  fortement de de désagréger s'il la connaissait et s'en faisait un ami réel. C'est le fossé symbolique psychosocial qui maintient et nourrit ce mythe.

En réalité, ce que les fans possèdent est uniquement une identification, une image culturelle, mais, il ne faut pas oublier, une image qui apporte aux fans une forme de transcendance, à partir de laquelle un mythe s'instaure. Plus il y a transcendance, plus le mythe s'instaure dans l'esprit des fans. Mais plus cette possession est partagée par d'autres fans, plus le mythe prend tout son sens. D'autre part,  L'oeuvre se déroule dans le temps ; elle nous envahit, nous submerge et ce, grâce à l'artiste. Une telle identification est beaucoup plus poignante et intense. L'artiste répond à nos attentes, à nos cris et à nos applaudissements, ce qui obligatoirement intensifie et nourrit l'expérience esthétique alors ressentie.

Ce lien avec la star se fonde sur l'idéalisation : admirée, parée de sa perfection et de son invulnérabilité, la vedette est mise à la place de l'idéal non atteint du sujet. C'est donc un détour pour satisfaire et glorifier son propre narcissisme, c'est une projection de soi, sublimée qu'on adore.

Les interactions parasociales entre Michael Jackson et ses fans. Les interactions parasociales entre Michael Jackson et ses fans.

Pascal Obispo grand Fan de Michael Polnareff :)

Que ressentiriez-vous en enfilant le gant de Michael Jackson, son chapeau, ses vestes,  mis aux enchères après sa mort ?   La plupart des fans chanceux qui font l'acquisition de tels objets sentent qu'une partie de la personnalité de la célébrité se diffuse en eux. Le psychologue George Newman et ses collègues, de l'université de New Haven, ont montré que la valeur accordée à ces objets, qui peut atteindre des millions d'euros, est associée à l'idée d'une contagion entre l'ancien propriétaire et le nouveau. Quelque chose d'impalpable et d'inquantifiable,  ►esprit◄ ou ►présence◄, passerait ansi à travers l'objet.

G.Newman a demandé à des participtants d'imaginer différents objets ayant appartenu à leurs célébrités préférées. Les personnes devaient exprimer leur désir éventuel d'acquérir ces objets. Puis, les expérimentateurs leur livraient de prétendues informations sur les contacts physiques que la célébrité avait eu avec eux. Ils ont constaté que les personnes interrogées étaient prêtes à payer d'autant plus cher l'objet que la célébrité l'avait beaucoup touché.

Que se passe-t-il dans l'esprit humain, pour qu'il désire posséder un objet que leur star admirée ou aimée a touché ?

Des études anthropologiques ont montré que dans de nombreuses sociétés anciennes existe la croyance en un transfert de l'identité d'un individu,  dans certains de ses objet. ce transfert semble lié à la fréquence des contacts physiques entre la personne et l'objet, comme l'a confirmé cette expérience. Toucher l'objet qu'a si souvent effleuré une célébrité annule l'espace qui nous en sépare, ne laissant entre lui et nous que l'abîme du temps.

Mais comment les stars vivent-elles la célébrité ?

Des personnes qu'ils ne connaissent absolument pas les saluent, les hèlent, les touchent, les  embrassent. Des atroupements se forment. Le monde est  une scène gigantesque qui ne leur  laisse pas de répit. Ils n'ont pas le choix...C'est ce que les psychosociologues appellent les interactions parasosiales . Grâce à une exposition médiatique fréquente, les spectateurs en viennent à croire qu'ils connaissent une célébrité malgré l'absence de communication directe. Une relation parasociale est donc intrinsèquement asymétrique. Les relations qui se tissent entre une star et son public sont en effet d'une grande singularité. Ce fan qui se rue sur l'artiste, il le connaît par coeur (ou en tout cas le croit), mais pour la célébrité c'est un parfait inconnu. Quelle étrange situation !

Les vedettes sont des étrangers intimes . Les spectateurs ont tendance à imaginer que les relations affectives qu'ils ressentent si puissamment sont réelles. Le comportement de la célébrité et les événements qu'elle traverse dans sa vie provoquent chez les fans des sentiments et des émotions proches de ceux qu'ils éprouvent dans la vie réelle. Or, la relation fantasmée avec une célébrité peut devenir prépondérante pour certaines personnes, et même dominer leur vie. Elles consacrent alors beaucoup de temps à leur star favorite et son susceptibles de tenter par tous les moyens de l'approcher. Pour le fan, c'est une joie de rencontrer l'objet de son attachement. Pour la célébrité, au contraire, c'est une dissonance affective particulièrement désagréable qui surgit, et qui peut entraîner un malaise profond.

Que les stars aient affaire à des fans sympathiques qui, une fois rassemblés en foule, deviennent monstrueux, ou à de véritables persécuteurs, elles ont de nombreuses raisons de craindre pour leur sécurité. Elles observent le déchaînement dont elles sont la cause et comprennent rapidement que les spectateurs venus les voir, les toucher, et même leur arracher leur chemise, pourraient un jour les dévorer toutes crues !

Quelque fois, des boucliers psychiques sont mis en place inconsciemment par la star : Les phobies, la paranoïa, par exemple, peuvent se comprendre comme des défenses que le psychisme déploie pour fuir et se protéger.

 

Voitues leurres, itinéraires secrets, tout est bon pour échapper à la foule.

Si fort heureusement toutes les célébrités ne se font pas attaquer, elles n’en restent pas moins en danger permanent. Les stars sont des sortes de télépathes. Elles entrent au plus profond de la psyché humaine et agissent comme un puissant levier dans la matière même du désir et du fantasme. Elles touchent tout le monde et notamment les plus fragiles, y compris ceux pour qui le sentiment passionnel peut se transformer en érotomanie meurtrière.

La plupart des fans de Michael  adoptaient des comportements somme toute assez conventionnels : demande d’autographe, de photos, échange de quelques mots. Dans la grande majorité des cas, MJ acceptait les conduites de son public. Il les considèrait comme une partie légitime de sa vie.

