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MICHAEL JACKSON SHAMAN DE LA GRANDE SCÈNE.

30 Janvier 2015, 10:25am

Publié par motspourtous

MICHAEL JACKSON SHAMAN DE LA GRANDE SCÈNE.

Analyse " Passionnante " de la danse de Michael Jackson par la  danseuse professionnelle de flamenco et chorégraphe, Amor (Lubov Fadeeva). ( suite 2)

Quand Michael Jackson  a dansé sur Billie Jean  la première fois sur scène, il a dansé dans l’extase. C’est évident pour le spectateur. Tous les meilleurs danseurs et musiciens entrent dans un état d'esprit particulier quand ils créent. L’art dans sa forme la plus élevée est impossible sans la capacité de travailler avec le subconscient, et sans l'aide des états modifiés de la conscience et de l'intuition. Sans cela, ce n’est pas de l'art, mais de l'artisanat pas cher, tout simplement.

Revenons à l'idée de la religiosité de la danse. Le premier danseur professionnel sur Terre était un chaman et un prêtre. Il a été le pionnier de beaucoup d'autres arts. La danse est née de la communication entre un être humain, les forces et les esprits de nos ancêtres suprêmes. En substance, la danse est une forme de méditation, mais pas  passive  - c’est actif. Les Battements rythmiques de tambourins ou tambours ont aidé le chaman en transe, et l’ont aidé à co-participer au rituel en s’immergeant dans le même état de transe dans une certaine mesure. La musique a été construite sur une base rythmique claire, car elle a gardé les auditeurs enchantés. Avec le développement de la civilisation, ces bases sont en développement dans de nouvelles formes, mais n’ont pas perdu leur sens initial.

La même chose peut être notée dans la danse des temples indiens classiques, où le comportement de la danseuse est plus calme comparée à celle du chaman et les mouvements sont bien appris et précisément exécutés, mais la base rythmique et la nature méditative de la danse restent les mêmes. Il est important de noter que dans la mythologie indienne, les dieux eux-mêmes étaient des danseurs. Par conséquent, la danse avait un rôle hautement spirituel.

Dans l'Europe chrétienne, la situation était différente. Il est vrai que beaucoup de coutumes ont été intégrées dans la culture chrétienne du paganisme. La conception chrétienne des rituels a des racines historiques dans le paganisme et l'Antiquité -  les symboles, les attributs et les traditions ont été tout simplement été interprétés et présentés d'une manière nouvelle. C’est ainsi que le nouveau monde a cherché un compromis avec l'ancien monde. Pourtant, la culture chrétienne a rejeté la danse et l'a exclut de l'église, le désignant comme une sorte d'art décoratif du genre.  Béjart l’a mentionné dans son livre. En ces temps,  la danse était connue pour avoir des influences culturelles africaines et indiennes, il était hors de question d’accepter la danse dans l'église. La Danse avait une certaine influence spirituelle, mais elle a été limitée à un cadre laïque.

Comme je le disais au début, je vois la danse et la musique comme des étincelles de l'énergie divine qui régit l'univers. Le rythme est quelque chose que chacun d’entre nous possède : c’est dans les battements de nos cœurs. Si le rythme cardiaque est arythmique, c’est habituellement le signe d'une grave maladie. Le rythme musical aide à ressentir l'harmonie de l'univers et se sentir mieux. Différents rythmes créent des ambiances différentes, mais chaque rythme reflète notre nature.

Les manifestations de la quintessence du rythme dans la vie biologique de l'homme sont le sexe et la grossesse. Celui-ci est remarquable parce que c’est notre état prénatal qui nous enseigne  la syncope, l'un des plus frappant et envoûtant des phénomènes rythmiques. La Syncope survient à la suite de deux cœurs qui battent à un rythme différent - celui de la mère qui bat plus lentement que celui de l'enfant. C’est pourquoi le rythme syncopé a un effet pacificateur sur nous. Nous l’avons tous entendu puisque  nous avons été conçus à l'intérieur du ventre de nos mères.

Il est facile de voir comment les effets des techniques du chaman et de la danse du temple portent les plus populaires  performances modernes. Ils ont les mêmes éléments de base: un rythme vif, un public dans une frénésie, et encore une fois, le personnage principal au centre est une danseuse extatique.

Michael Jackson a ajouté un autre élément important : un message spirituel. L'extase de sa performance est encore plus frappante lors de chansons telles que Man in the Mirror,

où le but est d'encourager les gens à découvrir leur propre puissance intérieure pour un changement positif. Même si ce n’est pas un rite d' église ou de secte, le cadre reste le même : le Splash émotionnel le plus puissant vise à modifier une prise de conscience de l'état d'esprit, ainsi que la réalité environnante. Cette croyance absolue dans le pouvoir de l'art de changer la conscience, est d'une telle dévotion complète, que l'exécution de son art peut accomplir des miracles avec des milliers de personnes. C’est ce qui distinguait Michael des autres artistes de danse.

Il est également à noter que, dans son art, Michael tente d'intégrer la danse et le christianisme, et il y parvient en s’appuyant sur ​la culture des Afro-Américains. Par exemple, sa chanson Will You Be There est une prière, accompagnée d'une chorale de gospel. Une chorale de gospel se déplace toujours pendant les représentations, mais Michael est allé encore plus loin dans son spectacle, il  a ajouté un corps de ballet et un ange ailé  qui descendait sur  lui. C’est un mystère de l'église traduit dans la langue du spectacle, la langue de la scène. Contrairement à Man in the Mirror, où l'émotion profonde est démontrée par une touche frénétique de l'énergie, nous voyons ici une appellation impressionnante et larmoyante à Dieu - une pure extase religieuse.

Ainsi, l'art de Michael est mélangé aux traces du chamanisme avec des manifestations directes de l'humilité chrétienne. Il a combiné plusieurs mondes en lui-même, et il est difficile de dire auquel de ces mondes, il a le plus appartenu. Son art était laïc, religieux et social en même temps. La seule chose dont je suis sûre, c’est que ses talents avaient une nature ancienne que je ne pourrais même pas qualifier - don d'un chaman. Ou don d'un magicien, si vous préférez.

Michael avait tous ces talents, mais pas par hasard. Il a hérité de ces caractéristiques de la culture africaine, et il  avait du sang indien américain en lui aussi. Si l'histoire de son père est vraie, un des ancêtres de Michael était un guérisseur Indien d’Amérique et un chaman, ce qui a souvent été rappelé dans les récits du grand-père de la famille Jackson. Et même si vous ne croyez pas à cette histoire passionnante d’ascendance chaman,  il n’est pas surprenant que Michael était un vrai chaman de la danse sur scène. Le sang des Afro-Américains et des Indiens d'Amérique portaient les mêmes racines anciennes : le rythme et la spiritualité de la danse étaient au centre de la culture des deux. Il y a cent ans, un Indien américain pouvait être appelé mystique et  guérisseur parce que c’était une partie intégrante de sa vie quotidienne et spirituelle. Michael était un homme à l'énorme potentiel spirituel, il l’a utilisé dans la mesure du possible. Beaucoup de ses propres histoires sur lui-même le racontent, ainsi que les observations des gens qui le connaissaient  et qui en disent autant.

L'énergie de ses effusions, qui brille dans ses yeux,  est le signe clair d'un homme possédant une énorme puissance spirituelle. Il a laissé une impression durable sur les gens, il les faisait se sentir comme s’ils regardaient un ange qui est tombé sur la Terre ; même si en réalité il était un être humain de chair et de sang avec de nombreux aspects contradictoires dans sa personnalité. Nul doute que ses nombreuses activités humanitaires et son altruisme vaste ont solidifié sa réputation comme s’il était un saint, mais c’était son énergie incroyable qui le faisait paraître comme  un miracle surnaturel aux gens.

Certains sont encore surpris qu'un simple chanteur pop ait été déclaré le plus grand artiste de notre temps. Je peux dire que,  personne d'autre n’est digne de ce titre, car le vrai rôle d'un artiste est de faire passer l'extase divine aux gens, de changer leur état d'esprit, de les étonner par son propre exemple, et de toucher beaucoup de cœurs en trouvant des formes artistiques dramatiques pour la réalisation de tout ce qui précède.

Ce ne sont pas la voix ou  la maîtrise technique qui font d’un artiste un miracle, ce n’est  pas en  suivant les canons du bon goût ou en appartenant à un genre exalté. Non, le miracle se produit où il y a du charisme et une performance habilement conçue portant la charge maximale d'énergie spirituelle. Un véritable artiste combine art naturel, personnalité remarquable, passion, créativité et dévouement. Aucun artiste n’était capable d'incarner tout cela au même degré que Michael Jackson, avec son originalité distinctive.

Nous pourrions débattre sur la valeur artistique de ses chansons ou la technique, mais par une telle critique nous ne pourrions refléter l'importance de sa personnalité sur l'histoire de l'art : son individualité, l'image parfaite et mémorable qu'il a créé,  son charisme créatif et humain. Tout cela est manifesté dans l’amour exceptionnel de ses nombreux fans.

Même les scandales et la  frénésie médiatiques n’ont pas tenu des millions de personnes à l'écart de ce miracle. Et ce n’est pas un résumé de fanatisme irréfléchi à l'œuvre ici. Au contraire, cet homme se livra totalement  à la scène et aux gens, il a travaillé jusqu'à ce qu'il  ne puisse  donner plus dans la distribution de son énergie. Son dévouement a donné lieu à la même dévotion en retour.

Nous devons réaliser que la publicité et la promotion ne jouent aucun rôle dans ce domaine. La publicité ne fonctionne que lorsque  vous restez seul à seul avec le public. Combien de temps durez-vous si vous n’êtes pas capable de tout ? Ainsi la ligne sans fin de bandes et d’étoiles qui brillent seulement sur le papier,  est en haut de l’affiche seulement pour une courte durée. Michael a eu l'habileté d'attirer l'attention des foules, et il avait cette compétence, même dans son enfance quand il n'y avait pas de publicité. Et c’est tout autre chose quand vous pouvez non seulement attirer l'attention, mais gagner l'amour des millions de téléspectateurs à travers le monde - et pas seulement l'amour des adolescentes, mais le dévouement de personnes de tout âges et de générations.

à suivre...

 

En savoir plus sur le chamanisme :

Le chamanisme est une nature intrinsèque à l’être humain. Depuis les origines de l’homme sur terre et jusqu’à la fin de l’espèce humaine, le chamanisme sera présent qu’on le veuille ou non.

Cette sagesse multimillénaire à survécu aux totalitarismes religieux et politique : il a survécu aux grandes religions, au bouddhisme, au communisme et il survivra au capitalisme.

Mais qu’est ce que le chamanisme ? Si on ne peut le décrire véritablement avec des mots, on peut dire qu’il s’agit d’un mode d’être qui privilégie une relation harmonieuse avec la nature et tout ce qui fait partie de la nature. La vision chamaniste amène une attitude respectueuse des éléments naturels : terre, ciel, pierres, arbres, plantes, animaux, étoiles, etc … Cette même manière d’être s’établit dans la relation avec les esprits et le monde subtil. Il s’agit de maintenir une harmonie entre l’homme, le monde naturel et le sacré.

Le chamanisme n’est pas une religion, ni une philosophie. C’est une expérience personnelle, intime avec l’univers, ses forces et la conscience. Conscient que nous sommes des êtres naturels, donc faisant partie de cette même nature, cela amène à comprendre que si l’on agresse la nature, c’est soi même que l’on agresse. Il ne s’agir pas d’imposer ses aberrations humaines à la nature donc à la vie, mais plutôt d’être en symbiose avec elle.

Il ne peut donc en aucun cas être une hiérarchie, un dogme imposé à autrui.