Mais l'idéalisation  (idéalisation traduisant une maturation  inachevée) à outrance à laquelle se livrait parfois son public a pu devenir elle-même insupportable. Cette surestimation a pu lui  sembler tout à fait obsène si sa tête restait froide et résistait au gonflement : Quoi de plus embarrassant que des gens qui se jettent sur vous en tremblant et en vous parlant comme à un Dieu ?  Quand on atteint le statut de Dieu vivant ;  c'est peut-être l'imposture la plus douloureuse. Michael savait bien, lui, qu'il n'était pas omniscient. Toutes ces "foules sentimentales" le prenaient manifestement pour quelqu'un d'autre.

S'ajoute à cela un phénomène collectif. Etre au milieu d'une foule entraîne une régression de l'individu et de ses capacités : le sens des responsabilités et la conscience morale ont tendance à s'estomper. Il existe une contagion entre les individus, sur suggestibilité de chaque spectateur qui fait de lui  ►comme un hypnotisé aux mains d'un hypnotiseur◄ . La star renvoie à chacun de ses fans une « attention illusoire ».

Pour les fans, Il y a un état proche de l'hypnose pendant un concert : une forme de transe s'installe, avec une modification de la vigilance, de l'état de conscience et du contact avec la réalite. Cet état s'accompagne d'une inhibition de la pensée et d'une exaltation des affects. Ces émotions, ces pulsions sont puissamment sollicités et exacerbées par la musique, qui agit ainsi directement et profondément sur le corps.

Les tournées de Michael Jackson sont les plus chaudes et les plus folles du monde. Il se déchaîne littéralement sur l'ensemble de ses représentations et les fans ne se trompent pas : "C'est quand même Michael Jackson qui danse le mieux, c'est le meilleur de tous, je n'ai jamais vu ça de ma vie, il m'a redonné la vie, c'est un saint..." "Il est le meilleur et bien sûr, je suis amoureuse de lui... il n'est pas comme les autres, il est différent..." "C'est le meilleur chanteur, il est fantastique, finalement le rève de tous les hommes, c'est d'être un soir seulement Michael Jackson..."  le public est tellement en folie que des spectatrices s'évanouissent et le service de sécurité est obligé d'intervenir.
Hummm, Michael  n'est  pas apeuré...  en général il est trés zen, il est habitué et pour cause (depuis tant d'années!)...Il reste toutefois attentif et concentré sur tout ce qu'il voit...Tous ces fans qui crient dans tous les sens et qui lui communiquent 100 messages à la fois... En général il aime ça et parfois il trépigne.

En concert les Pop Star, font l'amour avec 70 000 personnes, ces épisodes représentent les moments les plus intenses et les plus violents sur le plan des émotions mais aussi en terme de perception du temps et de l'espace. Seule l'intensité du moment semble compter. c'est une sensation d'exaltation, d'infini, ..La scène déclenche à chaque fois comme un ► shoot de narcissisme◄ qui  laisse pantelant. La star se sent comme aspirée par une satisfation sans réserve, un plaisir sans limite, une fusion avec le monde.  L'excitation est telle, l'adrénaline atteint un tel niveau, qu'en sortant de scène ils sont  prêts à tout et à n'importe quoi, sauf à aller se coucher !   Il faut alors pouvoir amorcer la descente en douceur. Après le concert, les stars  rentrent seules à leur hôtel, et puis elles passent beaucoup de temps à attendre, à voyager d'une ville à l'autre, à parcourir d'interminables kilomètres, pour rejoindre la ville qu'elle feront trembler dans quelques heures.  ...."Le robinet d'adrénaline est ensuite impossible à fermer" avoue Jimmy Page. ( En 2011, le magazine américain Rolling Stone le classe troisième derrière Jimi Hendrix et Eric Clapton, dans le palmarès des 100 meilleurs guitaristes rock de tous les temps.)

 

Le paradoxe de l’ultra-célébrité, c’est la violence psychologique et malheureusement parfois physique, à la démesure de l’amour du public. Quelquefois, la joie de rencontrer leur idole gagne tellement certaines groupies qu’elles dépassent les bornes.

L’ambivalence amour/haine, idolâtrer/détruire, implique aussi le désir de rendre l’inaccessible enfin accessible : pouvoir atteindre la star équivaut dans l’inconscient à un fantasme d’appropriation par dévoration.

Certains admirateurs extrémistes peuvent devenir de dangereux harceleurs, parfois des tueurs.

(L’équipe de sécurité personnelle de Michael Jackson, restait à ses côtés presque 24 heures sur 24, faisant souvent office d’unique rempart entre le monde extérieur et un roi de la pop obligé de s'isoler, de se cacher, de se déguiser pour ne pas être reconnu).

Selon les psychologues, 

les stars induisent des passions et révèlent la folie des hommes.  Ils ont observé chez des sujets vulnérables sur le plan narcissique, une forme d’identification extrême, à la limite de la confusion identitaire. Comme s’ils voulaient emprunter de force le « double célèbre » qui ne leur appartient pas.

Des passages à l’acte disent-ils,  se développent sous la forme de comportements inhabituels tels que la recherche de contact à tout prix, les visites intempestives au domicile de la star, l’envoi de messages obscènes ou menaçants, les montagnes de cadeaux, des lettres d'amour….Après cette phase d’attente et d’espoir vient classiquement la phase de dépit, qui peut dans certains cas aboutir à l’attaque physique ou au désir de meurtre. Il n’est pas facile de définir à partir de quel moment le fan devient fou ! La plupart des auteurs conviennent que l’on peut parler de harcèlement quand le comportement du fan est intrusif, persistant, et qu’il engendre la peur chez la victime. Alors une relation pathologique passionnelle s’est insidieusement installée, proche du délire érotomaniaque, dans lequel le sujet aime seul un objet ayant perdu toute réalité, complètement imaginaire et dont il se croit aimé.

Ils avancent  sans craindre d’exagérer, que chaque personnalité un peu connue traîne après elle un ou plusieurs persécuteurs. C’est la partie sombre de la gloire et les conséquences sur la vie de la célébrité élue comme objet de fascination peuvent êtres épouvantables.!!!

Le harcèlement oblige les stars à se cacher de plus en plus, à déménager régulièrement et à faire appel à des gardes du corps. C’est un calvaire qui paraît sans fin. Le concept de celebrity worship syndrom, quant à lui, rend compte du caractère obsessionnel et addictif du comportement intrépide de certains fans. Les psychologues américains ont même mis au point une échelle de la dévotion baptisée celebrity attitude scale.

Lorsque le sentiment d’identité est défaillant chez le fan, il est poussé à emprunter l'identité de la star. Le phénomène d’identification s’emballe et devient une aliénation qui lie les deux protagonistes. Face à deux êtres identiques, une solution s’impose : un des deux,  doit disparaître. Marck David Chapman, le meurtrier de John Lennon , lui vouait un culte sans bornes. Il s’était même marié avec une femme d’origine japonaise pour imiter son idole. ( Petit rappel : Le 8 décembre 1980, à 22h52, devant le Dakota Building, près de Central Park, John Lennon reçoit quatre balles de revolver tirées par Mark David Chapman. Un fan pressant, trop pressant, qui l'avait déjà abordé et avait obtenu une signature... Meurtre en quatre temps venus en écho - et en point final - à la voix de Lennon qui ressassait "shoot me" avant chaque couplet de "Come together"...  A l'arrivée de la police, Chapman était assis non loin du corps et lisait, tranquillement, "L'Attrape-Coeurs" de Salinger. Depuis, Yoko Ono, veuve de l'ex-Beatle ne milite pas contre les chasseurs d'autographes fous mais contre la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis. Elle avait d'ailleurs publié en mars 2013 sur Twitter la paire de lunettes ensanglantées de l'auteur d'"Imagine" pour illustrer un phénomène qui dépasse la seule sécurité des stars.)

En France, on a employé le terme stalker au sujet d’un homme follement épris de la chanteuse Mylène Farmer  qui, frustré que la star ne réponde pas à ses appels, a abattu le standardiste de sa maison de disques.

Plus récemment, un fan de Rihanna est entré par effraction dans sa maison à L.A, en réalité, il a passé la nuit dans la maison du voisin de la star. Une même affaire s'est produite. Le 15 mai dernier, un homme a été arrêté pour s'être introduit chez Taylor Swift.  Vers deux heures du matin, les policiers ont repéré un fan essayant de s'introduire chez elle, pour la rencontrer. Cependant, 2 fans du Canadien sont allées jusqu'à se déguiser en femmes de ménages pour approcher Justin Bieber, lors de son passage en Angleterre.

Faire le bonheur des autres ne peut aller, semble-t-il, sans la réalisation de son propre malheur.

Voir les commentaires

MICHAEL JACKSON de INVINCIBLE à la vente du catalogue SONY/ATV.

4 Avril 2016, 10:14am

Publié par motspourtous

MICHAEL JACKSON de INVINCIBLE à la vente du catalogue SONY/ATV.MICHAEL JACKSON de INVINCIBLE à la vente du catalogue SONY/ATV.

Invincible a marqué  pour Michael Jackson le début d'une nouvelle phase, un changement de direction artistique et musical et sans surprise, il a été happé  par  les critiques de la musique contemporaine.

En 2001 à la sortie d’Invincible, le monde de la musique populaire avait radicalement changé. Michael  Jackson savait  innover  à travers les décennies, mais cette fois les choses étaient différentes. Il était à la fois une légende vivante, une caricature et un has-been. Le rêve de Michael  Jackson de battre le record des ventes phénoménales de Thriller était bien lointain. Même si jamais il avait une chance de l'accomplir, il n'a jamais pu le faire sans le bon vent de l’opinion publique. L'ombre des soupçons de pédophilie qui ont pesé sur lui ont décimé sa réputation et par procuration, ses ventes. Ce poison a détruit la carrière de MJ en empêchant effectivement  la reconnaissance artistique qu'il cherchait et méritait.  L’album  Invincible était une tentative réussie de Michael Jackson pour élaborer son propre univers musical, tandis que ses multiples personnages filaient devant lui. Pourtant, Invincible, encore largement relégué à un «travail moindre», dépasse de loin une grande partie de ce qui a été publié dans la même décennie, et surtout la même année

Quatre ans de préparation. Un budget de 30 millions de dollars. 50 titres enregistrés pour 15 retenus et la participation d’une star légendaire comme Santana. Michael Jackson misait beaucoup sur l’album Invincible.  Rodney Jerkins, 24 ans, le plus célèbre producteur hip-hop du moment, avait travaillé sur sept titres d'Invincible et voulait y croire: «C'est son vrai retour. La production a été longue parce qu'on visait la perfection. Michael voulait inventer un son encore jamais entendu. Cet album est simplement incroyable.» Mitchell Morris, musicologue à Ucla, n'hésitait pas à comparer son influence à celle du compositeur classique Karlheinz Stockhausen. Mais tout le monde se demandait si le public était toujours là. Y compris Michael lui-même. Hélas, ses transformations physiques sont également mal perçues. Hormis l’Europe, l’engouement du public reste timide et la promotion de Sony Music inexistante. Dans les coulisses, le ton monte entre le Roi de la Pop et sa maison de disques. Le premier l’accuse de le boycotter dans l’espoir de le ruiner et de lui ravir le catalogue des Beatles, tandis que la seconde réfute toute accusation et se contente d’affirmer que le nom de Michael Jackson n’est plus vendeur… Se sentant lésé et terriblement blessé par l’attitude de Sony Music, le Roi de la Pop décide alors de ne plus rien faire pour elle. Le 3 décembre, pour montrer sa bonne foi, la maison de disques sort en single « Cry » Mais devant le budget misérable accordé pour le clip, Michael refuse d’y apparaître et de poser en séance photo pour la couverture de la pochette. Lorsque MJ a informé Tommy Mottola, qui était alors dirigeant de Sony Music Entertainment, de son intention de quitter la maison de disques juste après la sortie de son album Invincible, Mottola a annulé toutes les campagnes de promotion et les tournages de clips qui étaient prévus. L’album s’est très mal vendu, et les finances de Michael Jackson  se sont sérieusement dégradées.