Les mots clefs du chamanisme sont : respect, authenticité, sacré, grand mystère, expérience de connaissance, vision, amour, beauté, chants, vibrations, extase, équilibre, échange, communication.

Le chaman ou la chamane est l’intercesseur entre les êtres humains et le monde naturel et surnaturel. C’est pourquoi la plupart du temps le chaman cumule les fonctions de : confident, prêtre, artiste, voyant, guérisseur. Il était le garant de la cohésion de la société et de sa survie. Il est le dépositaire des mythes, symboles, de la Tradition et de la connaissance.

Etre chaman implique une perception lucide du monde et de l’humain, une force d’esprit, un grand cœur.

Le chaman ne croît pas : il sait !

Le principe essentiel du chamanisme : expérimente et tu sauras !

Mais, pour l’essentiel le chamanisme est un chant d’amour à la vie et à l’humain.

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MICHAEL JACKSON : LE DANSEUR DE RÊVE ! (1)

27 Janvier 2015, 15:06pm

Publié par motspourtous

MICHAEL JACKSON : LE DANSEUR DE RÊVE !  (1)

Michael Jackson était un danseur doué, unique et exceptionnel. Sa contribution à l'art de la danse est analysée dans cet article passionnant par la danseuse professionnelle de flamenco et chorégraphe, Amor (Lubov Fadeeva).

Lyubov Borisovna Fadeeva ("Amor") est la maître chef  de "Amorella", le studio de danse espagnole (à Saint-Pétersbourg).

 

Michael Jackson concernant la  danse est un sujet aussi vaste que l'espace. Je ne peux pas en parler sans toucher les questions mondiales de l'art de la danse, mais je vais essayer de les mettre toutes ensemble autant que possible - afin de recueillir tous les éléments que je considère comme les facettes de quelque chose en  plus, quelque chose dans son ensemble, de sorte nous puissions essayer d'en comprendre l'image entière. ...

Pour moi, la danse est un phénomène mondial, l'art le plus sacré et le plus pur, il n'a d'égal que la musique, la poésie et les beaux-arts. Le reste est  un dérivé, comme les branches d'un grand arbre touffu cultivées par une seule graine. La danse est pure inspiration née dans le centre de l'Univers, exprimable à travers de nombreuses formes et manifestations artistiques. La danse est une musique visuelle et l'émotion non-corporelle sur le plan matériel; c’est l'énergie spirituelle qui crée son  existence. C’est ainsi que je l'ai vue depuis mon enfance, sous la forme de sentiments, et je vais essayer d'expliquer tout cela en mots.

Je me souviens comment j’ai été heureuse, mais pas surprise, lorsque j’ai su que le livre de Michael était intitulé Dancing the Dream. Pourquoi le titre ne se référait  pas à la danse au  chant ou à  la musique ? Je crois que ce n’était pas une coïncidence. La  danse était spéciale dans l'art de Michael - l'expression la plus profonde, la plus sincère et la plus symbolique de sa philosophie et de sa vision artistique.

Je vais aborder ce sujet de manière détournée, à commencer par la citation d'un livre de Maurice Béjart, Un Instant Dans la vie d'autrui (ou des moments dans la vie d'un étranger). Béjart est un chorégraphe français, et la plus grande personnalité dans le ballet moderne. C’est un innovateur, un philosophe et un génie reconnu dans le domaine de la danse. Il est intéressant de savoir que Béjart a grandi dans la famille d'un philosophe : son père dirigeait une société de recherche philosophique et a publié une revue scientifique. Ainsi, Béjart a grandi dans un environnement où la pensée humaine a été évaluée, et pendant son enfance, il était entouré de livres et d’ouvrages scientifiques. C’est pourquoi, quand il est devenu danseur, son art et sa démarche artistique reflètent la pensée profonde.

Béjart a déclaré la danse « art du 20ème siècle ». Sa compagnie de ballet, qui se composait de professionnels hautement respectés a reçu un énorme succès, elle avait exactement le même nom: ". Ballet du 20e siècle" "Ballet du XXe siècle" ou Les étoiles les plus brillantes dans le monde du ballet ont collaboré avec Béjart.

L'un des chapitres de son livre est intitulé, "Misez la danse dans le sens de votre vie." Permettez-moi de vous donner quelques extraits :

La danse a été placée au second plan, pour devenir décorative, et  divertissante. Je veux dire danser en Occident, bien sûr. Ce n’est pas une simple coïncidence que la danse se soit trouvée dans une telle position dans l'Ouest, parce que ce n’était pas seulement le fait de danser seul qui a été transformé en une parodie ici.

J’ai pris la danse au sérieux parce que je crois que la danse est un phénomène religieux. C’est aussi un phénomène social, mais tout d'abord, la danse est religieuse. Lorsque la danse est considérée comme un rite, à la fois sacré et humain, elle remplit sa fonction. Mais si elle est transformée en une forme d'amusement, elle cesse d'exister, ne laissant que des feux d'artifice, dans un défilé de filles vêtues d’uniformes, ou dans des jeux de flipper électrique - mais  ce n’est pas la danse dans son essence. S’exprimant à ce sujet dans les années 80,  il disait, c’est comme frapper dans une porte ouverte, mais dans les années 50  la porte était solidement verrouillée.

Au nom de Dieu était né ce tabou - une sorte de honte et de  peur du corps, l'enveloppe charnelle de "l'âme" - le christianisme a rejeté la danse, tandis que la même religion a inspiré la construction des cathédrales ! Coupez de la religion, qui avait mis en vie, la danse occidentale, condamnée comme «charnelle», et la cacha précisément dans la chair : Elle était devenue une branche de la cérémonie courtoise. Loin de la religion,  la danse a acquis la bonne éducation dans le pire sens du mot. ...

Mais où est passé le rituel ? La nécessité de recevoir le Sacrement dans les deux dimensions : verticale et horizontale, sacrée et sociale ?

L'apparition de Diaghilev avec ses ballets russes dans le début du siècle était révolutionnaire. Mais cette révolution était esthétique. Pendant ce temps, la danse était nécessaire à la  révolution éthique, mais la révolution esthétique était un grand pas en avant ! De grands musiciens, comme Stravinsky, ont finalement commencé à composer de la musique pour la danse. Les grands artistes - Picasso, Derain, Braque - ont travaillé sur les scénographies et les costumes. Le monde a également vu le scénographe incroyable Léon Bakst.

Le public occidental a instinctivement ressenti un grand besoin pour la danse qui n’avait pas eu son essence émasculée. L’Aspiration à l'unité, est arrivée  par la recherche de nouveaux rituels dans le rock, la musique pop ou le disco - et ils ont eu raison - . Chaque époque doit créer ses propres rituels. Les rites de nos parents étaient nécrosés et le sens en était perdu.

La nouveauté dans la danse n’est pas un problème esthétique. Nous ressentons un besoin beaucoup plus profond pour traiter des questions sociales et notre perception du monde. Nous n’avons pas besoin de dire quoi que ce soit par  la danse - il y a beaucoup à dire sur le sujet ! Je parle du coeur.  Chaque jour, je deviens de plus en plus certain que la danse est l'art du 20ème siècle. ...Un jour viendra ou tout le monde dansera.

Nature  et singularités :

Depuis mon enfance, la danse a été une sorte de religion pour moi, si ce n’est purement une religion. Tout l'art en substance joue le rôle d'un culte, le rôle d'un conseiller spirituel, et d'autres rôles qui lui donnent l’air d'être une religion, à des degrés divers pour chaque art. Mais la danse a un rôle particulier dans ce cas. Je ne voudrais pas cultiver l'idée que la danse doit toujours transmettre quelque chose de religieux, mais vous devez considérer que, historiquement, la danse est dérivée de la religion. Son rôle initial était spirituel et sacré et pas seulement décoratif, ce que Maurice Béjart a déclaré à juste titre.

Quand les gens regardent Michael  danser, un miracle se produit. Ils ressentent à ce moment là,  que  sa danse leur offre quelque chose d'excitant et d’incomparable. Pratiquement tout ceux qui considèrent  sérieusement la danse de Michael, auront  certainement noté un certain côté mystérieux, c’est la qualité unique de  cet artiste qui rend son art inimitable. Des milliers de personnes ont appris beaucoup des ses mouvements et de ses étapes distinctives, mais personne ne peut les effectuer exactement comme il le faisait. C’est pourquoi toutes les tentatives de l'imiter (même par des danseurs professionnels) sont vouée à l'échec : tout imitateur de Jackson est un substitut dans les yeux des fans ardents de Jackson.

Pour moi, les légions de sosies de Michael Jackson imitant ses mouvements de danse sont des profanations pures. Sa présence physique et l'expression de ses émotions sur scène ne peuvent pas être copiées. Il est reconnaissable par la moindre nuance, sans parler de son énergie innovante. Même si un danseur peut brillamment effectuer les mêmes éléments de danse, il est impossible de copier la patte de Michael. À cet égard, ces imitateurs qui utilisent le style de Jackson simplement comme une base pour leurs propres variations et improvisations ont un avantage. Leur danse a toujours l'air plus intéressante, vivante, et habile,  dans une tentative de reproduire précisément ses mouvements, ce qui est pratiquement impossible dans la danse. Jackson ne peut pas être répété, copié ou imité - comme n’ importe quel célèbre danseur qui ne peut pas être dupliqué.

C’est donc ce qui rend Michael unique? Pourquoi  y a-t’il  des litiges en cours, par exemple, lorsque sa danse contient tant de mouvements sexuels, dits vulgaires - une vulgarité qui ne peut être vue dans tant d'autres artistes ? Pourquoi ses contributions à l'art de la danse sont-elles considérées si précieuses au point que cette pop star peut être placée  aux côtés des grands maîtres de ballet ou de la danse folklorique ?

Tout d'abord, je dirais que les fonctions du corps et le moteur de chaque danseur sont uniques. Il y a quelques caractéristiques communes, mais il y a beaucoup de détails qui ne peuvent même pas être analysés, tout comme il est impossible d'analyser chaque «molécule de danse » dans un corps humain vivant. Ces détails minutés et ces indications rendent compte de la manière personnelle de danser  de chaque personne. Certains montrent moins leur individualité, tandis que d'autres l’émettent à partir de leurs premiers pas sur la scène. C’est une des raisons pour lesquelles jamais un  imitateur ne peut copier ou remplacer un danseur brillant comme Michael et chercher à convaincre  ceux qui connaissent bien le style de Michael.

Ce n’est pas juste une question de sa singularité personnelle ; c’est une question concernant la singularité de chaque être humain. La science a inventé le clonage, mais  un clone ne peut être une copie parfaite de l'original, tout comme les jumeaux ne sont pas des gens identiques.  En aucune façon, une personne existante ne peut devenir le clone d'une autre personne. Les différences se poseraient à un certain stade, même si l'imitateur était spirituellement proche de l'interprète d'origine. Copier parfaitement des particularités individuelles dans une danse pour créer l'illusion d'un match est une entreprise utopique.

Ici, je vais arrêter de parler de l'unicité de la nature et retourner à mon sujet principal, que je trouve plus intéressant : l’unicité artistique.

Permettez-moi de revenir au début de la conversation,  quand je dis que, comme n’importe quel danseur vraiment brillant, Michael se distingue par son essence spirituelle et son approche spirituelle de la danse. Sa danse reflète la composante très religieuse mentionnée plus tôt - pas dans le sens d'exprimer toute doctrine ou croyance religieuse, mais dans le sens de sa démarche spirituelle et émotionnelle.

Tout d'abord, Michael n’est pas seulement un artiste.  Il est le créateur de sa danse.

Il ne fait pas quelque chose qu'il a appris simplement en imitant un chorégraphe. Même lorsque sa danse est soigneusement chorégraphiée, il reste le créateur: sa danse vient de l'intérieur, et pas d'autres personnes, peu importe avec qui il a collaboré  lors de la préparation.