En 2003, Bashir demande à être reçu par le chanteur Michael Jackson à Neverland, dans le cadre d'un documentaire pour ITV "LIVING WITH MICHAEL JACKSON". Michael  pensait ainsi redorer son image, mais l'impact de « Living with Michael Jackson » sera au contraire vite catastrophique.

Le 18 Novembre 2003, après 9 mois d'enquête  du service de l'enfance et du Comté de Santa Barbara, une terrible nouvelle tombe : un mandat d'arrêt est lancé contre Michael Jackson. Le père de  Gavin, le jeune garçon du documentaire « Living with Michael Jackson » a porté plainte  pour attouchements sexuels !

Le début de son procès est prévu début 2005. Le 13 juin 2005,  Michael Jackson sera reconnu INNOCENT des 10 chefs d'accusation retenus contre lui. Il ne fait par la suite aucune déclaration. Seul un message sur son site internet apparaît le 27 Juin 2005 : « Sans Dieu, mes enfants, ma famille et vous, mes fans, je n'aurais pas pu aller jusque-là. Votre amour, soutien et loyauté m'ont permis de tenir. Ils ont fait que cela a été possible. Vous étiez là quand j'en ai eu vraiment besoin. Je ne l'oublierai jamais. Votre amour constant m'a soutenu, a séché mes larmes et m'a guidé dans cette épreuve. Je retiendrai à jamais votre soutien inconditionnel et votre dévotion. Ce sont de vrais trésors. Vous êtes mon inspiration. Je vous aime. Michael Jackson. »

Michael  quitte L’Amérique,  pour s'envoler avec ses enfants en direction des Emirats Arabes, loin de Neverland, des paparazzis et de la curiosité malsaine du monde. Son ranch, il n'en veut plus, ne souhaite plus jamais y retourner. Son monde s'est écroulé avec cette dernière affaire.

L'année 2006 s'ouvre dans la continuité. Le 9 Mars 2006, les autorités américaines décident de fermer le ranch de Neverland suite à une plainte de ses salariés qui ne sont plus payés depuis le départ de la star.

Voici la traduction d’un article du Los Angeles Time paru le 14 avril 2006 :

Michael Jackson, qui était au top des charts pop avant d’être aux prises avec des dettes et des problèmes juridiques, a commencé à démanteler son empire en acceptant de vendre une partie de son catalogue d'édition musicale auquel il tenait tant. Pour éviter la forclusion sur plusieurs prêts, MJ a signé un accord de refinancement de 325 millions de $, qui l'obligerait à vendre la moitié de sa participation de 50% dans Sony / ATV Music Publishing en partenariat avec Sony Corp. Au cours des prochaines années, les profits  rembourseront  une grande partie de la dette de l'artiste, due principalement aux fonds de couverture de New York Fortress Investment Group.

L'accord est un coup d'Etat pour Sony, qui a longtemps espéré acquérir un plus grand intérêt pour les milliers de droits d'auteur appartenant à Sony / ATV, qui comprennent 251 chansons des Beatles et de Bob Dylan entre autres. Les personnes familières avec l'affaire, qui ont demandé à ne pas être nommées, ont déclaré que Sony était susceptible de payer environ 250 millions de $ à Michael Jackson.

Le catalogue Sony / ATV est évalué à environ 1 milliard de $, mais devrait avoir plus de valeur au moment où Sony achète la moitié de la participation de Jackson parce que les recettes ont augmenté de plus de 10% au cours des deux dernières années. Les représentants de Jackson et Sony / ATV ont  refusé de commenter l'affaire.

Lorsque la célébrité de Michael grandissait, son mode de vie est devenu plus extravagant et il a acquis des maisons somptueuses (une résidence à Encino (Californie) ou Las Vegas et d'autres propriétés.) Dans le même temps, ses ventes de musique ont ralenti parce que son personnage public était égratigné par une poursuite civile qui  alléguait qu'il avait molesté un enfant. Cette poursuite a été réglée hors cour en 1994. Mais en 2004, Jackson a été inculpé sur des accusations criminelles de molestation d’enfant impliquant un autre demandeur. Il a été acquitté de ces accusations en 2005.

Les fruits de l'accord  ont pris racine au printemps 2005, lorsque les représentants de Banque Of America  ont contacté Michael Jackson au sujet d'un délai de remboursement imminent sur un prêt de 270 millions de $ garantis par ses intérêts  dans Sony / ATV. Michael, qui était alors en attente du procès pour accusations de pédophilie criminelle, a autorisé ses conseillers à négocier une solution qui aurait effacé ses dettes et lui aurait fourni des revenus d'environ 10 millions de $ par an, selon une personne qui a participé aux négociations. Dans le cadre de l'accord, Sony Corp aurait acheté la moitié des intérêts de Michael dans Sony / ATV pour 200 à 250 millions de $.

Mais à la dernière minute, des sources proches de ces négociations disent, que Michael Jackson a refusé cette affaire. Malgré les objections des conseillers de Jackson, Bank of America a ensuite vendu les prêts à Forteresse. Lorsque les prêts de New York Fortress Investment Group  sont arrivés à terme  en Décembre, Michael manquait des fonds suffisants pour les rembourser. Les Pontes de  Sony, y compris le chef de la direction financière Rob Wiesenthal,  ont craint que Fortress Investment Group  puisse saisir l'intérêt de Jackson dans Sony / ATV,  c’est alors qu’ils ont aidé MJ à  négocier une prolongation. Mais le taux d'intérêt du prêt avait augmenté  d’environ 20% par an et le montant total dû s'était amplifié, pour atteindre plus de 300 millions de $.

Michael Jackson a également déménagé à Bahreïn, ce qui rendait inaccessible sa possibilité de relancer sa carrière en enregistrant de nouvelles chansons et en faisant une tournée. Depuis Bahreïn et avec les conseils de nouveaux consultants basés à Los Angeles, Michael Jackson a négocié  l'offre, dans laquelle il allait recevoir moins que ce qui lui avait été  proposé l'année précédente. Michael Jackson, qui, selon un témoignage à la cour pendant le procès de  2005 dépensait annuellement 30 millions de $ de plus qu’il ne gagnait,  recueillerait toujours les bénéfices de sa part  dans Sony / ATV, et recevait des redevances de ses propres compositions, qui restent séparées de Sony / ATV. Toutefois, les droits de publication de ses chansons seront utilisés comme garantie pour le prêt refinancé, en les mettant en danger si Michael ne le remboursait pas.

 « Il n'y a pas plus de gens dans l'ombre pour l'aider», a déclaré Debra Opri, un avocat qui représente les parents de Jackson. « Il devra tout vendre parce que personne d'autre ne le financera. »

Un autre bénéficiaire de la convention était l’avocat John Branca , qui a été tour à tour apprécié et repoussé pendant une grande partie de la carrière de Michael. Branca avait négocié l'achat du catalogue des Beatles et d'autres  droits d'auteur en 1985 pour 41,5 millions de $. Les sources disent que Branca, qui possédait 2,5% du / ATV  Sony, avait déjà empoché  20 millions de $ lorsque Michael Jackson a racheté sa part dans le cadre de l'accord de refinancement. Citant un accord de confidentialité, Branca a refusé de discuter du refinancement de Michael ou des termes de son accord avec le chanteur.

Source : http://articles.latimes.com/2006/apr/14/business/fi-jackson14

Selon

En 2010, Michael Jackson a remporté 270 millions de dollars (plus que Beyonce, Lady Gaga, Madonna et Jay-z rassemblés) bien qu'il ne soit plus parmi nous. Malgré le fait que la plus grande partie de cette somme est due à la nostalgie croissante qui a boosté les ventes de tout ce qui était en rapport avec Michael Jackson durant le mois qui suivait sa mort, une portion non négligeable s'est avérée être le fruit du flair sous-estimé de Michael en tant qu'homme d'affaires. Tout le monde sait que les habitudes de dépenses de Jackson l'ont mis plusieurs fois dans le pétrin. Economiser de l'argent ne faisait pas partie des habitudes du Roi de la Pop, mais accumuler des piles énormes d'argent (et trouver des manières farfelues pour faire en sorte qu'il y en ait encore) était un de ses nombreux talents. La meilleure illustration de la carrière financière de Michael Jackson n'a rien à voir avec sa musique. En 1985, il a déboursé 41,5 millions de dollars pour se procurer le catalogue incluant 250 chansons des Beatles. Dix ans plus tard, Sony a payé à Jackson 90 millions de dollars pour s'approprier la moitié du catalogue, formant le Sony/ATV. Aujourd'hui, le Jackson Estate et Sony se partagent le catalogue qui arbore un demi-million de chansons de Bob Dylan, Elvis Presley, Eminem et beaucoup d'autres artistes. Les experts estiment la valeur de ce catalogue aux environs de 1,5 milliards de dollars, basé sur le produit estimatif de 50 à 100 millions de dollars par an. Cette estimation représente une augmentation de plus de 3000% du prix initial du catalogue.

 « Vous parlez du meilleur catalogue existant », c'est ce qu'affirme Ryan Schinman, le directeur de Platinium Rye, le plus grand acheteur de musique et de talent pour les corporations au monde, juste après la mort de Jackson, « Lorsque vous avez autant de chansons classées numéro 1 dans un même catalogue, vous ne pouvez mettre aucun prix dessus ». L'une des habitudes les plus rusées de Jackson était de s'entourer de conseillers très perspicaces. Le meilleur exemple serait l'avocat des superstars John Branca, qui avait négocié plusieurs affaires très lucratives pour Jackson et qui fait encore un incroyable travail avec le patrimoine de Michael. C'est Branca lui même qui a signé le taux de redevance dont Jackson a pu profiter à l'époque ( gagnant 2 dollars à chaque vente d'album ) lui permettant de récolter des sommes incalculables de ce qu’est devenu aujourd'hui, l'album le plus vendu au monde.

Tout au long de sa carrière, Michael Jackson a toujours sollicité les conseils d'autres hommes d'affaires très habiles, dont ceux des milliardaires David Geffen et Ron Burkle. C'est d'ailleurs Burkle qui a encouragé Michael à garder à tout prix sa part de profits du catalogue Sony/ATV, même lorsque le chanteur faisait face à de terribles soucis financiers dans les années 2000. La valeur du catalogue témoigne aujourd'hui de la sage décision des deux hommes.

L'achat du ranch de Neverland Valley pour 20 millions de dollars en 1987 était un autre investissement intelligent de la part de Jackson. Le prix de la propriété est estimé aujourd'hui à 100 millions de dollars. Le seul bémol c'est d'avoir dépensé 35 millions de dollars pour améliorer l'endroit.

Alors il est légitime de se demander si tout ce flair d'affaires venait entièrement de Michael ou bien était en partie dû aux conseils de ceux qui l'entouraient ? « Je pense qu'il s'agit d'un mélange des deux  « affirme l'avocat Donald David » C'était principalement dû à son propre sens des affaires. Il m'est arrivé de discuter avec lui une fois pendant plus d'une heure, et je me suis rendu compte qu'il connaissait le business de la musique comme sa poche. Il avait vraiment de très bons instincts ». Le comportement excentrique et volage que Jackson dévoilait ne laissait percevoir en aucun cas l'esprit perspicace qu'il avait à l'intérieur. « Ce n'était pas du tout le genre de personne qu'on croit « expliqua David. » Il jouait et utilisait sa voix grinçante. Mais à l'intérieur se cachait une personne très intelligente et très sensée, l'un des artistes les plus intelligents à qui j'ai eu affaire ». Tout ça pour dire que, s'il avait pu contrôler ses dépenses, Jackson aurait pu devenir un milliardaire avant de mourir, simplement à partir de la force du catalogue Sony/ATV. Malheureusement, il nous a quittés endetté d'un demi-milliard de dollars.