Beaucoup de chorégraphes et danseurs ont participé à ses projets, mais l'équipe des danseurs et Michael sont tout à fait différents, bien que ses danseurs étaient toujours professionnels et excellents. Pourtant, il se tient invariablement, tant par sa façon de danser que par son sentiment intérieur de la danse.

Il danse dans le flux de la création libre. Il convient de noter que même les mouvements qu'il exécute sur scène encore et encore ne sont pas répétés mécaniquement comme un disque coincé. Non, il peut continuer une de ses danses par l'improvisation libre à tout moment. Et il n’est jamais en décalage avec son style personnel; à la place, elle ouvre de nouvelles facettes de son créateur intérieur insondable. C’est ce que ne peut pas faire un imitateur. Seul le créateur de la danse peut se mettre à jour,  renouveler sa danse naturellement et improviser librement, et être encore lui-même. Personne d'autre ne peut plonger dans son sacrement. C’est son domaine personnel, tout comme chaque personne a son propre corps et sa propre place sur la Terre.

Michael Jackson se distingue parmi tous les artistes de la scène de sa génération et celles qui ont suivi. Il est souvent dit que de nombreux artistes de la pop s’appuient sur Michael parce qu'il a créé une norme. Pourtant, beaucoup semblent s’appuyer sur les mauvaises choses. Michael a été marqué par sa croyance absolue dans ce qu'il faisait. Il avait toujours un art sincère et mousseux, tandis que les exécutants de la pop contemporaine,  principalement,  se regardent comme des poupées d'horlogerie magnifiquement conçus et amuseurs mais pas charismatiques.

Je ne sais pas pourquoi c’est ainsi, mais je soupçonne que le problème n’est pas un manque de talent, mais le fait que l'étape de la pop a définitivement été  adoptée pour la fabrication d'un glamour idéal moyen. Surtout, ces nouvelles «étoiles» qui créent une impression de poupées Barbie : toutes jolies, toutes capables, mais qui manquent  d'énergie ... Rien d'excitant ne se passe. Il n'y a rien qui puisse choquer ou nous surprendre - toutes les révolutions sont passées. C’est le sentiment général. Honnêtement, c’est triste de voir qu'ils sont privés d'un véritable processus de création en direct et font consciemment d’eux-mêmes un produit. Un produit et non un créateur, même un  petit. Il est étrange que l'industrie continue de dicter ce genre de goût  en sélectionnant ce type de matériel pour son usine à étoiles. Mais après tout, un génie et seulement un génie est rare.

La seconde, et c’est peut-être le facteur le  plus intéressant, c’est que fondamentalement, Michael Jackson n'est pas une figure de la pop. Oui, il a travaillé dans le cadre de la culture de masse populaire, mais il n’appartenait pas au pop art sur​ la base de sa mentalité. Je dirais même que c’était sa tragédie, dont il n’était pas coupable, bien sûr. Le cadre de la culture pop, d'une part, lui a permis de battre tous les records de vente possibles et de tendre la main à des millions de gens avec des idées simples et inspirantes. D'autre part, son talent a été limité à ce cadre, alors à la fin, certaines facettes de son art n'ont pas été pleinement manifestes et  la plupart du temps elles sont  passées  inaperçues pour  le grand public.

L'image de chanteur pop a empêché certaines personnes de le prendre au sérieux. C’est regrettable, et je vais le dire encore une fois : ce n’était pas de sa faute. La faute incombe à l'étroitesse d'esprit de la société. Sa figure avait trop de contradictions pour que les gens le perçoivent de manière adéquate. Il a combiné les traits des types classiques aux antipodes enracinés dans la mythologie populaire, et cela lui a finalement apporté de dures épreuves et une fin tragique.

En conclusion, je dirai ce qui est évident : En étant un génie, Michael n’était pas censé se conformer à toutes les normes. Comme l'a dit Niccolo Paganini, « Le talent n’est pas aimé, et le génie est détesté. » Par ailleurs, la vie de Paganini et de Jackson avaient de nombreux parallèles.

 

A suivre .....

 

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MICHAEL JACKSON prônait l'éducation.

20 Janvier 2015, 12:44pm

Publié par motspourtous

"L' éducation ouvre l'esprit des personnes dans le monde entier. Et il n'y a rien ... de plus important que de s'assurer que chacun a la possibilité de recevoir une éducation. Vouloir apprendre, avoir la capacité d'apprendre et ne pas être en mesure de le faire est un tragédie. "

Michael Jackson, United Negro College Fund discours, le 10 Mars 1988

J'ai voulu savoir ce que pensait L’écrivain Brésilien Paulo Coelho  qui  a séduit les lecteurs du monde entier avec ses romans traduits dans 65 langues, à l’instar de son plus grand succès, «L’Alchimiste». Il utilise aujourd’hui sa notoriété pour défendre les plus défavorisés. Cet engagement lui a valu d’être désigné Messager de la paix de l’ONU en septembre 2007. Ardent défenseur du multiculturalisme, ce natif de Rio de Janeiro travaille aussi avec l’UNESCO en tant que Conseiller spécial pour les dialogues interculturels et les convergences spirituelles. Il fait également partie du « Réseau des dirigeants masculins qui combattent la violence contre les femmes », une initiative lancée par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et qui réunit des dirigeants politiques, religieux et culturels du monde entier pour lutter contre ce fléau. Dans un entretien au Centre d’Actualités de l’ONU, il revient sur ses combats, sa vision du monde et son engagement avec l’ONU.

Extrait de l'entretien :

Centre d’actualités de l’ONU : Vous vous êtes engagé avec l’ONU au cours d’une décennie marquée par le 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Iraq. Une décennie pendant laquelle le concept de « choc des civilisations, des cultures », a beaucoup été utilisé. Qu’en pensez-vous ?

Paulo Coelho : Pour revenir sur l’idée du « choc » entre cultures, entre civilisations, je n’y crois pas. C’est quelque chose que certains dirigeants politiques ont tenté d’utiliser, et que les médias ont essayé et essaient encore de nous vendre, pour simplifier le monde, et leur travail. Quand ils parlent d’un «choc des civilisations», c’est juste une façon de séparer les choses, de manière simpliste. La réalité, c’est que nous sommes beaucoup plus proches les uns des autres que nous ne le pensons.

J’étais en Chine récemment. J’ai parlé à des gens normaux, simples et j’ai entendu les mêmes histoires que celles que vous entendez au Brésil. Alors, où est le choc des civilisations? Il n’y en a pas.

Nous vivons la même vie, mais nous pouvons avoir un malentendu ou ne pas nous comprendre. Et c’est là-dessus que nous avons à travailler. Au lieu de parler de nos différences, nous devrions parler davantage de nos points communs. Cela peut sembler un peu idéaliste, mais quand je vais sur mon blog, ma page Facebook, mon compte Twitter, je parle à des gens différents, qui vivent partout dans le monde et pourtant, vous découvrez qu’il est facile d’établir un dialogue.

Je pense que tous les gens se posent la même question. À la fin de la journée, on s’est tous posé la question classique et commune : qu’est ce que je fais ici? Et même si nous n’avons probablement pas la même réponse, nous avons la même question, donc nous pouvons nous comprendre les uns les autres.

La culture permet aux gens de mieux se comprendre. Et s’ils se comprennent mieux dans leur âme, il est plus facile de surmonter les obstacles économiques et politiques. Chacun doit comprendre que son voisin est en fin de compte pareil, les mêmes problèmes, les mêmes questions. Les gens doivent réaliser que leur voisin n’est pas différent, en dépit de sa différence de religion, d’origines socioculturelles.

En ce moment, je ne vois pas trop d’espoir dans le dialogue politique, mais j’en vois beaucoup dans le dialogue culturel.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous êtes Messager de la paix de l’ONU depuis 2007 et vous collaborez également avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), dont la devise est : « Construire la paix dans l’esprit des hommes ». L’une de ses missions est la promotion et la défense des cultures locales. Qu’est ce qui vous a amenez à cette collaboration?

Paulo Coelho : Nous devons protéger les cultures régionales et locales, car il est très important de préserver la diversité et le multiculturalisme. Comment pouvez-vous comprendre une culture régionale ou locale? Vous avez les livres, les histoires, la peinture, la danse, la musique, l’art. La seule manière dont les gens vont s’enrichir, la seule manière pour l’espèce humaine de s’enrichir, c’est grâce à la culture, le partage des différences. Parce que quand vous allez voir du côté du système politique, il y a toujours une barrière. Quand vous allez vers le système économique, il y a parfois des malentendus. Mais quand vous vous tournez vers la culture, vous commencez vraiment à tout comprendre.

C’est ce que j’ai dit au sujet de mes livres. Je ne dis pas : voici la vérité et tout le monde doit suivre ce que je pense et écrit. Ce que je dis, c’est que « nous vivons dans un monde d’êtres humains qui partagent les mêmes questions, mais ont différentes réponses en fonction de leurs cultures. Si nous avons les mêmes questions, nous avons un dénominateur commun, au sommet de la pyramide, où nous nous retrouvons. Les réponses aux questions, avec des différences, c’est la base de la pyramide ».

Les gens ont tendance à penser et à dire que la culture n’est pas le plus important, la plupart du temps parce qu’ils mélangent culture et divertissement, ce qui est une erreur totale. Comme je l’ai déjà dit, la culture est le seul pont qui reste. Donc, si nous avons des cultures, des cultures spontanées, des cultures populaires, elles ont besoin d’être protégées. Je ne crois pas en la culture parrainée ou financée par les gouvernements ou les sociétés privées, parce qu’ils en ont alors le contrôle ou peuvent l’utiliser pour leurs bénéfices. En général, je crois à la manifestation spontanée de la culture, de l’art, de la musique, de la danse. Parfois, vous voyez les gouvernements ou les Etats subventionner des évènements ou organisations culturelles. J’y suis opposé, cela me rappelle l’Union soviétique, qui s’est finalement effondrée après avoir tenté d’imposer un modèle, qui a écrasé les différentes cultures, et qui n’était pas dans le cœur du peuple.

source de l'article complet : http://www.un.org/apps/newsFr/newsmakersF.asp?NewsID=20#.VL5AcSzp8Sl

 

S' éduquer à la paix, dire que ce ne sont ni la guerre ni les armes qui résoudront ce que nous traversons, mais bien l'éducation, voilà ce que Michael jackson pourrait également nous rappeler aujourd'hui.
Le Roi de la Pop était sensible aux fléaux comme les conflits, les catastrophes naturelles ou celles causées par l'Homme. Il prônait l'amour, la paix, et la protection de notre planète.
MICHAEL JACKSON prônait l'éducation.MICHAEL JACKSON prônait l'éducation.

"J'aime lire. Je voudrais pouvoir conseiller aux gens de lire davantage . Nous avons une large vision du monde dans les livres. Si vous ne pouvez pas vous permettre de voyager, voyagez mentalement par la lecture. Vous pouvez voir n'importe quoi et aller où vous voulez par la lecture ".



Michael Jackson

Il y a déjà plusieurs années, cette conversation s'était tenue entre le journaliste Paul Theroux et Michael Jackson...

Michael Jackson : Je regarde des dessins animés. J'adore les dessins animés. Je joue aux jeux vidéo. Parfois, je lis.
Paul Theroux : Vous voulez dire que vous lisez des livres ?
Michael Jackson : Oui. J'aime lire des nouvelles et un peu de tout.
Paul Theroux : Un auteur en particulier ?
Michael Jackson : Somerset Maugham ... Whitman. Hemingway. Twain.