 

 Le prétend que  ses droits d'artiste et ses investissements lui rapportaient un revenu annuel de 19 millions de dollars au moment de sa mort. Michael aurait pu liquider ses dettes en vendant quelques biens et en réduisant significativement son budget. C'est ce qu'il avait commencé à faire : il avait ainsi mis en vente Neverland, son ranch. Mais il comptait surtout sur l'accroissement de ses revenus pour résoudre ses problèmes financiers. Accepter d'assurer une série de cinquante concerts à Londres n'était qu'une tentative « désespérée  » pour joindre les deux bouts et surtout ne pas vendre sa part dans le catalogue ATV……..

FINALEMENT ….L’ESTATE A VENDU À SONY LES PARTS DE MICHAEL JACKSON DANS SONY/ATV MUSIC...

Au mois d'Octobre 2015, Sony avait déclenché une clause d'achat-vente dans l'accord de partenariat qui prévoyait qu'un des deux partenaires entre Sony et l'Estate pouvait racheter la part de l'autre dans Sony/ATV au prix le plus élevé possible. Après avoir exploré plusieurs options qui auraient pu positionner l'Estate comme acheteur plutôt que Sony, les éxécuteurs testamentaires ont décidé que l'offre de Sony était finalement la meilleure pour les intérêts des enfants de Michael Jackson.

Ils ont donc décidé d'accepter cette offre afin d'assurer l'avenir financier des héritiers du Roi de la Pop. Le montant de la somme payée par Sony s'élèvera donc à 750 millions de dollars. L'Estate explique plusieurs raisons qui ont conduit à cette décision. Ils vont utiliser une partie de cette somme pour rembourser le solde de prêt sur les sommes empruntées par Michael et garantis par sa part de Sony/ATV ce qui signifie qu'après avoir commencé avec 500 millions de dollars de dettes il y a sept ans, l'Estate n'a non seulement plus de dettes mais possède désormais des actifs importants ainsi que d'autres biens. Le solde du produit de cette vente, après impots, frais et dépenses sera tenu par l'Estate et transféré à une fiducie au profit des bénéficiaires de Michael Jackson.

L'Estate tient à souligner que cette vente n'a aucun effet sur la propriété à 100% de la publication sur toutes les chansons que Michael Jackson a écrit et qui font partie de Mijac Music ainsi que les chansons écrites par de nombreux auteurs compositeurs et acquis à l'extérieur de Sony/ATV. Ces chansons comprennent "After Midnight", "Love Train", "I Got A Woman", "When A Man Loves A Woman", "People Get Ready", "Great Balls of Fire", "Runaround Sue", l'ensemble du catalogue de Sly and the Family Stone et d'autres chansons. La succession continue de posséder sa participation de 100% dans l'ensemble des enregistrements originaux solo de Michael et de ses courts métrages. Il n'y a aucune intention de vendre l'un de ces actifs à part entière.

Dans son communiqué adressé aux fans de Michael Jackson, l'Estate a déclaré: « Nous sommes conscients que certains fans espéraient que la succession serait l'acheteur de la part de Sony dans Sony/ATV plutôt que l'inverse. C'était notre objectif lorsque nous avons commencé sur cette voie l'année dernière, mais en fin de compte, l'offre de Sony avait plus de sens pour les raisons exposées. Nous sommes dédiés à la protection et à la croissance de l'héritage de Michael et à maximiser la valeur de ses biens au profit de ses enfants. Cette vente nous permet de protéger les biens les plus chers à Michael (ses propres chansons et celles qu'il a acquis et conservé à l'extérieur de Sony/ATV), combler ses dettes et continuer à faire croître son héritage pour les générations futures ».

L'Estate rappelle enfin que Michael Jackson avait acquis ce catalogue ATV en 1985 pour la somme de 41,5 millions de dollars.

Les deux parties prévoient de signer un accord définitif le 31 Mars 2016. Kazuo Hirai, président et PDG de Sony Corporation a déclaré: « Les entreprises de divertissement ont longtemps été une partie essentielle de Sony et sont un facteur clé de notre croissance future. Cet accord démontre encore l'engagement de Sony pour les entreprises de divertissement et notre ferme conviction que ces entreprises vont continuer à contribuer à notre succès pour les années à venir ».

De son coté, Michael Lynton, PDG de Sony Entertainment, Inc. a déclaré: « Quand Sony est devenu partenaire de Michael Jackson il y a 21 ans pour créer Sony/ATV Music Publishing, nous savions que cette société avait la capacité d'atteindre des sommets. Cette acquisition va permettre à Sony de s'adapter rapidement aux changements dans le secteur de l'édition musicale tout en continuant à être un leader incontesté dans l'industrie et une maison précieuse pour les artistes. Nous voulons exprimer notre gratitude à la succession de Michael Jackson et à la famille Jackson pour leurs années de partenariat. Chacun d'entre nous chez Sony a hâte de continuer à travailler avec la succession et poursuivre l'héritage de Michael Jackson de nombreuses façons différentes. »

Source : MJFrance

La réaction de Joe Jackson  a été la suivante :

Au nom de mon épouse Katherine et de moi-même, j'aimerais remercier personnellement les exécuteurs de la succession de mon fils pour ce travail bien fait. La vente du catalogue de musique au faît de sa valeur, soit 750 millions de dollars, assure l'avenir financier des enfants de Michael : Prince, Paris et Blanket. Le rêve de tous les pères est d'assurer le bien-être financier de ses enfants. C'est ce qui m'a poussé à prendre deux emplois dans ma jeunesse, tout en luttant pour y arriver grâce au monde du divertissement.

Aujourd'hui, bien que mon fils Michael Joseph Jackson ne soit plus parmi nous, je sais qu'il veille sur ses enfants de là-haut comme le ferait un père de famille fier, sachant qu'il a réussi à assurer leur avenir financier pour toute leur vie et pour chacun d'entre eux.

Source : http://www.jwjackson.com/a-job-well-done/

Dans les différentes déclarations faites par les représentants officiels de chacune des parties, celui des héritiers du roi de la pop a précisé que la transaction «validait encore une fois la vision et le génie de Michael qui a investit dans l’édition musicale».