Cette discussion a été  évoquée par deux journaux (le Telegraph en Angleterre et le L.A. Times aux Etats-Unis) qui ont souligné à quel point le Roi de la Pop était un lecteur vorace. Le L.A. Times a ainsi raconté qu'il était un client régulier dans de nombreuses librairies californiennes, dont il repartait souvent avec quatre ou cinq ouvrages. Parfois, on demandait à ces magasins de fermer leurs portes pour qu'il puisse faire ses achats en toute tranquillité sans être dérangé par les fans. Michael Jackson arrivait, entouré de ses gardes du corps, se protégeant souvent par des lunettes noires, un masque chirurgical ou un parapluie. Il parlait rarement mais se montrait toujours discret et poli lorsqu'il le faisait. Un employé affirme qu'il appréciait la poésie, tandis qu'un autre souligne son goût pour Ralph Waldo Emerson.

Michael Jackson aimait discuter de ses lectures mais parmi le petit cercle de personnes de confiance qui l'entouraient, bien peu arrivaient à suivre son rythme : "On parlait de psychologie, de Freud, de Jung, d'Hawthorne, de sociologie, de l'histoire des Noirs et de la façon dont la sociologie aborde les questions de race", confie Bob Sanger, l'un des avocats du Roi de la Pop, au L.A. Weekly. Il explique que Michael Jackson lisait beaucoup d'oeuvres classiques sur ces sujets, puis ajoute : "Allez dans la rue et essayez de trouver cinq personnes qui peuvent vous parler de Freud et de Jung".

Theroux, quant à lui, s'est avoué surpris de la culture du Roi de la Pop qui a émergé au cours de leur conversation. Après avoir interviewé Liz Taylor, celle-ci lui a affirmé "[Michael] te parlera si je lui demande de le faire". Peu de temps après, il a été réveillé au petit matin par un coup de téléphone de Michael Jackson lui-même. Après avoir discuté avec lui de son amitié avec Liz Taylor, tous deux ont abordé divers sujets, notamment la célébrité, la famille et l'enfance perdue...

A ce point de leur conversation, Theroux a cité un vers d'un poète irlandais, George William Russell : "Dans l'enfance perdue de Judas / Christ a été trahi". Michael Jackson a répondu par un discret "wow" puis par une salve de questions sur le sens de cette phrase, sur ce que l'on savait exactement sur Judas, sur son enfance et sur sa vie. Theroux explique : "Je lui ai dit que Judas avait les cheveux roux et qu'il était le trésorier des Apôtres. Il a peut-être été Sicarii - membres d'un groupe juif radical, il est possible qu'il ne soit pas mort par pendaison (Note : version donnée par l'Evangile selon St Matthieu) mais en éclatant, d'une manière ou d'une autre, toutes les entrailles se répandant alors" (Note : version donnée par les Actes des Apôtres). Selon Theroux, s'en est suivi une session d'une vingtaine de minutes "d'apocryphe biblique avec Michael Jackson au sujet de l'enfance perdue de Judas", avant que la star ne pousse un autre "wow".



Selon Bob Sanger, la bibliothèque de Neverland abritait quelque 10 000 ouvrages (cf photo). Un aspect de l'artiste bien méconnu du grand public...

Source : ElusiveShadow.com / Al.com

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MICHAEL JACKSON - DANGEROUS PAR SUSAN FAST ( suite et fin) . ...

13 Janvier 2015, 13:11pm

Publié par motspourtous

MICHAEL JACKSON -  DANGEROUS PAR SUSAN FAST ( suite et fin) . ...

Chapitre 1 :  extrait de  NOISE  du livre  DANGEROUS de Susan Fast

 

Le bruit accompagne toutes les manifestations

 De notre vie (moderne).

Le bruit nous est familier,

Le bruit a le pouvoir de nous ramener à la vie.

 Luigi Rosselo

 

Votre CD de Dangerous inséré, appuyez sur play et entrez dans la décade de Michael Jackson, celle de la création de la musique bruyante. L'enregistrement commence par le son d’éclats de verre, un son qu’on peut entendre à nouveau sur certains de ses titres. Son album suivant HIStory s'ouvre sur ce qui pourrait passer pour un raté de moteur futuriste tandis qu’il démarre, suivi d'une explosion et du cri étouffé de Jackson. Invincible, commence aussi avec d’inquiétants grondements graves, une série de bombes électroniques qui tombent. Même si, nous sommes emportés immédiatement dans le groove[1] de Blood on the Danse Floor sans bruit en préambule, le titre suivant sur cet EP[2] est Morphine, introduite par des arythmiques.

 

 

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[1] C'est aussi un terme musical, d'abord utilisé en jazz, qui désigne notamment une rythmique s'appuyant sur le premier temps de la mesure, caractéristique du funk de James Brown, mais dont l'usage est galvaudé puisqu'il s'applique autant au funk qu'au R'n'B moderne et au RAP. Les maisons de disques et les médias ne sont pas étrangers à cette confusion sémantique dans la mesure où ce mot a été et demeure toujours employé comme argument commercial fourre-tout (slogans, noms de compilations et d'émissions, etc.).

[2] Un extended play, souvent appelé EP (à ne pas confondre avec maxi 45 tours , est un format musical plus long que celui du single mais plus court qu'un album. Apparu dans les années 1950, il consistait alors en un disque vinyle  de 17 cm de diamètre comportant généralement quatre titres (contre deux pour le single), et son emploi se généralisa en France jusqu'en 1970 sous l'appellation de « super 45 tours ».En général, un album contient au moins huit plages audio (ou dure de 30 à 80 minutes) et un single  contient deux plages, pour une durée totale inférieure à 10 minutes. Un EP contient généralement quatre plages, pour 10 à 15 minutes de musique. Entre cinq et sept plages, on parle le plus souvent de mini album.  Source Wikipedia -

 

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bourdonnements, claquements et claquettes électroniques où le groove funky dur, industriel, apparaît.  (C’est presque toujours ce genre de groove qui se dégage des sons - durs de durs, et vibrants de bruits.) Ces enregistrements sont nés du bruit : cassures, explosions, cris perçants, réminiscence de Dark Side  of the Moon (Pink Flood)   ou It Taches  a Nation of Millions in Hold us  Back (Public Ennemy). Et peut-être ces œuvres font-elles partie des influences ?

La musique est traversée par quelque chose qui se fait entendre à notre oreille, quelque chose de traumatique. Sur Dangerous, certaines de ces chansons sont nées du bruit, certaines sont moins violentes que d’autres et d’autres encore le sont vraiment. Par exemple, avec des bruits de moteurs de voiture, bruit de klaxons dans She Drive Me Wild.

Dans Dangerous, chanson éponyme, j’ai toujours entendu ce qui peut ressembler à la menace de l’approche d’un train … (ce pourrait aussi être des bruits d’usines, mais pourquoi se rapprochent-ils ? Des claquements de portes et le bris de verre dans In The Closet. Les chansons Jam et Why you Wanna Trip on Me  plafonnent dans le bruit. Le déclenchement commence avec un gémissement de guitare solo qui n’a normalement rien à faire avec ce qui suit : l’utilisation du bruit a pour but de créer une rupture, une désorientation.

Les hurlements et claquements de portes dans Black or White dépassent la musique, ils ont, par ailleurs, été jugés trop bruyants. La résistance à l’intervention parentale arrive sur un gémissement d’un riff de guitare rock et l’enfant dit : Avale ça !

Peut-être aussi que ces bruits font sens pour nous lors de l’ouverture de Why you Wanna Trip on Me. Peut-être aussi que dans un enregistrement de Michael Jackson ces sons peuvent être compris comme l’équivalent sonore d’un spectacle important. Si vous avez vu Michael ou les Jackson’s dans leurs shows en live vous savez que le gigantisme et le bruit étaient à l’ordre du jour et que c’est devenu de plus en plus prononcé sur ses tournées plus tard. Pourtant le show de Bad a commencé tranquillement avec Jackson et ses danseurs rassemblés sur la scène dans le noir.

Le show Dangerous lui, s’ouvre avec un Michael catapulté depuis le sous sol par un élévateur, sous une pluie de feu d’artifice doré (peut-être une référence aux étincelles qui descendent sur lui à la fin du Panther Dance dans le court métrage de Black or White. Si nous faisons cette connection, c’est de colère dont il  s’agit et non de la célébration des artifices). Le chorus de Jam, première chanson du show est ponctué d’explosions de feux d’artifices des deux côtés de l’énorme scène, à gauche et à droite de Jackson les tireurs sont placés à l’arrière de la scène.  Ses  bras sont tendus et ses doigts pointés. Au point culminant de ses shows et déjà au début de son court métrage  Bad, il laisse échapper un cri primal (« hoooo ») comme Armageddon lui-même en a lâché et qui « déchire » le cœur de la texture de la chanson. C’est sans parler de Jackson lui-même comme spectacle bruyant. Habillé d’un justaucorps d’escrime couleur or, ses cheveux bouclés  ruissèlent jusqu’à ses épaules,  les boucles se déchaînent sur  son visage sculpté et éblouissant sous le maquillage. Aucun danseur ne le suit, aucun autre corps n’est nécessaire pour créer le bruit, du moins au début. Spectacle Oui ! Reproduit ou produit en tant que son – émouvant, électrifiant, vivifiant mais quelquefois aussi effrayant. Le bruit aide à créer une musique qui est cinématique, des sons « non musicaux » comme les bris de verre, les claquements de portes dans le contexte d’une pièce de musique sont souvent utilisés pour apporter du visuel, car à la différence des sons musicaux, qui eux, tendent vers l’abstraction, ils signifient des choses particulières et peuvent être associés plus facilement à des idées ou des objets matériels spécifiques. La musique de Jackson s’adosse généralement au théâtre et au cinéma mais avec une exception pour Thriller où il n’incorpore pas les sons « non musicaux » et ce jusqu’à Dangerous.  Ensuite, il  a commencé à façonner ses enregistrements d’une jolie façon. Le bruit peut aussi être compris comme un rehaussement sonique de soi : un certain niveau, spécialement pour le côté sombre, les explosions de mauvaise augure viennent là pour représenter le penchant de Jackson envers la représentation mythique de soi vis-à-vis du grandiose.

Mais le bruit est narrativement plus qu'un frisson à bas prix, pour le théâtre ou l'ego.

  • Le monde n'est pas voyant, a écrit Attali.  Il ne voit pas. Il n'est pas lisible, mais audible.

Les disques de Jackson situent l’auditeur dans une sorte de monde, le monde contemporain urbain des bouleversements, de la rupture, l’instabilité, des faux départs (donc beaucoup de sons électroniques sont ainsi, hésitants, complexes comme des pensées incomplètes). Cela place les technologies modernes – voitures, trains, synthétiseurs … bombes, devant et au centre du paysage sonore. En certains cas, cette bruyance est enchaînée à la rage, éventuellement la sienne, à la presse, aux  policiers racistes et procureurs, aux parents avides, mais sur Dangerous, c’est autre chose.  Le son des bris de verre avec lequel s’ouvre l‘album, réapparaît et présente une signification particulière dans le contexte du court métrage de Black or White, Jam et In The Closet. Dans celui de Black or White, le sous verre qui contient le poster de Jackson se fracasse au sol, après que le père en colère contre la musique bruyante écoutée par son fils, claque violemment la porte sur laquelle ce sous verre est accroché. Cela semble être davantage une libération pour Jackson,  symboliquement parlant,  de la puissance du son rock de sa musique qu’au sujet de ce qui le détruit. Touché Michael ! Et peut-être le sommes- nous plus crucialement  par le fracas des bris de verre encore et encore à la fin du court métrage de la Panther-Danse quand il utilise sa rage profonde contre le racisme structurel. Dans le court métrage de Jam, un ballon, en réalité un globe terrestre explose à travers une fenêtre d’un entrepot  désaffecté, cassant la vitre. Aussitôt après cette scène le ballon est récupéré par un enfant et  réapparaît à la fin du film.  Alors que le ballon rebondit sous la forme d’une balle de basket ball qui, tout au long de ces images, sera entre les mains de Michael Jordan : c’est un clin d’œil à ce qui peut être fait de bon quand on tient le monde entre ses mains. Le Globe terrestre ressurgit aussi à la fin du court métrage de Heal the World, entre les mains d’un enfant. Et encore dans Black or White où deux bébés, un noir et un blanc sont perchés sur le globe.  Ce dernier reparait  à nouveau  dans Will You Be There, passant des mains d’un enfant à celle d’un ange. Représentant probablement un garde précautionneux, puisque les humains ne semblent pas savoir le faire eux-mêmes et aussi peut-être pour nous indiquer qu’il n’existe aucune séparation entre le ciel et la terre. La signification du globe/monde dans Dangerous est une allusion à la pochette crée par Mark Ryden pour l’album, ou il (le monde) occupe le centre de cette oeuvre d’art. Une idée  fondamentale est née,  elle traverse tout l’album ainsi qu’en grande partie le court métrage, si ce n’est dans les images, du moins dans le son, quelque chose se casse, est cassé ! A travers les paroles de Jam et Why Wanna Trip on Me, et ensuite à travers les images dans le court métrage, nous arrivons à comprendre que cette rupture est la réponse à un monde en crise. A travers les images et ensuite dans Heal The World, à travers les voix, il devient clair que les enfants sont les seuls à pouvoir réparer le monde. Avant que vous ne rouliez des yeux d’incrédulité,  et pensiez à cette vision comme désespérément naïve, permettez-moi de dire que ce n’est pas ce récit ou cet enregistrement qui fini par l’être. C’est juste une belle idée qui n’est pas exploitée.

 

*    *    *

 

Le bruit a été une idée maîtresse dans maintes musiques de résistance dans l’Ouest. Du point de vue sonore, il a fait la force du R&B et du Rock’n’ Roll et ces bruits ont persisté dans le backbeat[1]  qui a causé l’hystérie dans la culture blanche en 1950.

Dick Hebdige[2] a écrit : Le punk  a perturbé la culture dominante en transformant des objets du quotidien en bruit visuel, par exemple : des épingles de sûreté en bijoux,  des sacs à ordures comme vêtements. Sans parler des sons de musique effrontés et frustes accompagnés de crissements vocaux. Et cela longtemps avant que Luigi Rosselo et ses amis futuristes italiens aient pensé au tournant du XXe siècle.  Le bruit de la ville industrielle moderne permettrait de sauver la musique de la médiocrité, du conservatisme,  et les auditeurs d’un terrible ennui. Dans tous ces domaines, les indications sont à examiner avec soin dans leur contexte spécifique. Mais ensuite, il y a eu une longue et forte tradition dans la culture occidentale, spécialement la culture blanche qui voulait que la musique soit saine et domptée par l'intermédiaire des appareils techniques sous la forme et la tonalité d’idéaux esthétiques de beauté classique.  Ce qui sous-entend  alors que  le bruit signifie la rupture du statu-quo à un certain niveau et pour une certaine raison.

Probablement que, politiquement, la plus importante sorte de bruit en musique dans la mémoire récente a été le hip hop où spécialement dans ses premières années, le bruit était un conducteur principal, une signification à travers laquelle le note  Robert Walser :

  • Exprimer une forme de dissidence et de critique sert à articuler l’identité d’une communauté qui est définie ou qui se définit elle-même bruyante.

Dans son livre d’avant-garde sur la musique rap, nommé significativement Black Noise, Tricia Rose, cite un sujet sur la stratégie du bruit dans le hip hop et la perturbation du paysage sonore. Un collègue blanc d’âge moyen lui aurait dit :

  • Ces descentes dans ma rue à 2h du matin avec ce dynamitage de haut-parleurs et réveillant ma femme et mes enfants. De quoi s’agit-il ?  

Il s’agit Monsieur, de déranger le rythme de votre vie normale et privilégiée, pour vous réveiller (littéralement) avec les conditions des moins privilégiés.

 Il s’agit d’un temps rappelle Rose :

  • où pour les esclaves il était interdit de jouer du tam-tam parce qu’il véhiculait un code de communication et inspirait la peur de leurs propriétaires.

Donc dans le contexte, un enregistrement comme celui de Public Ennemy : It Takes a Nation ou celui de N.W.A Straight Outta Compton représente une forme de pic dans le principe d’utilisation du bruit comme signification de dissidence et de critique, créant des sortes de pulsations lourdes et bruyantes, strates sur strates, incluant les sons non musicaux, sirènes et machines, armes à feu, avec des bruit blancs[3], des sifflets, des interjections dissonantes sur le backbeat, et comme le dit Robert Walser :

  • En recherche de paysage sonore urbain conflictuel ou les sirènes et les perceuses ponctuent la poly-texture des strates de la modernité.

Bien que Jackson aimait expérimenter les sons et l’avait toujours fait, je ne pense pas que ce soit une coïncidence si son enregistrement se révèle bruyant surtout dans le sillage du hip hop à la fin des années 80. Je suis allée assez loin pour dire que l’incorporation du bruit est une grosse part d’invitation et d’embrasement du sampling[4], du scratching[5]  et du beatboxing[6] dans sa musique.

Nous allons d’abord entendre Dangerous. Bien ! Nous ne pouvons guère dire que le beatboxing fait sa première apparition dans cet enregistrement. Jackson l’avait incorporé des années auparavant et l’a utilisé comme un moyen de poser son grooves initial pour beaucoup de ses chansons entendues sur la démo de Beat It, et  sur la bande sonore de This Is It. Mais avec un son plus profond d’embrassement du paysage sonore bruyant du hip hop, il a clairement incorporé les idées politiques de résistance contre cette musique, à sa propre manière, avec son propre message.  Il n’entrait pas en décalage avec le monde de la musique pop comme certains critiques l’ont affirmé : 

Il a adapté le paysage sonore et politique de la musique urbaine contemporaine d’une manière lui permettant de rester fidèle à ce qu’il était en tant qu’artiste : un chanteur auteur, danseur qui était non pas un adolescent rebelle mais réellement un homme au début de ses trente ans. Il était d’une génération hip hop et   contemporaine du rock alternatif, dont les expressions de brusquerie, de colère  et d’insatisfaction face au monde  n’étaient pas seulement celles des jeunes. Elles sont nées, ces expressions, d’une approche profondément différente dans la manière de faire de la musique, avec un autre type de masculinité et une vision différente du monde.

Villa Stillaver a fait un point important sur le retard de Jackson et qui peut être indicatif de son embrassement pour le hip hop. Au moment où les opinions politiques exprimées par cette musique ont commencé à briser le courant dominant, Michael Jackson « était » LE courant dominant. Sa décision de ne pas  intégrer le hip-hop dans sa musique "au cours de la période la  plus cruciale de sa croissance" a été une manière de soutenir le mouvement en refusant de le coopter  vis-à-vis d’un « establishment » qui aurait réussi à l'affaiblir. Dans les paroles de Jam, Jackson fait référence au baby boom dont il fait partie. Il  arrive à maturité et il travaille. En effet, il suggère que sa génération porte la responsabilité de l'état du monde et qu’elle doit se  poser des questions. Peut-être,  a-t-il estimé qu'il était temps d’intensifier cela en adoptant ce genre de musique.

La musique de Jackson veut dire précision, habileté, subtilité, marque de fabrique  (musicalement parlant) pendant un certain temps,  pour quelqu'un dont l'esthétique a été, d’une certaine manière moderniste dans son attention à l’unité et aux détails structurels. Nelson George a eu le commentaire suivant :

  • Jackson est un de ces quelques artistes qui actuellement enjambent les mondes de la soul et de la post soul.  Tandis que ses concepts de mise en scène remontent aux circuits des boites de nuit et théâtres, Jackson devient brillant en adaptant de nouveaux styles pour les besoins de sa propre musique.

Ces enjambements requièrent de l’équilibre, de l’habileté pour les ajuster. Les opinions politiques exprimées dans Dangerous ne sont pas aussi directes que celles exprimées dans le hip hop. Mais on ne peut pas dire que cet album n’est pas approprié, ou qu’il est stylistiquement sans innovation musicale ou encore sans  substance politique. Jouant avec les styles, les conventions et les traditions d’une certaine manière, elles ont été absolument maîtrisées au moment de Dangerous et ont été souvent et précisément  exprimées,  découlant de  la  source profonde de ses opinions politiques.

 

*   *   *

 

Jackson a une manière stylisée mais brute de forme, dans ses chansons plus ouvertement politiques, étonnamment efficace, et ce avec des clichés pourtant émoussés.

 La beauté des textes comme : “If you can’t feed you baby/then don’t have a baby[7]”dans  Wanna Be Starting Something (hormis les autres chansons de Thriller), est mon exemple favori pour illustrer ce dont je parle. Le phrasé hémistiche[8] et la rythmique de la structure interne ainsi qu’un penchant pour la répétition est redevable au prêche afro-américain ainsi qu’aux artistes R&B comme James Brown.  Ce phrasé et cette rythmique sont courts, précis, légèrement délaissés sur une partie des paroles de cette chanson. Cela fonctionne rarement au récit mais plutôt au coup de poing rapide qui frappe au niveau du ventre. (Il y a exception bien sûr surtout pour certaines de ses ballades). C’est une évocation plutôt qu’une description avec développement.  Cependant, cela est fait également avec une incroyable spécificité. Cette technique est puissante dans le contexte de sa publication, qui serait banale sans cela. Dangerous commence avec deux exemples persuasifs. Jackson offre une vue des relations  humaines morne dés l’ouverture de son album. Deux chansons Jam et Wanna Trip on Me, offrent un mouvement de va et vient entre le privé et le public, entre la dureté du monde et les effets d’une vie simple. Une puissance poétique technique fait partie de celles que Jackson utilise souvent dans son travail.  Cependant il y a une difficulté d’écriture pour  éviter le conventionnel (et le banal) Why You Wanna Trip on Me  comporte une des diatribes de Jackson contre la presse tabloïd.  Cela peut être considéré et de même avec Jam comme une large réflexion sur les intersections entre la sphère privée et la sphère publique, dans ce sens : comment les problèmes systémiques socioculturels sont entrés dans le quotidien et de quelle façon ils peuvent être éclipsés par des banalités et de l’insignifiance. En réalité, les paroles dans ces deux chansons offrent une vigoureuse mais tranchante critique du néolibéralisme tel qu’il a émergé  dans les années 80 lors de l’ère Tatcher et Reagan. Le néolibéralisme professe que notre bien être est mieux servi en laissant les individus poursuivre leur propre avancement économique : maintenir les règles en gouvernant a minima pour permettre aux individus de poursuivre le Rêve Américain ou quelques autres mythes comme peuvent en avoir les occidentaux.

Ouvrir les marchés, permettre le libre-échange, empêcher la faillite économique de l’état, relâcher les règlements, et faire en sorte que le meilleur gagne (sic). La manière dont le monde a été façonné par cette idéologie politique a contribué à ce  que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres considérablement plus pauvres. C’est une idéologie suggérant que les gens doivent se débrouiller eux-mêmes, sans la protection sociale, qui pourrait empiéter sur leurs libertés individuelles,  alors qu’ils sont tous dans une égale position pour se sortir de l’ornière. Et tant pis pour les divergences qui naissent avec les classes, la race, le sexe ou le handicap. C’est une idéologie qui s’occupe surtout de ceux qui sont déjà en position de pouvoir ou de privilèges et qui travaillent pour obtenir  toujours davantage.  La manière dont Tatcher et Reagan et ceux qui les ont suivis, nous ont enseigné à penser « monnaie » a conditionné notre façon de réagir concernant beaucoup de choses. Comme Davis Harvey le stipule :

  • Le néolibéralisme a …des effets persuasifs sur notre manière de penser au point d’avoir incorporé dans notre sens commun la manière dont beaucoup d’entre nous, interprètent, vivent et comprennent le monde.