Voir les commentaires

Les dangereuses pensées complotistes, les illuminati etc... (3)

23 Mars 2016, 09:11am

Publié par motspourtous

Les dangereuses pensées complotistes, les illuminati etc... (3)

Une certaine dose de paranoïa est-elle justifiée ?

Pour comprendre le succès des théories du complot, il faut se demander qui les propage, pour quelles raisons, et qui a intérêt à y croire.

D'abord, nous avons en partie raison de croire aux complots : C'est une réalité historique. Parfois, ils ont même lieu à grande échelle. Prenons l'exemple du Chili où les Américains ont joué un rôle actif dans l'installation au pouvoir du dictateur Augusto Pinochet. En pleine guerre froide, les États-Unis voyaient en Amérique Latine leurs intérêts économiques menacés par des régimes socialistes imposés au Chili par son représentant Salvador Allende. En finançant en secret une grève des camionneurs en 1972, qui a déstabilisé le pays entier, les Américains ont contribué activement au renversement d'Allende par Augusto Pinochet.

Au Chili comme ailleurs en Amérique latine, de nombreuses et célèbres opérations clandestines, que l'on peut qualifier de "complots", ont été orchestrées par le gouvernement américain. Naomi Klein, journaliste canadienne, explique dans un célèbre ouvrage intitulé la stratégie du choc, que ces manoeuvres avaient pour but de créer ou d'exploiter des " chocs " psychologiques au sein de la population ( les coups d'État, les méthodes répressives qui allaient de pair avec la mise en place de dictatures, comme la torture ou l'assassinat des opposants politiques) pour appliquer une doctrine économique favorable aux États-Unis, décrite par l'auteure comme ultralibérale. Ces révélations ont de quoi nous rendre paranoïaques. Cependant le travail des historiens destiné à établir que plusieurs complots nord-américains ont bien eu lieu en Amérique latine a pris beaucoup de temps, d'autant que les documents d'archives, anciennement classés secret défense, n'ont pas tout de suite été déclassifiés. 

Les nouveaux outils d'information du public tels que Wikileaks permettraient-ils de détecter de tels complots aujourd'hui ? Quoi qu'il en soit, on ne pourra jamais faire l'impasse sur le travail d'analyse documentaire et l'enquête des historiens, même si la tentation est grande de s'emparer du moindre fait d'actualité et d'en fournir une interprétation personnelle immédiate qui nous mènerait à croire au complot.

On pourrait croire qu’avec un meilleur accès à l’information, de nos jours, il serait plus facile de savoir si on doit craindre un complot ou non.  Cependant, l’abondance de renseignements peut s’avérer une difficulté supplémentaire. Le professeur de sociologie Gérald Bronner, qui travaille sur les croyances et notre propension à y adhérer, rapporte une anecdote amusante. Dans une émission de radio sur l’affaire DSK à laquelle G.Bronner participait, certains invités se méfiaient de la version officielle, penchant plutôt pour un complot. L’un des invités, appelé Thomas, essaya de mettre en avant sa capacité à exercer son esprit critique quand une information se présentait à lui : « Moi, je vérifie tout ». Quand j’entends «  Attentat en Egypte » ou ailleurs, je tape ces mots sur internet et je mets à côté « complot ».  Cette démarche semble à la fois de bonne volonté et très naïve. Qu’espère-t-il trouver ? Que trouvera-t-il inévitablement ? S’il cherche à savoir s’il y a un complot, il y a fort à parier que de véritables conspirateurs n’auront pas écrit d’article ou d’entrée de blog rendant complet de leur projet. Thomas tombera donc seulement sur des articles écrits par des gens qui pensent la même chose que lui. Il s’imaginera pourtant avoir fait un tri parmi toute l’information disponible sur internet, ce qui sera effectivement le cas puisqu’il ne lira que des commentaires complotistes, avec l’impression erronée de s’être bien renseigné.

G.Bronner rattache cette difficulté à bien s’informer au mode même de diffusion de l’information ; il a analysé en détail ce qu’il appelle «  l’offre cognitive » sur internet, c’est-à-dire l’information qui nous est proposée. Par exemple sur des sujets très prisés tels que le monstre du Loch Ness ou les « cercles de culture »(crop circles)  ces motifs que l’on trouve parfois dans des champs de céréales et que certains attribuent à l’existence d’extraterrestres et d’autres à des plaisantins, il a classé les résultats des recherches sur internet en fonction des sites plus ou moins favorables à une explication surnaturelle (monstres ou extraterrestres). Le résultat est clair : les sites prônant une croyance irrationnelle représentent l’écrasante majorité de «l’information» disponible ; et comme ce sont les sites les plus consultés qui apparaissent en premier, les explications purement scientifiques arriveront en dernier dans les résultats de recherche en plus d’être bien moins nombreuses. De ce fait, si vous demandez qui a dessiné des cercles dans les champs de blé, sans avis préconçu sur la question, vous trouverez 87% de sites favorables à l’explication extraterrestre contre 13% de sites réfutant celle-ci. Ajoutons à cela un autre chiffre fourni par Bronner : 65% des internautes regardent seulement la première page des résultats de recherche ; 25% ne dépassent pas la deuxième.

Je résume : la plupart du temps, on ne consulte pas plus d’une dizaine de sites, dont la plupart défendent une explication non scientifique. Parce qu’elle est prééminente dans les résultats, cette thèse a plus de chances de nous convaincre que des théories scientifiques moins représentées. On peut donc en conclure que la tendance à adhérer aux élucubrations complotistes provient du fait que sur certains sujets, on ne rencontre qu’elles.

Le Complotisme est-il un penchant naturel ?