Jackson nous fait sentir les conséquences de ce dogme en retour sur l'intime personnel, et implique non seulement d'autres dans ce culte de l'individualité et du narcissisme, mais lui-même aussi. Autrement dit : Je ne peux pas demander une faveur et réciproquement, ne pas la demander pour l'un ou l'autre, de mes frères et sœurs.  Conditionnés par le système toi et moi, tous les deux, dans notre propre monde qui continue de changer, réarrangeons nos esprits.

Si nous mettons de la bonne volonté à considérer Why Wanna You Trip on Me dans cette perspective, de façon générale, en mettant l'accent sur l'individu, et non sur la communauté, alors nous pouvons lire aussi cette chanson comme un genre de critique. Même si nous prenons le « Me » comme Jackson lui-même dans ses paroles, et même si cela apparaît évident comme interprétation, alors cette lecture tient encore.

Pourquoi Jackson met-il l’accent sur le culte de la célébrité plus que sur la multitude des sérieux problèmes dans le monde ?


[1] Accentuation des temps pairs, caractéristique des rythmiques issues des musiques afro-américaines :(ndt) Wikipedia

 

[2] Dick Hedbige, né en 1951, est un sociologue et chercheur en communication. Il est surtout connu pour ses études sur les sous cultures, leurs résistances et leur récupération par la société de la mode. Wikipedia

 

[3] Le son produit lors de l'effet de « neige » sur un téléviseur déréglé est un bon exemple de bruit blanc.

 

[4] Un échantillon (sample en anglais) est un extrait de musique ou un son réutilisé dans une nouvelle composition musicale, souvent joué en boucle. L'extrait original peut être une note, un motif musical ou sonore quelconque. Il peut être original ou réutilisé en dehors de son contexte d'origine.

 

[5]Son produit par frottement sur un disque vinyle

 

[6] Littéralement : boite à rythmes humaine. Multi vocalisme qui consiste à imiter des instruments en utilisant la voix, (principalement les percussions).

[7]L'hémistiche est un vers de six syllabes soit la moitié d'un alexandrin.

 

[8] Si tu ne peux pas nourrir ton bébé, ne fais pas de bébé. 

 

Fin de la traduction de ce livre en raison des droits réservés, et notamment des droits moraux sur la traduction Française......(Les traductions jouissent de la même protection que les oeuvres originales, et bien que je ne tire aucun revenu de cette utilisation, je ne veux prendre aucun risque!  ) -  Il est également possible que Susan Fast ait prévu la traduction de son oeuvre dans d'autres langues, dont le Français.

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BONNE ANNÉE 2015 AUX PASSIONNÉS DE MICHAEL JACKSON.

1 Janvier 2015, 08:30am

Publié par motspourtous

BONNE ANNÉE 2015 AUX PASSIONNÉS DE MICHAEL JACKSON.

Tous les peuples ont célébré l'aube étincelante de cette nouvelle année. Je souhaite que celle ci vous apporte bonheur, santé et amour.

BONNE ANNÉE !

Histoire de commencer  l'année sur les chapeaux de roue, je partage avec vous  la traduction des premières pages d'un livre passionnant.

Le 25 Septembre 2014, les éditions Bloomsbury Academic ont publié dans leur collection “33 1/3″ un livre en anglais de 168 pages intitulé « Michael Jackson’s Dangerous » écrit par Susan Fast.

Susan Fast est professeur au Département anglais d'études culturelles à l'Université McMaster Hamilton, au Canada. Ses intérêts et ses recherches portent sur ​​les représentations du genre, la sexualité, la race et l'origine ethnique, les constructions de soi et de l'autre, la performance et la performativité, la violence géopolitique et les conflits dans la musique populaire contemporaine. Elle est l'auteure de Of In the Houses of the Holy: Led Zeppelin and the Power of Rock Music.

En adéquation avec ses intérêts académiques de la musique populaire et de la performance, Fast a choisi d'écrire dans la collection 33 1/3, sur l’album de Michael Jackson « Dangerous »Ce qu'elle pense est absent dans les études de l'œuvre de Michael Jackson à ce jour.

SUSAN FAST :

Cela a été le plus difficile et le plus gratifiant projet d’écriture que je n’ai jamais entrepris.

Difficile, parce j’ai choisi de conter des récits majeurs au sujet de Jackson et d'approcher son travail avec la sophistication que cela suppose,  souvent ressentie comme redoutable. Spécialement en fonction de la folie médiatique autour de sa vie au détriment de son travail artistique.  

Je suis reconnaissante pour ce que j'ai partagé dans la dernière partie de cette aventure avec  Willa Stillwater, Joseph Vogel et Lisha Mc Duff, trois personnes  parmi les rares à avoir écrit sérieusement sur l'oeuvre de Jackson et qui avaient une connaissance encyclopédique  de ce travail. Ils ont lu chaque chapitre de mon projet abouti en m’offrant leur critique utile. Merci Willa, Joe et Lisha pour avoir été si généreux et supporters de ce projet.  J’ai eu la chance d’être capable d’offrir un séminaire sur Jackson alors que je terminais ce projet, et suis reconnaissante pour l’enthousiasme et le partage avec cette classe d’étudiants et leur empathie pour la  lecture de mon travail sur Jackson :

Lakyn Barton, Jeffery Caldwell, MaryAnn Jazvac, Tonya Lazdowski, Timmy Mo, Justin Raymond, Sidney Saville, Amy Verhaeghe et Chenfan Wu.  Merci à Matt Link, Stan Hawkins, Craig Jennex et Liss Platt pour leurs commentaires, sur diverses pages de ce manuscrit.

Liss, une artiste, collègue et amie m’a offert son expertise en interprétant la couverture de l’album comme l’a fait une autre collègue, historienne d’art, Alison McQueen.

Mes remerciements vont aux deux.  Je suis reconnaissante aussi à David Barker qui a considéré que le projet valait la peine de faire partie de cette série. Je remercie aussi Ally Jane  Grossan et Kaitlin Fontana  pour leur conduite experte à travers le processus de l’édition et de la publication.

Pour finir, dans un  profond sentiment respectueux envers Michael qui a crée une musique extraordinaire; ce livre est pour ceux qui savent cela mais plus spécialement pour ceux qui ne le savent pas encore.

BONNE ANNÉE 2015 AUX PASSIONNÉS DE MICHAEL JACKSON.

Narration d’histoires au sujet de Michael Jackson

Le Dangerous de 1991 a annoncé la fin de l’innocence de Michael Jackson  et a commandé du même coup une complication  conflictuelle de sensibilité.

Armond White

Dangerous est le début d’une ère pour Michael Jackson. Je sais que c'est une grande et apparemment absurde revendication, puisque beaucoup pensent que son meilleur travail était derrière lui à ce moment là. 

Laissez- moi expliquer. Cet enregistrement a fait entrer Jackson au seuil de l’âge adulte : n’est-ce pas ce qui lui manquait ? Et ce faisant,  à travers une immersion dans la musique noire qui ne continuerait qu’à approfondir ses œuvres ultérieures.

Pourtant, il fut incapable de convaincre un public septique, (à ce stade totalement endoctriné, par les médias) qu'il était capable de cultiver des sentiments, je veux dire d’engagement politique profond, d’expressions adultes sur la sexualité, de réflexions spirituelles ou d’intérêt pour son héritage noir. Cela révèle une histoire intéressante en soi, sur ce qui peut en fin de compte être dit, cru, toléré, accepté et par qui.  Une histoire dans laquelle il est possible de voir (et d’entendre) ce qui a été distordu comme le philosophe Ludwig Wittgenstein l’a pensé :

Par le fait que souvent, nous ne pouvons pas dépasser les images mentales des choses qui nous retiennent captifs.

Le portrait d’adulte qui nous apparaît sur ce disque trouve Jackson en prise avec une lourde connotation politique, l’amour, la luxure, la séduction, la trahison, la damnation et peut-être plus que tout autre, d’une manière jamais connue auparavant dans sa musique. Il nous donne une vision funèbre du monde, qui est davantage basée sur le réalisme que sur sa caractéristique théâtrale. Peut-être est-ce un réalisme théâtral, mais néanmoins, cela donne un sentiment différent de ses offres précédentes. Il semble à ce moment, être sur le point d’une fracture émotionnelle.  Et à d’autres moments d’une indulgente ironie. Même les instants brillants sont environnés d’une certaine colère, trahison ou ambiguïté,  l’album ne laisse guère de doutes sur le fait que la douleur éclipse l’espoir. Ce n’est pas une musique pop ensoleillée et heureuse.

Jackson avait couvert un peu de ce territoire avant d’être sûr : l’angoisse brillante de Billie Jean en est le prototype. Mais sur Dangerous, c’est profond et plus soutenu et ce n’est pas seulement au sujet d'une déception de nature charnelle, quoique certainement présente, mais c'est davantage  au sujet de l'altération de son propre désir, de l’état du monde, du racisme systémique, de la solitude, de la recherche de la rédemption et de la communauté. Et c’est sombre : il est inquiet, endolori, déçu, écorché, suspecté et averti. Et non pas atteint de paranoïa comme beaucoup de critiques l'ont ébruité. Pourquoi n’en finit-il pas  d’explorer et de retourner aux thèmes qu’il pense être particulièrement riches et provocateurs, comme beaucoup d’artistes le font sans qu’on les catalogue ( de paranoïaques). Dans la revue Rolling Stone, Alan Light a souligné :

« La nouvelle sexualité affirmée de Jackson,  est appelée Dangerous comme son meilleur travail, ici et ailleurs ». Ce travail « qui révèle un homme, et non pas un homme-enfant, dont ses plus beaux chants et danses sont toujours sexuellement chargés. Alan dit même  qu'il est passionnant quand il est vraiment dangereux ».

Alors que beaucoup n’ont pas catalogué Jackson « bad », il est difficile cependant de nier qu'il a vraiment été perçu comme « dangereux » à ce moment là.  C‘est en fait, mon argument dans ce livre. En 2011 une monographie de Joseph Vogel sur Jackson – une de ces œuvres rares, consacrée à un examen sérieux de sa musique,- (ce qui est assez fou pour un artiste de ce calibre !), Joseph Vogel donc, a commenté plusieurs critiques, comme Alan Light, qui semblait favorable à la nouvelle orientation prise par Dangerous

Après la mort de Jackson, John Dolan a même fait une perceptible comparaison avec le Nevermind de Nirvana depuis les graphiques du bilboard où Nirvana a détrôné Jackson en étant numéro un et a marqué le début de l'âge grunge.  Dolan a écrit :

« Les craintes de Jackson, la dépression et l'enfant blessé, le sens du bien et du mal ont plus en commun avec Curt Cobain pour qui que ce soit qui a pris le temps de le remarquer. »

Vogel étoffe cette idée  dans son essai écrit vingt ans après la sortie de Dangerous.

« Du point de vue du son, Dangerous a  peu en commun avec le travail de ses collègues pop stars comme Madonna, Whitney Houston et Mariah Carey. Sa vision est très étendue et de mauvaise augure. A la fin des années 80 et contrairement à la conventionnelle sagesse, Nirvana est beaucoup plus pop que Michael Jackson et Michael Jackson est beaucoup plus alternatif que Nirvana. Si en définitive Dangerous est considéré comme un album pop, alors l’album redéfinit les paramètres de la pop ».