Le discours complotiste est souvent manichéen (les forces du mal contre les forces du bien) et totalisant : quoi qu’il se passe,  tout événement est intégral dans la théorie du complot. Pour le physicien Leonard Mlodinow, l’esprit humain est «  fait pour associer à chaque événement une cause définie et peut dont avoir des difficultés à accepter l’influence de facteurs non reliés entre eux ou celle du hasard. » Nous décelons des formes dans les nuages parce que notre esprit est ainsi fait : malgré lui, il cherche des schémas, et finit par en trouver. A l’inverse nous avons tendance à éprouver de l’anxiété quand les causes d’un événement donné nous échappent. Difficile de dire si le monde est devenu trop complexe pour nous ou s’il l’a toujours été, mais la masse d’information à laquelle nous sommes constamment exposés renforce cette anxiété.

L’explication systématique par une théorie du complot satisfait dans une certaine mesure notre quête de sens. Il se peut  que certains événements particulièrement atroces nous poussent au déni, comme cela a été le cas après la mort de Michael Jackson ou les attentats de Paris en janvier 2015.

Pour finir, si on en croit les statistiques, il semblerait que la France soit classée parmi les pays où les gens sont les plus méfiants et où la tendance au complotisme pourrait être particulièrement prononcée. Dans un livre intitulé la Société de défiance, Yann Algan et Pierre Cahuc expliquent, chiffres à l’appui, qu’en France, on est plus enclin qu’ailleurs à se méfier des autres, mais aussi et surtout des élites et des institutions. Cela pourrait être une excellente nouvelle : notre pays comprendrait moins de gens crédules que prévu. Mais exercer son esprit critique et ériger la méfiance en principe sans la faire suivre d’une analyse construite, ce n’est pas la même chose, et cela mène facilement à la paranoïa.

Est-il possible dans ces conditions, d’éviter de tomber dans le complotisme ? C’est difficile, mais on peut tenter de garder une certaine lucidité. Par exemple en s’informant sur un site comme Conspiracy Watch ici, dont la spécialité est de repérer, d’examiner et de dénoncer les rumeurs conspirationnistes.  Mais au-delà des recherches ponctuelles, il faut garder à l’esprit que démasquer un complot est une tâche de longue haleine, qui requiert l’expérience et les outils nécessaires  pour que tous les documents soient rendus accessibles au public. Ce n’est pas un travail superficiel d’analyse d’images ou vidéos, souvent truquées, qui nous permettra de savoir si on a affaire ou non à une conspiration.

Beaucoup de Grandes Noms de la musique continuent d’alimenter la presse après leurs décès. En effet, les mythes racontent qu’Elvis Presley serait exilé au Nouveau-Mexique, que Kurt Cobain, leader de Nirvana, aurait été assassiné, ou encore que John Lennon aurait été victime d’un complot, ainsi que Michael Jackson etc…

S’Il est tout à fait légitime de se poser des questions quand surviennent des décès tragiques. Il faut prendre en compte  que les overdoses de drogues et de médicaments, sont courantes  dans le milieu du Show Business. Les légistes du centre médico-légal de Los Angeles n'ont pu affirmer qu'une seule chose :  Ce n'est pas un crime qui est à l'origine de la dramatique disparition de Michael Jackson. 

Pourquoi la théorie du complot rencontre-t-elle autant de succès ?

Le XXe siècle a été celui du désenchantement du monde, pour reprendre une expression du sociologue Max Weber. Le " il était une fois " cher aux superstitions et aux religions, qui permettait d'expliquer la vie et la mort, a été détruit par la science et la rationalité. Il fait son retour aujourd'hui, comme le dit un autre sociologue, Michel Maffesoli, qui n'hésite pas à évoquer le "réenchantement du monde". Les religions ont été mises à mal dans nos sociétés sécularisées et du coup, les théories complotistes constituent aujourd'hui une nouvelle forme de croyance. Mais au final, elles répondent à la même préoccupation : retrouver un sens à notre existence, même avec des arguments surnaturels. En trouvant un sens à nos malheurs, nous allons redonner du sens à notre vie.

Force est de constater que les théories du complot ont de beaux jours devant elles :

Invisible depuis 2006, date de sa dernière appartition publique, David Bowie était réputé malade, voire mort, selon les adeptes des théories du complot. Certains affirmaient même que le chanteur était mort il y a plusieurs années de cela. Selon eux, The Next Day était ainsi un album posthume, comme était censé le « prouver » son titre énigmatique et sa pochette où le chanteur est caché par un carré noir. Maintenant qu’il est vraiment mort, d’autres théories, probablement étayées par les mêmes personnes, clament que David Bowie a mis en scène sa disparition et qu'il vit en réalité caché quelque part en compagnie d'Elvis Presley, Marilyn Monroe, Kurt Cobain et Michael Jackson.

Les théoriciens du complot l’ont vu tout de suite : il y a dans le clip de Blackstar des indices évidents que David Bowie est le messager des aliens. Le magnifique court-métrage sorti en novembre s’ouvre sur les images d’un décor à la Méliès, dans la lumière bleutée d’une éclipse de Soleil, où un corps d’astronaute repose entre les pics d’une planète en carton-pâte. Sous son casque, un crâne serti de bijoux. Il est mort depuis longtemps.  C’est forcément une référence à la théorie des anciens astronautes,  selon laquelle des visiteurs extraterrestres sont venus apporter leur savoir sur Terre à l’époque des Mayas. Pour les adeptes des Illuminati, le message secret de la vidéo est dans l’astre qui cache le Soleil : il faut y voir la planète Niribu et une annonce de l’imminente apocalypse.

«Tout ce qui englobait l’espace me captivait naguère, mais c’est devenu un sujet de plaisanterie, racontait Bowie à Libération en 2002. Je me prenais très au sérieux à 18 ans; depuis, je pense avoir gagné en autodérision.»

C’est à peu près toujours le même schéma : ou bien on vous explique qu’il ou elle n’est pas mort  ; ou bien qu’il est mort mais a en réalité été assassiné et qu’une conspiration du silence travaille à chaque instant à tenir caché ce forfait. Même Paul McCartney  fait l’objet depuis des décennies d’une théorie du complot selon laquelle il serait mort et aurait été remplacé par un sosie.!

Que vous y croyez ou non, elles ont en tout cas de très nombreux adeptes prêts à tout et même à mentir pour vous convaincre !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>