Comme Nevermind de Nirvana ou Atchung Baby de U2  dans la même année, Dangerous offre un saut vulnérable et obscur,  avec autant,  si ce n’est plus, de sophistication technique et une palette stylistique beaucoup plus large. J’ai dit que cette confusion générique est en partie ce qui fait de Dangerous, un disque difficile à saisir.  Ce n’est certainement pas seulement les paroles de Jackson qui vont dans cette direction sophistiquée, mais la manière dont il utilise sa voix spectaculaire et agile, le sombre groove industriel, une allégeance reconstituée du son de la musique noire passée (soul et rock) et présente (hip-hop), son image d'adulte et sa danse dans ses courts métrages.  Au lieu de produire un autre enregistrement plein de singles à succès, il a offert un tableau de funk rauques et de gospel, ponctués par une ballade de métal ruisselant avec un des guitaristes au jeu émotionnellement débridé : Slash. Pas de retour a la gaieté délirante d’Eddie Van Halen. Seulement Heal the World et Black or White suivis de la formule éprouvée avec Gone to Soon, un bref signe de son amour pour le Grand Répertoire Américain. Comme on pouvait s’y attendre, Black or White est son seul hit numéro un au Bilboard Hot 100, ce qui est ironique, étant donné que le court métrage de cette chanson, le premier de l’album, présentait sa forte déclaration au sujet des relations raciales à ce moment là. Cela a été mal compris et condamné : premier signe réel de la mise en danger de l’album. Il y a moins de top Ten sur ce disque que depuis Off the Wall,  sa nouvelle direction bénie  pour laquelle il a reçu  une pluie de Grammys. Encore que l’album s’est vendu à plus de trente millions de copies dans le monde. Et musicalement, il  a eu un impact signifiant. D’une part, Nelson George suggère : que la nouvelle tension de Jackson, colle au style vocal sur Dangerous et marque le début d’une toute nouvelle approche du chant R&B dans les années 90 et au-delà.

De son côté, Vogel, lui, remarque que les fusions de R&B-Rap de Jackson définissent le plan d'action pour les années à venir, une nouvelle approche, qui donnera alors une importante sorte de grande musique noire. Et important, peut-être aussi, cet album a été l’un des moins célèbres. Il amalgame avec HIStory, Blood on the Dance Floor et Invincible, ses trois derniers enregistrements, peut-être, une musique plus forte que jamais et à jamais effacée par les scandales sur sa personne et des faux pas professionnels comme Armond White  le raconte dans sa critique d’HIStory :

“ Les plaintes des medias peoples qui descendent de la classe moyenne disent : tais toi et divertit nous !

Vogel souligne un point important en disant que Jackson incarnait moins le rôle principal. A savoir : Il était une superstar qui maintenant énoncait  la lisière de la perspective de la blessure ou de l’oubli. Il implantait plus de risques, devenait plus effronté politiquement, plus concerné par la sexualité adulte, s’inquiétant moins,  semblait-il,  de son standing commercial.  Une réévaluation de la musique de Jackson a eu lieu,  après sa mort,  quand il a semblé moins risqué  d’aimer sa musique. Mais beaucoup de gens, après Bad,   avaient déjà cessé de penser que  Michael Jackson était  musicalement signifiant. Zut alors ! Il y a ceux qui pensent que le disque solo, Off The Wall a été le plus appréciable et qu'ensuite il a décliné. Mais beaucoup se sont arrêtés à Thriller. Dans le New Yorker, Bill Wyman a récemment noté :

« Une des cruautés de la célébrité est que vous ne savez jamais à quel moment  vous allez atteindre votre apogée ».

Le déclin de Jackson, aurait  donc,  presque été défini quand Thriller est devenu N° 1 en avril 1984. Si cela est juste, soyons clairs, cela voudrait dire que des titres comme Man in The Mirror feraient partie du déclin ? Ok ! Allons-y ! George Nelson a élucubré que : 

« Thriller devrait être le point central de référence, si l’on pense à la signification et la valeur de l'héritage de Jackson ».

Je respecte le désaccord. Dave Marsh a publié un livre entier (et assez cruel) sur l’âge d’or de Jackson, il a supposé que l’âge d’or de Jackson était venu et reparti. Fait intéressant, étant donné que Jackson a fait quatre autres enregistrements après ce livre. Marsh n’a jamais pris la peine de réévaluer ses écrits ; en fait il a publié le chapitre final de son livre sur son blog après la mort de Jackson avec un commentaire inexplicable : it holds up (qui s'avèrait juste.)

Jackson a également souffert d’une idée,  qui voulait que, commercialement la musique ne pouvait pas offrir beaucoup de messages. (Certaines musiques rock en étaient mystérieusement exemptes). Et si cela est mesuré en degrés, alors l’OTT de Jackson, en tant que succès commercial fait de lui le candidat radical le moins politisé.

En 1987, l’influent savant de la culture afro-américaine, Cornel West a appelé Jackson : 

« Un cas de non opposition à la marchandisation de la peau noire qui devient de plus en plus une friandise et il ne  faut pas en ajouter beaucoup, pour qu’il soit plus radical que Mc Donald  ».

Comme beaucoup, il a dit d’aimables choses,  mais après la mort de Jackson. Ces histoires dans la musique populaire sont indicatives d’une extension par laquelle les gens se font une idée particulière de ce qui est considéré comme authentique, radical ou contre culturel. Le succès commercial de Jackson et son habileté, son désir de déplacer de manière presque incompatible les genres de musique lui ont donné peu de crédibilité en ce domaine. Dans le cas de Jackson, cependant, il y a d’autres complications. Il a fait une musique qui est incroyablement accessible et il est facile de s’arrêter à sa surface. Pourtant, dans beaucoup de ses chansons et de ses courts-métrages, il y a énormément à enquérir sous cette surface. Cela demande un certain effort pour articuler la réalité, même si vous ressentez immédiatement la profondeur de sa musique et de sa danse dans votre âme. Mais plus encore, beaucoup de gens ont théorisé sur l'apparence de  Jackson  et n’ont  donc pu déceler son habileté pour la transposer en art. Mon argument tient précisément au fait que lorsqu’il est entré dans cette maturité artistique marquée avec Dangerous, son aberrance est devenue  intolérable,  de ce fait,  c’est une critique aveugle envers sa musique qui a prévalu. Michael était un enfant prodige décalé, fabuleux, qui avait, jusque là traversé l’âge adulte sans l’habiter, tout en étant le gars sexy qu’il était, avec ses looks, son amour pour les enfants et les conditions de l’enfance. Il n'a pas de partenaire, fait de la musique à consonance sombre et parle sérieusement de race, de sexe et de vie spirituelle : Bon Dieu. C’est une blague, nous ne voulions pas le voir grandir ! S'il vous plaît rendez nous notre petit garçon !!!

Voilà ce qui s’est passé après la sortie de Dangerous. Premièrement, il est admonesté pour   violence et conotation sexuelle à travers son court métrage Panther-dance dans Black or White. Le premier single réalisé hors de l’album et rappelez vous, télé visualisé nationalement et internationalement dans l'étonnement général d’un public de cent millions de personnes. Sa sexualité, longtemps une source de spéculation (il avait été obligé de faire une déclaration précisant qu’il n’était pas homosexuel) s'est maintenue comme improbable.  Je veux dire non seulement hétérosexuel improbable mais improbable en général en dépit de sa vibrante auto présentation. (Fausse selon la conclusion des critiques). 

Il est critiqué pour être apparu plus blanc que jamais et, c’est à ce moment de sa métamorphose,   relativement constante,  qu’il commence à aller de l’avant, en particulier pour contester radicalement les idées reçues sur la race et le sexe. Il est réputé musicalement non pertinent dans le sillage du grunge et du hip hop,  sans la reconnaissance de l'existance  d'une considérable congruence entre les formes musicales et autres qu'il a imposées. Et finalement, il est publiquement blâmé avec une allégation de molestation d’enfants en 1993.

Socialement parlant, quelle meilleure métaphore de rejet en tant qu’homme adulte. Quel meilleur geste de castration ? Dangerous est le document qui définit le déroulement de la spectaculaire chute de la grâce en mouvement.

Mais laissez moi essayer, non de dériver encore dans cette tragédie, un geste si facile à faire lorsque vous pensez à Jackson et auquel s’adonnent tant d'écrivains, au détriment de nous apprendre quelque chose de neuf au sujet de sa musique ; Nous allons rester concentrés sur l'instant avant que tout cela n’arrive, le moment qui a ouvert la porte à un nouveau MJ, une nouvelle vision artistique, un moment de promesse considérable. Nous allons comprendre ce qui se passait là,  et qui est devenu alors très effrayant pour certains. Il se coupe pour la première fois dans sa vie professionnelle, de tous ses pères (Joseph Jackson, Berry Gordy, Quincy Jones : (combien de pères un enfant peut-il supporter ?). Agissant comme son propre producteur exécutif sur ses projets de création ou sur la co-création de deux pistes et travaillant avec de jeunes producteurs dans le vent comme Teddy Riley tendance New Jack Swing. L'album peut être vu comme le point culminant de sa longue lutte pour l'indépendance artistique sans contrôle, pour la libération de la main de ses dirigeants et de l’influence paternelle.

J'ai bien conscience que beaucoup  pensent,  que sa rupture avec Jones a été le commencement de la fin de sa brillance artistique.  Je suis en désaccord avec cela.  Allons ! Du point de vue du public, c’est du à la publicité folle faite à son chimpanzé, à la sieste dans une chambre hyperbare et aux vidéos de danse avec un lapin ou des revenants – et pourtant aucun affront ne peut être fait par ces images inventives et ludiques. Ces images ont été remplacées par quelques pas avec Madonna, une vidéo brûlante avec Naomi Campbell, un baiser passionné avec Iman, une photo prise Par Herb Ritts sur laquelle, selon un reporter, il n’a jamais été plus sexy. Elles ont été remplacées par ces images, par la stupéfiante, perturbante et cathartique Panther Danse de Black or White. Remplacées aussi par une nouvelle et charitable fondation et une interview révélatrice à Oprah Winfrey, non pas par  choix d’être dans le vent,  mais par une décision signifiant que Jackson,  après un long silence,  a voulu parler à une personnalité noire de la télévision. Il a toujours été plus aimable et honnête avec la presse black aussi.  Ces expressions publiques de maturité ont trouvé leur voie dans sa musique,  de même que dans une superbe collection de chansons caritatives : (Oui, je mets Heal the World dans cette catégorie pour des raisons incompréhensibles à présent,  mais lisez la suite.)

Après un long hiatus, je suis revenue à Dangerous, par une étrange coïncidence quelques mois après la mort de MJ. Peut-être était-ce un présage pour notre retour collectif à l’héritage de l’artiste.  Je me suis rapprochée de  sa musique avant sa mort,  mais en  réfléchissant par opposition aux histoires sensationnelles  au sujet de sa vie,  dans le milieu des années 1990 quand HiStory est sorti. Je me suis rappelée à quel point j’avais aimé les incisives et géniales pistes de Wanna Be Starting Something. Pendant que ces accords passaient dans mon I pod, je n’ai pas été connectée très souvent avec l’extérieur. Mais en Mars 2009,  l’émission télévisée Américan Idols a cité  Michael Jackson durant une semaine, sans doute une marche forcée de  stratégie marketing, tentant de promouvoir ses concerts This Is It imminents. L’affaire a été catégoriquement affreuse. Je réaliserai ensuite la souffrance générée par d'innombrables hommages à la suite de sa mort, en effet, il  est presque impossible pour d'autres artistes de chanter ses chansons. Ils travaillent en raison de l'envie  qu'il a insufflée en eux, en raison de son intensité, de ses couleurs vocales exquises, de son phrasé, de sa rythmique compliquée et sa précision. Rien de tout cela ne semble être transposable dans un autre corps chantant. Cela indique tout simplement le droit au retour du génie musical de Michael Jackson et de sa singularité en tant qu'artiste. La seule façon de chanter une chanson de Michael Jackson est d'en  changer l’apparence et de la détourner comme l’a fait Chris Cornell avec Billie Jean.  

Même Adam Lambert avec son cabotinage vocal n’a pas pu empêcher Black or White de sonner banal. La seule performance vaguement recevable cette nuit là était l’interprétation d’Alison Iraheta de Give In To Me. Elle a réveillé en moi la mémoire de cette balade et l’incursion artistique de Jackson souffrant dans le monde adulte. Mon cerveau était tellement habitué à lui associer Beat It et Thriller que j'avais oublié ce moment dans son travail et ce qu’il y avait de musicalement adorable a travers son désordre émotionnel. Car j'aime sa musique écorchée et cela justifie un retour sérieux à la source. C’est pourquoi ce petit bijou est né. Je suis devenue  obsédée.

J'ai failli me noyer dans la musique de Jackson pendant des mois et des mois.  Perdue non seulement dans les titres de ce disque exquis et le court-métrage qui allait avec, mais aussi dans tous ceux qu'il a fait. Quand il est mort en plein milieu de ma redécouverte de son travail, j'ai été peut-être plus dévastée que je ne l’aurais cru. Que faut t-il faire à part écrire sur cet artiste incroyable, dont l'art a fait couler si peu d’encre ?  Même si je ne suis pas sûre d’être toujours à la hauteur de la tâche, surtout en tant que blanche Canadienne, étrangère à cette musique, qui parle beaucoup de politique raciale aux États-Unis, j'ai essayé d'être sensible à cela dans les pages qui suivent, pour  informer de mon analyse sur ce qui n’est pas connu.  

 Mon voyage sur Dangerous m’a remis en mémoire quel album baroque et turbulent il est.  Depuis l’ornement de sa pochette peint par Mark Ryden, peintre surréaliste, jusqu’à sa durée (avec des pistes de cinq, six, sept minutes. Il étire à ses limites la capacité du format CD encore relativement nouveau). Et ce, en distillant le  souffle émotionnel et musical de Jackson : Un extrait du final de la neuvième symphonie de Beethoven ! Vraiment ?

La chorale entière d’Andrea Crouch est  adossée aux chants. Tout en claquements, cliquetis et ruptures. Dangerous est très éloigné de l'étincelant Off the Wall, de la brillance concise de Thriller et de la clarté synthétique Pop de Bad.

Dangerous est impropre, industriel, excessif à tous les niveaux. Comme HIStory et Invincible, cela  s'étire : les chansons sont longues.  Pour certaines d’entre elles, vous pouvez entendre Jackson  sortir ses tripes dans vos hauts parleurs et le son se répandre dans toute la pièce. Non que je sois particulièrement intéressée par un quelconque dressage en musique, mais tout cela est plus logique s’il est considéré comme un album concept. Alan Light critique l’ordre de marche, commentant que :

« La succession des chansons de Dangerous regroupe souvent des chansons similaires alors qu’une présentation plus variée aurait été plus puissante ».

Mais les regroupements nous donnent une narration irrésistible, un arc et un dessin des thèmes que Jackson veut explorer. Les chapitres qui suivent dans ce livre suivent cet arc, bougeant dialectiquement entre la chanson et le social.

Le chapitre 1 : Noise démontre d’abord deux pistes Jam et Why you Wanna Trip on Me, dans lesquelles Jackson prend un large panorama de la fragmentation et de l’état discordant du monde.

Le chapitre 2 : Désirs reprend les quatre chansons suivantes au sujet du sexe et des histoires d’amour me donnant une opportunité de réflexion sur le jeu complexe de Jackson avec le genre et la sexualité à ce point de sa carrière.

Chapitre 3 : L’album tourne brusquement sur Heal The World et Black or White, deux chansons dont je parle sous le titre d’Utopia. Il y a une «  dystopia - 1 » ici aussi. Sous une jolie surface, ses chansons parlent du racisme systémique. Elles introduisent cependant des voix d’enfants, une des plus radicales propositions, que Jackson a faite sur son enregistrement, comme je le prétends. A travers les chansons de Who Is It et Keep The Faith se forme le centre spirituel de l’album.

1 :( Dystopia : ici en l’occurrence : utopie qui vire au cauchemar.  Littéralement contre utopie.)

Chapitre 4 : La spirale descendante dans la solitude, les sentiments de trahison et la recherche de rédemption par les chansons est le sujet de ce chapitre que j’ai appelé Soul.

Chapitre 5 : l’album est bouclé avec le dernier titre : Dangerous finissant presque où il a commencé et je parle de ce retour sous le titre Coda.

Teddy Riley, producteur de chansons ouvre l’album en assaillant l’auditeur avec des sons  grooves durs, angulaires et tapageurs du début à la fin. Ce qui m’a toujours fascinée, c’est   ce signe musical initial sur l'album (qui  prend pleinement la moitié de l'ensemble de l’enregistrement)  Il offre le bloc le plus stylistiquement adapté à ses chansons et la façon dont cela sonne « black ». Le grooves est plus rigoureusement frappant que le New Jacks Swing que Riley avait précédemment crée. A côté, My Prérogative de Bobby Brown, Miss You Much de Janet Jackson et Shy Drives Me Wild, sonnent comme s'ils appartenaient  à un univers musical lointainement connexe. Il n’y a pas de doute, cela provient de l’amour de Jackson pour le son qui grésille ou croustille, pour le staccato, le son complexe, les rythmes qui déménagent, lesquels ont plus en commun avec son idole James Brown qu’avec Wreck-N-Effect. Dans son chant, sur ses pistes, Jackson fait de la distorsion du Heavy, un principe. Il développe cela de différentes façons mais le fait est que si sa voix, également capable de certains de ses timbres les plus purs et angéliques dans l’histoire de la musique populaire, ici elle sonne quelques fois comme si elle allait disparaître dans le rocailleux.  

Il trace tout le long de l’histoire d’une distorsion vocale comme un son idéal dans la musique noire du blues au R&B, du Funk à la Soul Music. C’est un son soul rétro sonore du début des années 1990. Il le réactualise avec l’inclusion de multiples éléments du hip hop. En 1993, il démontre sa virtuosité avec le beat box durant l’interview avec Oprah Winfrey quand il recrée spontanément le multi arrangement du grooves de Who Is It révélant un des côtés branché de sa personnalité musicale,  dont beaucoup peut-être ne savaient  pas qu’elle existait. Etonnant comme il peut juste produire ce grooves sans une once d’hésitation. Cette sorte d’immersion dans la musique noire au début de Dangerous est aussi intense quand il se tourne vers le Gospel.

Il a parlé haut et fort, de la place dans laquelle il voulait localiser son nouveau moi musical indépendant.  Non pas qu'il n'avait plus la musique noire en tête, peu importe comment s’est faite la rencontre,  mais il va continuer dans cette direction avec HIStory et Invincible et en effet, il va travailler avec des pointures noires : Des producteurs du R&B et des chanteurs jusqu'à sa mort. Cela offre un intéressant contrepoint : ceux qui pensent qu’il avait tourné le dos à la culture noire (en raison de sa peau plus claire) devraient écouter plus attentivement.

Etant donné la capacité de Jackson à habiter différents genres et styles musicaux, ce n’est pas surprenant qu’il ne se soit pas tenu au New Jack Swing à travers tout l’album. Cela aurait été trop abrutissant, trop prévisible. Mais la chanson que Jackson avait choisie pour casser le flux est discordante, dissemblable, sa douceur à côté de ce que nous avions écouté en premier est juste trop douce, voire douceâtre. Heal The World apparaît au centre même de l'album dans le but, je dirais, d’en faire le message principal. A travers elle, Jackson essaie (sans succès, je pense), de laver la relation entre l’angoisse considérable avancée au début de Dangerous et en revient à la voix (littéralement) et aux émotions des enfants.  Et il configure magnifiquement avec Black or White la déclaration complexe et contradictoire sur la race. Sa vision de la guérison et de l’unité est un tout mais déchiré par les trois ballades qui suivent : un autre groupe de chansons qui pourraient seulement avoir été offertes l'une après l'autre, pour construire et maintenir une sorte d'apocalypse émotionnelle (1). Je trouve difficile de les écouter toutes les trois d’affilée. C’est un crève cœur tordant le ventre : Who Is It et  Give In To Me sont les plus dévastatrices de l’album : Des Chansons sur la trahison et les blessures d’amour, deux faces d’une même pièce,  une offerte dans le langage de l’âme et l’autre dans la dureté du métal. Je ne suis pas convaincue que ces chansons parlent de l’amour romantique, du moins pas entièrement. Associé à Will You Be There, cette trilogie a plus à voir avec l’esprit qu’avec la chair. Keep The Faith tente de nous retirer du bord du gouffre, mais avec un succès modéré, elle offre seulement un moment de soulagement, un antidote inadéquat pour nos vides émotionnels. La tendre ballade Gone Too Soon terminée, nous renvoie à la chanson éponyme Dangerous, la plus dure, la plus musicalement industrielle de l'enregistrement. Elle ramène Jackson à un de ses sujets de prédilection : la femme fatale.

Musicalement le disque a fait le tour complet. Retour à la piste de Teddy Riley,  mais émotionnellement, notre protagoniste a déménagé à travers sa douleur dans un endroit plus dur et cette femme est vue comme une menace, suspecte et effrayante,  même s'il semble assez prêt à se perdre dans la séduction.

Le travail sur cet album et sur d’autres est beau, adroit, intertextuellement riche, émotionnellement enivrant et par moment épuisant. La musique, les paroles, le chant, la danse et les variations que Michael Jackson présente à son public, à ce point de sa carrière est incroyablement ambigü. La première des raisons que j’ai ressenties alors,  m’a obligée à écrire au sujet de son travail pour l’une d’elle, j’ai du en convenir,  il était considéré comme dangereux : une immense part de sa création consistait à transgresser les normes sociales et ces transgressions ne sont pas aisées à écrire. Nous célébrons tous les artistes d’avant-garde et prenons certains de leurs risques. Mais pas pour Jackson ! Combien de fervents Attorneys enthousiastes pour faire tomber Jackson sont restés sous le coup de la crainte -et non seulement eux mais la société - de voir un homme noir qui se comportait comme ça et pouvait dégager, de manière éblouissante,  la tendance culturelle. Qui avait des idées bizarres sur la parenté incluant les enfants, les divas d’Hollywood et les animaux. Comme Michael Hakward l’écrit brièvement après que Dangerous soit sorti :

«  Le meilleur afro américain pour les hommes et femmes blancs racistes, est un homme noir, castré et donc selon les notions androcentriques, un homme féminisé. Que de choses à déballer ! ».

Que toute la richesse du travail de Jackson ait été largement ignorée dans l’intérêt des comptes du sensationnalisme sur sa manière différente de vivre sa vie, est profondément troublant. Si c’est la réponse à sa différence qui l’a détruit c’est douloureux à contempler.

Cette idée exaspérante de race aussi bien que de genre a probablement joué un rôle important sur cette révocation. Un examen sérieux de son art mérite de faire un retour en arrière ne serait-ce que pour ce genre de fanatisme qui dure depuis trop longtemps. Alors ici, en ces pages, je propose des histoires différentes au sujet de Michael Jackson. Histoires par  lesquelles j’ai l'espoir de changer ou du moins  modifier d’une certaine façon, l’image mentale que nous avons de lui.

Ce sont des histoires qui commencent en mettant en avant et au centre sa stratégie de travail, qui je l'espère, permettront à la vision artistique mature de Jackson de sortir de l'ombre, et à son moi adulte d’être reconnu et enfin peut-être embrassé dans son ensemble. 

1) Se rappeler à ce moment le reproche fait à Michael pour l’ordre de ses chansons sur l’album. Il a du y réfléchir pour maintenir cette « apocalypse émotionnelle ».

 

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